TCHAD | L’OIF RENFORCE LE SYSTÈME D’ÉTAT CIVIL : “L’ACTE DE NAISSANCE EST LE PREMIER DROIT DE L’ENFANT”, DÉCLARE STÉPHANIE DONGMO

Ecrit par MEDD TV INFO

octobre 28, 2025

N’Djamena, 27 octobre 2025.
En mission officielle au Tchad du 26 octobre au 6 novembre 2025, Mme Stéphanie Dongmo, experte en charge de l’état civil à la Représentation régionale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour l’Afrique centrale (REPAC-OIF), a accordé une interview exclusive aux médias nationaux ce lundi à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena.
Objectif : présenter les grandes lignes d’une mission axée sur le renforcement du système d’état civil et la promotion du droit à l’identité pour tous les enfants tchadiens.

Une mission au cœur de la citoyenneté

Mme Stéphanie Dongmo a rappelé que sa mission s’inscrit dans le cadre du soutien constant de l’OIF aux États membres en matière de gouvernance et de droits fondamentaux.

« Nous sommes au Tchad pour appuyer et accompagner trois projets phares soutenus par la Francophonie, dont le Projet de régularisation des élèves à l’état civil pour une citoyenneté effective, mis en œuvre par l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS). »

La deuxième phase de ce projet sera officiellement lancée le mercredi 29 octobre à Abéché, chef-lieu de la province du Ouaddaï.

« La première phase, menée en 2024, a permis la production de 53 000 actes de naissance pour des élèves dans plus de 1 000 écoles, et formé 250 inspecteurs de l’éducation. Forts de ces résultats, nous lançons une nouvelle phase qui vise 68 000 nouveaux actes de naissance, » précise-t-elle.

Garantir le droit fondamental à l’identité

Pour Mme Dongmo, l’acte de naissance est bien plus qu’un document administratif :

« L’acte de naissance est le premier droit de l’enfant. Sans lui, on ne peut ni aller à l’école, ni se soigner, ni même bénéficier d’un héritage. En somme, sans acte de naissance, on n’existe pas légalement. »

L’OIF, à travers la REPAC, apporte un appui technique et financier à ces initiatives, en étroite collaboration avec les autorités tchadiennes, l’ANATS, l’ONG TECHNIDEV, ainsi que les partenaires parlementaires de la Francophonie.

Des projets complémentaires pour un impact durable

Outre le projet de régularisation, l’OIF soutient également le Projet d’enregistrement systématique des enfants à l’état civil dès la naissance au Tchad, piloté par l’ONG TECHNIDEV.
Ce second projet, lancé en septembre 2025 pour une durée de dix mois, cible les provinces du Batha, de Hadjer Lamis et la capitale N’Djamena. Il prévoit :

10 000 actes de naissance délivrés,

1 500 agents formés,

10 000 familles sensibilisées,

et un suivi sanitaire pour 3 000 mères et 3 000 enfants.

Ces deux initiatives, représentant un financement global d’environ 240 000 euros, illustrent la complémentarité des actions menées par la Francophonie : l’une à approche rétroactive (régularisation des élèves non enregistrés), et l’autre à approche prospective (enregistrement systématique des nouveau-nés).

Un appui au plaidoyer parlementaire

La mission de Mme Dongmo se poursuivra jusqu’au 6 novembre 2025 avec la participation de l’OIF au séminaire parlementaire sur l’état civil et l’enregistrement des naissances, organisé par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Ce séminaire permettra d’échanger avec les députés tchadiens sur les défis liés à l’état civil, de renforcer le plaidoyer pour les enfants sans identité et de promouvoir des réformes législatives en faveur d’un système d’état civil plus inclusif et moderne.

Un message fort aux parents tchadiens

Avant de conclure, Mme Stéphanie Dongmo a lancé un appel aux familles tchadiennes :

« J’invite tous les parents à déclarer la naissance de leurs enfants. C’est un geste simple mais essentiel pour leur avenir. En donnant une identité légale à chaque enfant, nous construisons une société plus juste, plus inclusive et plus forte. »

Cette mission, qui s’étend de N’Djamena à Abéché, marque une étape décisive dans la coopération entre le Tchad et la Francophonie pour garantir à chaque enfant le droit d’exister aux yeux de la loi.

Entretien : MEDD TV INFO TCHAD VERT

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