Haute Autorité de la Communication : les réseaux sociaux suspendus « jusqu’à nouvel ordre » au Gabon

Ecrit par MEDD TV INFO

février 18, 2026

Libreville, 17 février 2026. Réunie en séance plénière ordinaire à son siège du 286, avenue de la Libération, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire gabonais, et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Une décision radicale, présentée comme une réponse à la recrudescence de contenus jugés attentatoires à la cohésion sociale, à la stabilité institutionnelle et à la sécurité nationale.

Une mesure d’application immédiate

Présidée par Germain Ngoyo Moussavou, la séance a acté le blocage des principales plateformes numériques, notamment Facebook, X, TikTok et Instagram. La mise en œuvre technique devrait mobiliser l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) ainsi que les fournisseurs d’accès à Internet.

Aucun calendrier de rétablissement n’a été communiqué.

Des « dérives graves et répétées »

Dans son communiqué, la HAC évoque « la diffusion récurrente de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux » sur les plateformes accessibles au Gabon. Elle cite également la propagation de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public, des campagnes de cyberharcèlement coordonnées et la divulgation non autorisée de données personnelles.

Selon l’organe de régulation, ces pratiques constituent des infractions prévues et « sévèrement réprimées » par la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication. L’institution dénonce par ailleurs « l’indifférence » des grandes plateformes numériques et l’absence d’« une véritable volonté de modération » face à ces contenus.

Liberté d’expression et cadre légal

La HAC insiste sur le fait que sa décision ne saurait être interprétée comme une remise en cause de la liberté d’expression. Ce droit fondamental, rappelle-t-elle, ne peut s’exercer « en violation flagrante des lois nationales et internationales en vigueur ».

L’autorité estime que les dérives observées sont susceptibles « d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les Institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale ». C’est au nom du principe de prévention que la suspension a été décidée.

Un impact majeur sur l’écosystème numérique

Comparable à un silence numérique imposé, cette mesure aura des répercussions immédiates sur l’information en ligne, la communication institutionnelle et les activités économiques dépendantes des plateformes sociales. Elle reconfigure temporairement les usages citoyens et interroge l’équilibre entre régulation de l’espace digital et préservation des libertés publiques.

Autorité administrative indépendante chargée d’encadrer la communication audiovisuelle, écrite, cinématographique et numérique, la HAC intervient régulièrement pour rappeler le respect du cadre légal. Sa décision s’inscrit dans un contexte international marqué par la lutte contre la désinformation et les abus en ligne.

Reste désormais à savoir combien de temps durera cette suspension et quelles en seront les implications politiques, sociales et économiques pour le Gabon.

MEDD TTV INFO TCHAD VERT

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