
N’Djamena, 6 mars 2026 – Le sud du Tchad continue de faire face à une crise humanitaire complexe et persistante, alimentée par l’insécurité, les tensions communautaires, les catastrophes naturelles et les urgences sanitaires. Selon un aperçu publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs – OCHA), plusieurs provinces restent particulièrement vulnérables à l’instabilité et aux déplacements de populations.
Une région confrontée à des crises multidimensionnelles
La situation dans le sud du pays demeure fragile en raison de multiples facteurs de crise qui se superposent. Parmi les principaux défis identifiés figurent :
- la situation sécuritaire volatile au nord de la République Centrafricaine, marquée par la présence de groupes armés non identifiés ;
- la recrudescence des conflits intercommunautaires et intracommunautaires ;
- les enlèvements contre rançon dans certaines zones rurales ;
- les inondations récurrentes affectant les moyens de subsistance ;
- l’insécurité alimentaire et les urgences sanitaires.
Ces facteurs combinés fragilisent davantage des populations déjà exposées à des conditions socio-économiques difficiles.
Les provinces du Sud particulièrement touchées
Plusieurs provinces du sud du Tchad sont directement concernées par ces tensions et incidents sécuritaires. Les affrontements récurrents entre communautés, notamment entre éleveurs et agriculteurs, ont été signalés dans :
- Logone Oriental
- Logone Occidental
- Mayo-Kebbi Ouest
- Mandoul
- Moyen-Chari
Ces tensions locales se transforment régulièrement en affrontements violents, aggravant la vulnérabilité des populations rurales.
Un bilan humain alarmant en 2025
Les données compilées par les acteurs humanitaires révèlent l’ampleur de la crise. En 2025, sur l’ensemble des incidents enregistrés dans le pays, le sud du Tchad a concentré 61 % des cas, soit 31 incidents majeurs.
Le bilan humain est particulièrement lourd :
- 178 personnes tuées
- 115 blessés
- environ 12 500 personnes déplacées internes
Ces déplacements forcés exposent les familles à de nouvelles difficultés, notamment l’accès limité à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé et à l’éducation.
Des besoins humanitaires en forte augmentation
Face à cette situation, les organisations humanitaires alertent sur la nécessité d’un renforcement urgent des interventions dans les zones affectées. Les besoins prioritaires concernent notamment :
- l’assistance alimentaire
- les soins médicaux d’urgence
- la protection des populations civiles
- le soutien aux moyens de subsistance
- la prévention et la gestion des conflits communautaires
Dans un contexte régional instable et marqué par les effets du changement climatique, le sud du Tchad reste l’une des zones les plus vulnérables du pays, nécessitant une mobilisation accrue des autorités et des partenaires humanitaires.
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📥 Le rapport complet de OCHA est disponible en téléchargement via le lien officiel mis à disposition par les acteurs humanitaires.



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