Neuf mois après avoir affiché leur volonté de relancer les relations entre leurs deux pays, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno et le président français Emmanuel Macron se sont retrouvés à l’Élysée, le 13 octobre 2026. Au menu des échanges : la coopération économique, la sécurité régionale et le renforcement des capacités industrielles de défense du Tchad, marqué par la signature d’une déclaration d’intention.

Les relations entre le Tchad et la France poursuivent leur évolution. Ce mardi 13 octobre 2026, le président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a été reçu au palais de l’Élysée par son homologue français, Emmanuel Macron, dans le cadre d’une rencontre consacrée à l’avenir du partenariat entre N’Djaména et Paris.
Dans la cour de l’Élysée, la cérémonie d’accueil s’est déroulée selon le protocole officiel, avec les honneurs militaires. Au-delà de cette mise en scène institutionnelle, cette rencontre traduit la volonté des deux chefs d’État de poursuivre le dialogue et de consolider les relations bilatérales, dans un contexte régional marqué par de multiples défis sécuritaires et économiques.
L’entretien, d’abord organisé en tête-à-tête, s’est ensuite élargi aux deux délégations. Les discussions ont notamment porté sur les moyens de renforcer la coopération dans les secteurs économique et sécuritaire, ainsi que sur les grandes questions régionales et internationales.
De la relance politique aux perspectives économiques

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique engagée depuis janvier 2026, lorsque les deux dirigeants avaient exprimé leur volonté de donner un nouvel élan à leurs relations, sur la base du respect mutuel et d’intérêts partagés.
Depuis, plusieurs initiatives ont contribué à concrétiser cette orientation. En mai, des protocoles d’accord ont été signés dans les domaines des infrastructures, de l’industrie et de la santé. En septembre, le Forum d’affaires Tchad-France a réuni des acteurs économiques des deux pays autour des opportunités d’investissement, de l’industrialisation et de la transformation économique.
Ces différentes initiatives témoignent de la volonté affichée par N’Djaména et Paris d’élargir leur coopération au-delà des relations politiques traditionnelles. L’enjeu est notamment de favoriser les investissements, de soutenir les projets structurants et de créer de nouvelles perspectives de développement au bénéfice des populations.
Le Sahel, le Soudan et la Libye au cœur des préoccupations

Les échanges entre les deux présidents ont également porté sur les défis sécuritaires qui affectent le Sahel et plusieurs pays voisins du Tchad.
L’insécurité persistante au Sahel, la guerre au Soudan et l’évolution de la situation en Libye constituent autant de préoccupations pour la stabilité régionale. Pour le Tchad, dont l’environnement géographique le place au carrefour de plusieurs espaces en crise, ces enjeux ont des implications directes sur la sécurité des populations, les mouvements transfrontaliers et les perspectives de développement.
Dans ce contexte, la concertation entre partenaires demeure un élément important des discussions diplomatiques. Pour N’Djaména, l’objectif est de poursuivre les efforts en faveur de la stabilité régionale tout en privilégiant des mécanismes de coopération adaptés aux priorités nationales et aux réalités du terrain.
La défense, un nouveau volet de la coopération bilatérale

Au terme de près de deux heures d’échanges, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la relance de leur partenariat. Le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a salué, selon le compte rendu de la rencontre, la franchise et la qualité des discussions, tout en soulignant les efforts engagés de part et d’autre pour consolider les relations entre les deux pays.
Un acte concret est venu marquer cette rencontre : la signature d’une déclaration d’intention portant sur le renforcement des capacités industrielles de défense du Tchad.
Le document a été signé par le ministre tchadien des Armées, des Anciens Combattants et des Victimes de guerre, le général Issaka Malloua Djamouss, et la ministre française des Armées et des Anciens Combattants, Catherine Vautrin.
Cette initiative ouvre un nouveau chapitre dans les discussions sur la coopération de défense entre les deux pays. Elle s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les capacités nationales du Tchad dans un domaine particulièrement sensible, au regard des défis sécuritaires auxquels le pays et son environnement régional sont confrontés.
Un partenariat à inscrire dans la durée

Au-delà des protocoles d’accord signés en mai, du Forum d’affaires organisé en septembre et de la déclaration d’intention sur l’industrie de défense, la rencontre de l’Élysée pose la question de la traduction concrète des engagements annoncés.
Pour les deux pays, l’enjeu est désormais de transformer les intentions politiques en actions mesurables, à travers des projets économiques, des investissements, des échanges institutionnels et des mécanismes de coopération répondant aux priorités définies d’un commun accord.
La relance des relations entre le Tchad et la France intervient dans un environnement international où les partenariats évoluent au rythme des recompositions géopolitiques et des nouveaux défis de sécurité et de développement.
En rappelant l’histoire commune entre les deux pays et leur volonté de construire un avenir partagé, les deux chefs d’État affichent leur ambition de dépasser les incompréhensions du passé et de privilégier une coopération tournée vers l’innovation, l’investissement et la prospérité.
Reste désormais à faire vivre cette dynamique dans la durée. Car la solidité d’un partenariat ne se mesure pas uniquement aux rencontres diplomatiques ou aux déclarations officielles, mais aussi à la concrétisation des engagements pris et à leurs retombées pour les populations tchadiennes et françaises.
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image : Presidence du Tchad






















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