N’Djamena, 28 octobre 2026 – Longtemps reléguée au second plan dans les politiques de santé, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique au Tchad. Face aux difficultés d’accès aux soins, au manque de spécialistes et à la stigmatisation des personnes concernées, les acteurs du secteur se mobilisent pour réfléchir à des solutions concrètes et durables.

C’est dans cette perspective que le secrétaire général adjoint du ministère de la Santé publique et de la Prévention, Dr Mahamat Hamit Ahmat, a présidé, ce mercredi 28 octobre 2026, l’ouverture d’un atelier de réflexion consacré à la santé mentale au Tchad. La rencontre se tient dans la salle de réunion du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), à N’Djamena, en présence des acteurs du secteur sanitaire, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations humanitaires.
Durant deux jours, les participants sont appelés à examiner les défis liés à la santé mentale, à dresser un état des lieux de la situation et à formuler des recommandations susceptibles d’améliorer la prise en charge des personnes affectées.
La santé mentale, une urgence humaine et sanitaire

Derrière les troubles mentaux se trouvent des femmes, des hommes, des jeunes et des familles qui ont besoin d’écoute, de compréhension et d’un accompagnement adapté. Pourtant, la stigmatisation, l’isolement et les difficultés d’accès aux structures spécialisées constituent encore des obstacles importants à leur prise en charge.
Dans son intervention, le secrétaire général adjoint du ministère de la Santé publique et de la Prévention, Dr Mahamat Hamit Ahmat, a rappelé que la santé mentale est restée insuffisamment prise en compte dans les systèmes de soins pendant plusieurs décennies.
Il a souligné que les troubles mentaux et neurologiques, ainsi que ceux liés à l’utilisation de substances psychoactives, représentent un défi majeur de santé publique à l’échelle mondiale.
Face à cette réalité, il a insisté sur la nécessité de renforcer les actions de prévention, de combattre les préjugés et de faciliter l’accès aux services de santé mentale. Pour lui, la santé ne saurait être pleinement assurée sans une véritable prise en compte du bien-être psychologique et psychosocial des populations.
Le HCR appelle à des recommandations concrètes
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le coordonnateur du HCR, Anda Ernest Djogo, a remercié les participants et les partenaires pour leur engagement en faveur de cette initiative.
Il a mis en évidence l’importance de la santé mentale dans le contexte tchadien et la nécessité de renforcer les efforts collectifs pour apporter des réponses adaptées aux besoins des populations.
Le coordonnateur du HCR a également exprimé le souhait que ces deux jours de réflexion favorisent des échanges constructifs et débouchent sur des recommandations pertinentes, réalistes et réalisables, capables de contribuer durablement à l’amélioration de la situation.
Au-delà des discussions, l’enjeu est donc de transformer les constats en actions concrètes, en tenant compte des réalités du terrain et des besoins des personnes concernées.
Des défis structurels à surmonter
Pour le Dr Mahamat Hamit Ahmat, l’amélioration de la santé mentale au Tchad nécessite un diagnostic objectif de la situation dans les différentes provinces du pays.
Il a invité les participants à identifier les principaux obstacles à une prise en charge efficace, notamment le déficit de ressources humaines qualifiées, l’insuffisance des infrastructures spécialisées et les difficultés d’accès aux services adaptés.
Il a également insisté sur l’importance de développer des stratégies qui tiennent compte des réalités socioculturelles du Tchad. Une approche qui suppose de rapprocher les services de santé mentale des communautés et de mieux intégrer les dimensions psychiatriques et psychosociales aux soins de santé primaires.
Cette orientation vise à permettre aux populations, y compris celles vivant dans les zones éloignées des grands centres urbains, de bénéficier plus facilement d’une écoute, d’un accompagnement et de soins appropriés.
L’engagement collectif au cœur de la démarche
Le secrétaire général adjoint a rappelé que le renforcement de la santé mentale s’inscrit dans les orientations du gouvernement, dans le cadre de la mise en œuvre du programme politique du président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
Il a appelé les partenaires techniques et financiers, les experts, les professionnels de santé et les représentants de la société civile à conjuguer leurs efforts pour faire progresser la prévention et la prise en charge des troubles mentaux au Tchad.
Cette mobilisation collective apparaît essentielle pour dépasser les limites actuelles du système de soins, renforcer les compétences des professionnels et promouvoir une meilleure compréhension de la santé mentale au sein de la société.
Une feuille de route attendue à l’issue des travaux
Au terme de cet atelier, le ministère de la Santé publique et de la Prévention attend des participants une feuille de route claire, réaliste et assortie d’indicateurs précis permettant de suivre les progrès accomplis.
L’objectif est de dégager des priorités d’action, de définir des stratégies adaptées et de renforcer la coordination entre les différents acteurs engagés dans ce domaine.
Car améliorer la santé mentale, ce n’est pas seulement soigner des troubles : c’est aussi préserver la dignité humaine, combattre l’exclusion et permettre à chacun de trouver sa place dans la société.
Pour le Tchad, le défi est désormais de faire en sorte que les réflexions engagées se traduisent par des mesures concrètes, afin que la santé mentale ne soit plus un sujet tabou, mais une composante pleinement reconnue du droit à la santé pour tous.
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