N’Djamena, 30 mars 2026 — Le Tchad fait face à une détérioration préoccupante de la sécurité alimentaire pour la période allant de février à septembre 2026. Selon les dernières analyses du Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET), la conjonction des conflits, des déplacements massifs de populations et de la pression accrue sur les ressources locales plonge des millions de personnes dans une situation critique.
Une crise persistante dans l’Est sous pression des réfugiés
Dans les provinces de l’Est — notamment l’Ennedi-Est (Wadi Hawar), le Wadi Fira (Dar-Tama et Kobé), l’Ouaddaï (Assoungha) et le Sila (Kimiti) — des niveaux de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient persister.
L’arrivée continue de réfugiés, principalement en provenance du Soudan, accentue la pression sur des ressources déjà limitées. Les ménages hôtes, confrontés à l’épuisement précoce de leurs stocks alimentaires, subissent de plein fouet la hausse des prix et la raréfaction des opportunités économiques.
Les réfugiés, quant à eux, restent largement dépendants de l’assistance humanitaire pour leur survie. FEWS NET alerte également sur un risque d’aggravation : un nombre croissant de ménages pourrait basculer en Urgence (Phase 4 de l’IPC), bien que cette proportion resterait inférieure à 15 % de la population concernée.
La province du Lac fragilisée par l’insécurité
Dans la province du Lac, la situation demeure tout aussi critique. Les attaques persistantes de groupes armés, combinées aux restrictions de mouvement, continuent de désorganiser les moyens de subsistance.
Les activités essentielles telles que la pêche et l’élevage sont gravement affectées, entraînant une baisse significative des revenus. À cela s’ajoute une perturbation des marchés et du commerce transfrontalier, aggravant les déficits alimentaires aussi bien chez les déplacés internes que dans les communautés hôtes.
Résultat : la province restera en Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période analysée.
Kanem et Barh-El-Gazel : une dépendance accrue aux marchés
Entre juin et septembre 2026, les provinces du Kanem et du Barh-El-Gazel devraient à leur tour basculer en Crise (Phase 3 de l’IPC).
Dans ces zones sahéliennes, les ménages dépendent fortement des marchés pour leur approvisionnement alimentaire. Or, la hausse des coûts de transport entraîne une augmentation des prix des denrées, limitant drastiquement l’accès des populations les plus pauvres à la nourriture.
La dégradation continue des sources de revenus aggrave davantage leur vulnérabilité.
Près de 3 millions de personnes en besoin d’assistance
Au total, entre 2,5 et 2,99 millions de personnes auront besoin d’une assistance alimentaire au Tchad en 2026. Le pic de cette crise est attendu entre juillet et septembre, au plus fort de la période de soudure.
Les populations les plus touchées incluent :
les réfugiés soudanais dans l’Est ;
les retournés tchadiens ;
les personnes déplacées internes dans la province du Lac.
Une alerte humanitaire majeure
Cette dégradation de la sécurité alimentaire met en lumière l’urgence d’une mobilisation accrue des acteurs humanitaires et des autorités nationales. Sans interventions rapides et soutenues, la situation pourrait basculer vers des niveaux encore plus critiques dans certaines zones du pays.
Source : Famine Early Warning Systems Network (Analyse basée sur les données disponibles au 20 février 2026).
Cis joint ici : Download Report




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