« 2 février 2008 : plus jamais ça »
Dix-huit ans après, la mémoire collective tchadienne reste profondément marquée par l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente du pays. Les événements des 1er, 2 et 3 février 2008 ont plongé N’Djamena dans une crise majeure, laissant derrière eux des pertes humaines importantes, des traumatismes durables et une nation profondément éprouvée.
Au petit matin du 2 février 2008, une colonne de véhicules armés fait irruption aux portes de la capitale. En quelques heures, la situation bascule : les combats atteignent les zones stratégiques de N’Djamena, jusque dans les environs du palais présidentiel. Le pays retient son souffle. Pendant trois jours, l’avenir politique du Tchad semble incertain, dans un climat de tension extrême et de grande confusion.
La veille, le 1er février, les affrontements de Massaguet, à une centaine de kilomètres de la capitale, avaient déjà marqué un tournant décisif. Les forces loyalistes y subissent de lourdes pertes, annonçant l’ampleur de la crise à venir. Les groupes armés, partis de l’est du pays, progressent rapidement vers N’Djamena, révélant les fragilités du dispositif militaire et la gravité de la situation nationale.
Dans la capitale, la population vit des heures d’angoisse. Des milliers de familles cherchent refuge, certaines franchissant les frontières, d’autres se confinant dans leurs habitations, dans l’attente d’un retour au calme. La ville est paralysée, l’économie stoppée, la vie quotidienne bouleversée.
Face à cette menace majeure, le maréchal Idriss Déby Itno prend personnellement le commandement des forces gouvernementales, symbole d’une volonté ferme de préserver les institutions et la stabilité de l’État. Après plusieurs jours d’affrontements, l’ordre est progressivement rétabli, mais le traumatisme demeure.
Mémoire, paix et responsabilité collective
Aujourd’hui, en ce 2 février 2026, le Tchad commémore ces événements avec gravité et responsabilité. Il ne s’agit pas de raviver les blessures, mais de cultiver la mémoire pour renforcer la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale.
Se souvenir du 2 février 2008, c’est rappeler l’importance du dialogue, de la stabilité, de la paix et de la construction d’un avenir commun fondé sur la réconciliation.
C’est aussi transmettre aux générations futures une leçon essentielle : aucune ambition politique ne doit jamais se construire sur la souffrance des populations.
2 février 2008 – Plus jamais ça.
Pour la paix. Pour la mémoire. Pour l’avenir du Tchad.











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