
Au cœur du Sahel, région particulièrement touchée par les effets du changement climatique, les dirigeants africains se sont réunis à N’Djamena à l’occasion du Forum africain de l’eau consacré à la vision et aux investissements dans le secteur hydrique. Durant cette rencontre de haut niveau, les chefs d’État ont lancé un appel fort en faveur d’une gestion durable et solidaire des ressources en eau sur le continent.

Dans son intervention, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a mis en évidence une réalité préoccupante : alors que l’Afrique dispose d’immenses fleuves, de vastes lacs et d’importantes réserves d’eau, des millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable.
Le chef de l’État gabonais a rappelé que son pays considère désormais l’accès à l’eau comme un droit fondamental inscrit dans la Constitution. Il a également annoncé la mise en place du Pacte national hydrique 2026-2035, un ambitieux programme d’investissements estimé à plus de 1 700 milliards de francs CFA.

Pour sa part, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a plaidé pour la création d’une véritable coalition africaine dédiée à la sécurité hydrique. Selon lui, le développement économique et l’intégration du continent ne pourront être atteints sans une politique forte autour de l’eau.

De son côté, le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a insisté sur l’urgence d’agir face à la pression grandissante exercée par la croissance démographique et les changements climatiques, particulièrement dans les pays du Sahel. Il a souligné que la question de l’eau dépasse le cadre d’un simple secteur d’activité et engage la responsabilité collective des nations africaines.

Ouvrant officiellement les travaux, le président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a rappelé que ce forum se tient sur « la ligne de front » des bouleversements climatiques. Prenant l’exemple du lac Tchad, il a évoqué la disparition progressive de cette immense réserve d’eau qui faisait vivre plus de 30 millions de personnes il y a encore quelques décennies.
« Cette évolution n’est pas anodine. Elle est le miroir de notre fragilité collective et une ultime alerte qui nous interpelle », a-t-il déclaré devant les participants.
Le chef de l’État tchadien a réaffirmé sa volonté de placer l’eau au centre du développement national à travers le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Selon lui, lorsque l’eau se raréfie, la pauvreté s’installe, les tensions augmentent et les conflits se multiplient. À l’inverse, un meilleur accès à cette ressource favorise la santé, l’agriculture et la cohésion sociale.
L’un des temps forts de cette cérémonie d’ouverture a été l’annonce d’une mesure historique en faveur de l’intégration africaine. Dans une déclaration saluée par l’assemblée, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé que le Tchad supprimera les visas d’entrée pour tous les citoyens africains à compter du 1er janvier 2027.
Cette décision, présentée comme un engagement en faveur de la libre circulation des personnes et du renforcement des liens entre les peuples africains, a marqué les esprits.
Le Forum africain de l’eau s’ouvre ainsi sous le signe de l’espoir et de l’engagement collectif. Pendant deux jours, responsables politiques, experts et partenaires internationaux échangeront sur les solutions à mettre en œuvre afin que l’eau, ressource indispensable à la vie et au développement, devienne un droit effectif pour tous les Africains.
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