À l’approche de la 24ᵉ édition de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, le Tchad réaffirme sa volonté de mieux encadrer, valoriser et moderniser ce secteur au service de la santé des populations.

N’Djamena, 29 août 2026 — À deux jours de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, célébrée chaque année le 31 août, le ministère de la Santé publique et de la Prévention a organisé, ce samedi 29 août, une rencontre consacrée à cette importante célébration continentale.
À cette occasion, le médecin Dr YAM-MADJI ALIACE DJITAÏNGAR, Directeur général du ministère de la Santé publique et de la Prévention, a livré une déclaration mettant en lumière la place de la médecine traditionnelle dans le système de santé tchadien et les défis qui restent à relever.
Placée sous le thème « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en matière de médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la Couverture Sanitaire Universelle dans la Région africaine », cette 24ᵉ édition invite les États africains à porter un regard nouveau sur un secteur qui fait partie, depuis des générations, du quotidien de nombreuses communautés.
Un patrimoine à préserver et à valoriser
Dans sa déclaration, le Dr YAM-MADJI ALIACE DJITAÏNGAR rappelle que la médecine traditionnelle constitue une composante importante de l’offre de soins dans les communautés africaines. Elle représente également un patrimoine culturel et un ensemble de connaissances thérapeutiques qui méritent d’être documentés, préservés et valorisés.
Pour le responsable du ministère, l’enjeu est désormais de rapprocher davantage les savoirs traditionnels de la recherche scientifique.
La recherche doit notamment permettre de mieux connaître les plantes médicinales, de documenter les connaissances traditionnelles, d’évaluer les pratiques thérapeutiques, d’identifier les principes actifs et, à terme, de développer des produits répondant aux exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité.
Le Tchad mise sur sa richesse biologique
Avec sa diversité biologique et l’importance de ses connaissances traditionnelles, le Tchad dispose, selon le ministère, d’un potentiel considérable.
L’objectif est de créer progressivement les conditions permettant de transformer ce patrimoine en ressources utiles au bénéfice de la santé des populations, tout en garantissant la protection des patients.
Cette ambition rejoint celle de la Couverture Sanitaire Universelle, qui vise à permettre à chacun d’accéder aux services de santé dont il a besoin sans être confronté à des difficultés financières.
Des actions déjà engagées
Le ministère de la Santé publique et de la Prévention affirme avoir engagé plusieurs actions en faveur de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée.
Parmi elles figurent notamment l’encadrement des tradipraticiens à travers la formation, la collaboration avec les organisations œuvrant dans le domaine, ainsi que la tenue de réunions mensuelles.
Le département fait également état de l’élaboration d’un cadre juridique destiné à renforcer la réglementation du secteur et à améliorer la protection des patients.
La recherche et le développement constituent également un axe important, avec la participation du Tchad à différentes rencontres scientifiques et techniques nationales, régionales et internationales.
Vers une médecine traditionnelle mieux encadrée
Pour les prochaines années, le ministère entend poursuivre ses efforts autour de plusieurs priorités : renforcer le cadre institutionnel de la médecine traditionnelle, développer la recherche scientifique dans le domaine de la pharmacopée, améliorer la qualité et la sécurité des produits traditionnels et renforcer la professionnalisation des tradipraticiens.
Le département souhaite également encourager une collaboration plus étroite entre tradipraticiens, chercheurs, universitaires et professionnels de santé, tout en favorisant la production locale de médicaments et de produits traditionnels de santé répondant aux normes de qualité.
Un appel à la responsabilité collective
Dans son intervention, le Directeur général du ministère de la Santé publique et de la Prévention a appelé les tradipraticiens à poursuivre leurs efforts de professionnalisation et à renforcer leur collaboration avec les structures de santé et de recherche.
Les chercheurs et institutions universitaires sont, pour leur part, encouragés à intensifier les travaux scientifiques consacrés au patrimoine médicinal tchadien.
Le ministère a également lancé un appel aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils accompagnent le Tchad dans ses efforts de recherche, de réglementation et de développement de la médecine traditionnelle.
Au-delà de la célébration, cette journée apparaît ainsi comme une invitation à changer de paradigme : il ne s’agit plus seulement de reconnaître l’existence de la médecine traditionnelle, mais de travailler à sa transformation progressive, dans un cadre scientifique, réglementaire et professionnel garantissant avant tout la sécurité, la qualité des soins et le bien-être des populations.
À travers cette dynamique, le Tchad entend faire de ses savoirs médicinaux traditionnels non seulement un patrimoine à préserver, mais aussi un potentiel à mieux connaître et à valoriser au service de la santé publique.
Vive la médecine traditionnelle africaine !
Vive la République du Tchad !
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