N’Djamena, 15 septembre 2026 — Le compte à rebours est lancé pour le Hadj 2027. L’Organe de Régulation et de Gestion du Pèlerinage (ORGEP) a officiellement ouvert, ce mardi à N’Djamena, les préparatifs de la prochaine édition du pèlerinage musulman, correspondant à l’année hégirienne 1448.

La cérémonie, présidée par Goundoul Vikama, représentant le Vice-Premier ministre Limane Mahamat, s’est déroulée en présence du président de l’ORGEP, Gal Idriss Dokony Adiker, de l’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite au Tchad, du président du Conseil national des affaires islamiques du Tchad (CNAIT), ainsi que des représentants des agences de voyage, des responsables religieux et de plusieurs autres acteurs impliqués dans l’organisation du pèlerinage.
3 474 000 FCFA par pèlerin : l’annonce qui retient l’attention

L’une des principales annonces de cette cérémonie concerne le coût global du Hadj 2027, fixé à 3 474 000 FCFA par pèlerin.
Un montant qui devrait susciter des interrogations chez de nombreuses familles tchadiennes, particulièrement dans un contexte économique où le coût du voyage représente déjà un effort financier important.
Prenant la parole, le président de l’ORGEP, Gal Idriss Dokony Adiker, a voulu apporter des explications sur cette nouvelle tarification. Selon lui, cette révision découle notamment de l’évolution des exigences réglementaires saoudiennes et de la volonté d’améliorer les prestations proposées aux pèlerins tchadiens.
Le montant annoncé ne correspond donc pas uniquement au transport aérien. Il englobe un ensemble de prestations liées au séjour et à l’encadrement des pèlerins.
Il s’agit notamment du transport aller-retour, de l’hébergement, de la restauration, des déplacements sur les différents sites du Hadj, de l’assistance médicale et logistique ainsi que de diverses charges administratives et organisationnelles.
De nouvelles exigences saoudiennes expliquées
Dans son intervention, le président de l’ORGEP a particulièrement insisté sur certaines nouvelles charges qui doivent désormais être intégrées dans l’organisation du pèlerinage.
Parmi elles figurent notamment la réservation de lits de réserve, la mise en place de navettes entre les hôtels et la Mosquée Sacrée, ainsi que le règlement du Hady, le sacrifice rituel, à travers le système électronique Massar.
Le représentant du Vice-Premier ministre, Goundoul Vikama, a également évoqué ces différents éléments. Selon son intervention, ces exigences sont liées aux nouvelles dispositions applicables aux pays envoyant des pèlerins vers l’Arabie Saoudite.
Le responsable gouvernemental a notamment cité la réservation obligatoire de lits de réserve, la mise en place de navettes dédiées et l’intégration du paiement du Hady dans le forfait du pèlerin.
« Chaque franc doit correspondre à une prestation réelle »
Face aux interrogations que pourrait susciter le nouveau tarif, l’ORGEP dit avoir privilégié la transparence budgétaire.
« Chaque franc inscrit dans le coût du Hadj doit correspondre à une prestation réelle, nécessaire et justifiable », a souligné le président de l’institution dans son discours.
Gal Idriss Dokony Adiker reconnaît toutefois que l’augmentation du coût représente un effort supplémentaire pour les familles tchadiennes.
L’ORGEP assure vouloir poursuivre les démarches d’optimisation, de négociation et de maîtrise des dépenses, sans compromettre, selon ses responsables, les exigences liées à la sécurité, à la qualité des prestations et à l’accompagnement des pèlerins.
Les leçons du Hadj 2026 au cœur des préparatifs

Au-delà de la question financière, l’édition 2027 entend tirer les enseignements du Hadj 2026.
Le président de l’ORGEP a indiqué que l’expérience précédente avait permis d’identifier plusieurs acquis, mais également des difficultés, observations et préoccupations exprimées par les pèlerins.
Pour 2027, l’ORGEP annonce ainsi vouloir renforcer plusieurs volets : restauration, hébergement, transport dans les Lieux Saints, assistance médicale, accompagnement logistique et encadrement des pèlerins.
L’objectif affiché est de passer d’une gestion essentiellement réactive à une organisation davantage fondée sur l’anticipation.
« Chaque difficulté rencontrée doit devenir une leçon. Chaque plainte doit être considérée comme une opportunité d’amélioration », a déclaré le président de l’ORGEP.
Une coordination renforcée annoncée
L’organisation du Hadj ne reposera pas uniquement sur l’ORGEP. L’institution entend renforcer la coordination avec les agences de voyage, les autorités religieuses, les services sanitaires, les partenaires saoudiens et les compagnies aériennes.
Pour le gouvernement, cette collaboration entre les différents acteurs constitue également un élément important de la préparation de l’édition 2027.
Représentant le Vice-Premier ministre, Goundoul Vikama a salué le travail réalisé lors du Hadj 2026 et encouragé l’ORGEP à capitaliser sur cette expérience pour améliorer encore l’organisation de la prochaine édition.
Le pèlerin placé au centre du dispositif
Dans son discours, le président de l’ORGEP a rappelé que le Hadj ne saurait être considéré comme un simple voyage.
Pour de nombreux musulmans tchadiens, il représente l’accomplissement d’un projet spirituel préparé parfois pendant plusieurs années.
L’ORGEP entend donc placer le pèlerin au centre de son dispositif, depuis son inscription jusqu’à son retour au Tchad, en passant par les formalités administratives, le transport, l’hébergement, la restauration, l’assistance médicale et l’accompagnement dans les Lieux Saints.
Gal Idriss Dokony Adiker a également appelé les futurs pèlerins à se préparer physiquement et spirituellement, à respecter les consignes des encadreurs et à faire preuve de patience, de solidarité et de respect durant leur séjour.
Vers un « modèle tchadien » d’organisation du Hadj
Pour l’ORGEP, l’ambition dépasse désormais la seule organisation annuelle du pèlerinage.
L’institution souhaite progressivement construire un modèle tchadien d’organisation du Hadj, reposant notamment sur la qualité des services, la transparence, la discipline, l’utilisation de la technologie, l’anticipation et le respect du pèlerin.
Avec le lancement officiel des préparatifs, les différents acteurs disposent désormais de plusieurs mois pour mettre en place les conditions nécessaires au bon déroulement du Hadj 2027.
Pour les futurs pèlerins et leurs familles, l’enjeu sera surtout de voir si les prestations annoncées seront effectivement à la hauteur du coût fixé à 3 474 000 FCFA par personne.
Une chose est désormais officielle : la préparation du Hadj 2027 est lancée au Tchad.
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