N’Djamena, 15 septembre 2026 — Le jour tant attendu est arrivé. Après plusieurs semaines de préparation et de compétition, les heureux lauréats de la troisième édition du concours national « Ma thèse en 180 secondes » (MT180) sont désormais connus.

La grande finale nationale s’est tenue ce mardi 15 septembre dans la grande salle de la Présidence de l’Université de N’Djamena, en présence de nombreux invités, notamment des enseignants, des chercheurs, des responsables universitaires, des représentants des institutions partenaires ainsi que des parents venus soutenir les dix finalistes.
Organisée avec le concours de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), de l’Ambassade de France au Tchad et de l’Université de N’Djamena, cette compétition entend promouvoir la recherche scientifique et l’innovation, tout en rapprochant les connaissances produites dans les universités de la société.
De 21 demi-finalistes à 10 finalistes
Ils étaient 21 candidats en demi-finale. À l’issue des différentes étapes de sélection, seuls dix doctorants ont obtenu leur ticket pour la grande finale.

Devant un jury composé de trois membres et présidé par Gaëtan Pellan, représentant de l’Ambassade de France au Tchad, les dix candidats ont eu pour défi de présenter plusieurs années de recherche en seulement 180 secondes.
Un exercice exigeant qui ne consiste pas seulement à maîtriser son sujet scientifique. Il faut également savoir le raconter, le simplifier et le rendre compréhensible par un public parfois éloigné du monde universitaire.
Dans son mot de lancement, le président du jury a salué l’engagement des candidats et rappelé la particularité de l’exercice.
« Prendre plusieurs années de recherche, de travail, parfois de nuits blanches… et réussir à nous en parler en seulement trois minutes », a notamment souligné Gaëtan Pellan.
Pour lui, ce concours constitue également un excellent exercice pour les futurs docteurs, appelés à produire des connaissances mais aussi à savoir les transmettre.
« Vous avez déjà gagné une première bataille »
S’adressant aux dix finalistes, le président du jury a également tenu à les féliciter pour leur parcours.
« Vous étiez 21 en demi-finale et vous n’êtes plus que 10 aujourd’hui. Autrement dit : vous avez déjà gagné une première bataille ! », a-t-il déclaré.
Les candidats avaient, au cours des deux semaines précédant la finale, bénéficié d’un accompagnement intensif de l’Institut tchadien d’art oratoire, afin de perfectionner leur prise de parole, leur capacité de synthèse et leur présentation devant le public.
Une préparation qui s’est ressentie lors de la finale. Chacun des dix doctorants a tenté de transformer son sujet de thèse en une présentation claire, vivante et accessible, parfois avec une véritable mise en scène.
Une décision difficile pour le jury
Sur scène, les dix finalistes ont rivalisé d’ingéniosité pour convaincre le jury et le public. La qualité des prestations a rendu la tâche particulièrement délicate aux membres du jury, qui devaient départager des candidats jugés à la hauteur de l’enjeu.
Mais comme dans toute compétition, il fallait finalement retenir trois lauréats.

Au terme des délibérations, le premier prix a été attribué à Dardalam Hussein Erdimi.

Elle est suivie à la deuxième place par Mordjimbaye Saint-Valoir, tandis que Denemadji Kaibo décroche la troisième place.

Trois noms désormais inscrits au palmarès de cette troisième édition, après une finale qui aura surtout mis en lumière la richesse et la diversité de la recherche doctorale tchadienne.
La recherche tchadienne à l’honneur
Au-delà de la compétition et des récompenses, MT180 se veut avant tout un espace de vulgarisation scientifique.
Gaëtan Pellan a d’ailleurs relevé un chiffre particulièrement significatif : selon les données évoquées lors de la cérémonie, plus d’une centaine de thèses de doctorat sont soutenues chaque année au Tchad depuis trois ans.
« C’est considérable », a-t-il estimé, considérant cette dynamique comme une bonne nouvelle pour l’enseignement supérieur et pour l’avenir du pays.
À travers MT180, les organisateurs souhaitent ainsi montrer que la recherche tchadienne est « vivante, ambitieuse » et mérite d’être davantage connue et entendue.
Le concours contribue également à renforcer le lien entre université, recherche et société, en encourageant les jeunes chercheurs à sortir du langage strictement académique pour partager leurs travaux avec le grand public.
Trois minutes pour faire vivre des années de recherche
Pendant trois minutes, chacun des dix finalistes a donc dû relever un défi peu ordinaire : condenser des années de travail scientifique en un message simple, précis et captivant.
Une expérience qui dépasse largement le cadre d’un concours. Elle rappelle qu’un chercheur ne doit pas seulement produire des connaissances, mais également être capable de les expliquer, de les partager et de susciter l’intérêt du public.
Cette troisième édition de « Ma thèse en 180 secondes » aura ainsi permis de célébrer à la fois le talent des doctorants, l’excellence scientifique et la nécessité de rendre la recherche plus accessible à la société.
Si trois candidats repartent avec les distinctions, les dix finalistes peuvent, eux aussi, se considérer comme des ambassadeurs d’une recherche tchadienne qui entend désormais mieux se faire connaître et entendre.
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