
N’Djaména, 20 octobre 2026 – Entre régulation, accompagnement et dialogue, la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) entend renforcer ses relations avec les professionnels de la presse. L’institution a entamé, ce mardi, une série de visites dans les organes de presse de la capitale, avec pour ambition de mieux comprendre leurs réalités, d’évaluer leurs conditions de fonctionnement et de veiller au respect des textes qui encadrent le secteur.
Cette initiative traduit une volonté de rapprochement entre l’organe de régulation et les médias, dans un contexte où la presse tchadienne, notamment les médias en ligne, fait face à de nombreux défis professionnels, techniques et économiques.
De la régulation au dialogue avec les médias
Depuis son arrivée à la tête de la HAMA, sa présidente, Mme Halimé Assadya Ali, a affiché une disposition au dialogue avec les professionnels des médias. Une orientation particulièrement attendue par les acteurs de la presse en ligne, dont les relations avec l’institution avaient connu des tensions par le passé.
Le 31 juillet 2025, lors d’une rencontre avec les professionnels des médias, la présidente avait déjà mis l’accent sur la nécessité de renforcer le dialogue et la collaboration avec les organes de presse. Elle avait notamment évoqué un accompagnement fondé sur le conseil et l’encadrement, tout en soulignant l’importance de réfléchir collectivement aux difficultés qui fragilisent le secteur.
La nouvelle série de visites s’inscrit dans cette dynamique : rapprocher l’institution des rédactions, mieux cerner leurs préoccupations et faire de la régulation un cadre d’échange, de responsabilité et de professionnalisation.
Des visites pour mieux connaître les réalités du terrain

Lancée par la vice-présidente de la HAMA, Mme Eveline Fakir, cette opération de terrain concerne les médias de N’Djaména et doit s’étendre à ceux des provinces.
Au-delà du contrôle administratif, la démarche vise à permettre à l’institution de s’imprégner des réalités quotidiennes des organes de presse. Il s’agit notamment de vérifier leurs lieux d’implantation, leurs conditions effectives de fonctionnement et l’existence de leurs plateformes numériques, en particulier leurs sites internet.
Cette démarche intervient dans un environnement médiatique marqué par l’essor des réseaux sociaux, devenus des outils incontournables de diffusion de l’information. Toutefois, ces plateformes ne sauraient, à elles seules, remplacer l’organisation professionnelle d’un média, son dispositif éditorial et ses obligations légales.
La HAMA rappelle ainsi l’importance de distinguer les réseaux sociaux, qui peuvent servir de canaux de relais et de diffusion, des véritables structures de presse disposant d’une organisation et de supports professionnels conformes aux exigences réglementaires.
La presse en ligne, entre reconnaissance et exigences professionnelles
Pour les médias numériques, ces visites représentent également une occasion de faire entendre leurs préoccupations. Difficultés économiques, accès aux équipements., formation des journalistes, modèle économique et reconnaissance professionnelle figurent parmi les enjeux auxquels de nombreux organes de presse peuvent être confrontés.
L’enjeu est donc double : permettre à la HAMA de s’assurer du respect des obligations réglementaires, tout en donnant aux responsables des médias l’occasion de présenter leurs difficultés et leurs besoins.
Dans cette perspective, le dialogue entre le régulateur et les professionnels constitue un levier important pour améliorer les pratiques, consolider la crédibilité de l’information et favoriser un environnement médiatique plus structuré.
Une régulation au service de la professionnalisation
La régulation des médias ne se limite pas au contrôle. Elle implique également la sensibilisation, l’accompagnement et la recherche de solutions adaptées aux réalités du secteur.
En allant directement à la rencontre des rédactions, la HAMA engage une démarche susceptible de rapprocher les exigences légales des conditions réelles d’exercice du métier de journaliste.
Pour que cette initiative produise des résultats durables, les professionnels attendent également une écoute attentive, un dialogue régulier et une prise en compte des difficultés structurelles auxquelles ils sont confrontés.
Le défi est désormais de faire de ces visites un véritable cadre de concertation entre la HAMA et les médias tchadiens : une régulation exigeante, mais également attentive aux réalités du terrain, afin de contribuer à une presse professionnelle, responsable et économiquement viable.
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