ADDICTIONS AU TCHAD : EXPERTS TCHADIENS ET CAMEROUNAIS CROISENT LEURS EXPÉRIENCES POUR RENFORCER LA PRISE EN CHARGE

Santé publique – N’djamena le 03 novembre 2026 Face aux défis liés aux addictions, le partage d’expériences et le renforcement des dispositifs de prise en charge apparaissent comme des leviers essentiels. À N’Djaména, une table ronde réunissant des spécialistes tchadiens et camerounais a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la prévention, l’accompagnement et le traitement des personnes confrontées aux différentes formes de dépendance.

Organisée par l’Ambassade de France au Tchad et le Centre diocésain de recherche-action en alcoologie (CEDIRAA), au Centre d’études et de formation pour le développement (CEFOD), cette rencontre s’est tenue sous le haut patronage du ministère de la Santé publique du Tchad.

Les échanges ont réuni plusieurs personnalités et spécialistes, notamment la Dre Marileine Kemmekemme, Étienne Yeugour et sœur Aurélie Roiné, directrice du CEDIRAA. La présence de Mme Narassem Mbaïdoum, directrice générale adjointe de la Santé publique, témoigne également de l’intérêt accordé à cette problématique par les autorités sanitaires.

Au-delà de la dépendance, un véritable enjeu de santé publique

Les addictions, qu’elles soient liées à l’alcool, aux drogues ou à d’autres substances psychoactives, constituent un défi qui dépasse largement la seule dimension médicale. Elles affectent la santé physique et mentale, fragilisent les relations familiales et peuvent compromettre l’insertion sociale et professionnelle des personnes concernées.

Au Tchad, la question de l’alcoolisme et des autres dépendances demeure particulièrement préoccupante. Depuis plusieurs années, le CEDIRAA intervient dans les domaines de la prévention, de l’accompagnement et de la prise en charge des personnes confrontées à ces difficultés.

Créé en 1999, le centre s’est progressivement imposé comme un acteur engagé dans la lutte contre les addictions, notamment à travers ses activités de sensibilisation, de soins et de formation.

Le partage d’expériences pour améliorer les réponses

En réunissant des professionnels venus du Cameroun et du Tchad, cette table ronde a offert un cadre de dialogue et de confrontation des expériences. L’objectif était notamment de mieux comprendre les réalités rencontrées sur le terrain, d’identifier les insuffisances des dispositifs existants et de réfléchir à des réponses adaptées aux besoins des populations.

Les discussions ont ainsi permis de mettre en évidence l’importance d’une approche globale, associant prévention, détection précoce, accompagnement psychologique, suivi médical et réinsertion sociale.

La lutte contre les addictions nécessite en effet une mobilisation qui ne repose pas uniquement sur les structures sanitaires. Les familles, les communautés, les professionnels de santé, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics ont également un rôle déterminant à jouer.

Briser les préjugés et renforcer l’accès aux soins

Au-delà des traitements, l’un des grands défis reste le regard porté par la société sur les personnes dépendantes. Trop souvent confrontées à la stigmatisation, à l’exclusion ou à l’incompréhension de leur entourage, elles hésitent à solliciter une aide spécialisée.

Il devient donc essentiel de promouvoir une approche fondée sur l’écoute, la dignité humaine, la confidentialité et l’accompagnement, plutôt que sur le jugement et la marginalisation.

Cette rencontre constitue ainsi une occasion de rappeler que les addictions sont aussi une question de santé publique, qui appelle des réponses coordonnées, durables et adaptées aux réalités locales.

Une coopération à consolider

À travers cette initiative, l’Ambassade de France au Tchad et le CEDIRAA contribuent à encourager le dialogue entre les acteurs de la santé et le partage des connaissances entre pays africains.

Les expériences croisées entre le Tchad et le Cameroun pourraient notamment nourrir les réflexions sur le renforcement des capacités des professionnels, l’amélioration des mécanismes d’orientation des patients et le développement de stratégies de prévention.

Au-delà des échanges, l’enjeu reste désormais de traduire les réflexions et recommandations en actions concrètes, afin que les personnes touchées par les addictions puissent bénéficier d’un accompagnement accessible et respectueux de leur dignité.

Car derrière chaque dépendance, il y a une personne, une histoire et souvent une famille qui a besoin d’écoute, de soutien et d’espoir.

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