SANTÉ-LUTTE CONTRE LA DENGUE : LE GOUVERNEMENT MOBILISE TOUTE LA MACHINE DE L’ÉTAT POUR ASSAINIR N’DJAMÉNA ET FREINER L’ÉPIDÉMIE

Ecrit par MEDD TV INFO

novembre 6, 2026

Face à la progression de la dengue, le gouvernement tchadien renforce la coordination multisectorielle. Santé, défense, finances, collectivités territoriales et action sociale sont désormais appelées à conjuguer leurs efforts pour accélérer la riposte, avec un accent particulier sur l’assainissement de la capitale.

La lutte contre la dengue prend une nouvelle dimension au Tchad. Ce vendredi 6 novembre 2026, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a présidé une réunion du Comité multisectoriel de coordination et de mobilisation contre cette épidémie. Une rencontre qui traduit la volonté des autorités de dépasser le seul cadre sanitaire pour apporter une réponse collective à une crise qui interpelle aussi bien les pouvoirs publics que les populations.

Autour de la table figuraient plusieurs membres du gouvernement, des responsables techniques, les membres du comité scientifique, la déléguée générale du gouvernement auprès de la ville de N’Djaména, les maires des arrondissements ainsi que différents acteurs impliqués dans la riposte.

Pour le ministre de la Santé publique, l’objectif est clair : engager des actions concrètes et coordonnées afin de circonscrire rapidement l’épidémie. Il a appelé les différentes parties prenantes à faire preuve d’abnégation, de responsabilité et surtout de collaboration franche. Il a également invité le comité scientifique à prendre toutes les dispositions nécessaires pour proposer des solutions efficaces face à cette menace sanitaire.

Une riposte qui dépasse le seul secteur de la santé

La mobilisation gouvernementale s’est également traduite par les interventions des différents membres du comité.

Le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget et de l’Économie, Tahir Hamid Nguilin, a apporté des éclaircissements sur les procédures et les mécanismes de gestion des fonds, ainsi que sur l’expression des besoins financiers nécessaires à l’accomplissement des missions du comité.

De son côté, le ministre de la Défense nationale, Issakha Malloua Djamous, a évoqué le calme observé dans la capitale après les interventions du ministre de la Santé devant l’Assemblée nationale et le Sénat. Il a également rassuré sur les dispositions prises par les différents corps de l’armée pour contribuer aux opérations de riposte.

Le ministre délégué à la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat, a insisté sur le renforcement de la communication et de la sensibilisation des populations. Le ministre de l’Aménagement du territoire, Mahamat Assileck Halata, a, quant à lui, réaffirmé la disponibilité de ses services à jouer pleinement leur rôle. La ministre de l’Action sociale, Zara Mahamat Issa, a également évoqué les responsabilités relevant de son département.

L’assainissement de N’Djaména au cœur de la bataille

La participation de la déléguée générale du gouvernement auprès de la ville de N’Djaména, Amina Kodjiana, et des responsables municipaux constitue l’un des éléments importants de cette rencontre. Elle a notamment souhaité l’intégration d’autres organes spécialisés pour renforcer les capacités opérationnelles du comité.

Le maire de la ville de N’Djaména, Senoussi Hassan Abdoulaye, a pour sa part présenté les activités d’assainissement et de salubrité envisagées par les services municipaux.

Cette implication des autorités municipales prend tout son sens au regard des récentes déclarations du ministre de la Santé devant les représentants du peuple.

Le mercredi 4 novembre 2026, devant l’Assemblée nationale, Dr Abdelmadjid Abderahim avait lancé un avertissement sans détour : « Tant que la ville n’est pas propre, il y aura des épidémies », selon les propos rapportés par Tropical Info. Il avait alors insisté sur la responsabilité des municipalités et des populations dans l’assainissement de la capitale.

Ce vendredi 6 novembre, devant le Sénat, il a de nouveau mis l’accent sur cette exigence : « Pour que cette épidémie puisse être circonscrite, il faut nettoyer tout le domaine, pulvériser et traiter nos villes. »

Deux interventions qui rappellent que la lutte contre la dengue ne peut reposer uniquement sur les structures sanitaires. Elle nécessite également des opérations d’assainissement, de désinsectisation, de traitement des espaces publics et de destruction des gîtes larvaires.

De la concertation aux actes : le véritable défi commence maintenant

À l’issue de cette réunion, les ministres membres du Comité multisectoriel ont instruit le comité scientifique de poursuivre l’élaboration des documents stratégiques devant encadrer la mise en œuvre des actions de riposte.

Cette nouvelle mobilisation gouvernementale témoigne d’une volonté de rechercher une réponse collective et rapide à la propagation de la dengue. Après les échanges avec les parlementaires et les différentes concertations engagées, le ministère de la Santé semble vouloir inscrire la riposte dans une démarche associant l’ensemble des secteurs concernés.

Mais au-delà des réunions et des engagements, les populations attendent désormais des résultats visibles sur le terrain : des quartiers propres, des caniveaux débarrassés des déchets, des eaux stagnantes traitées, des opérations de pulvérisation régulières et une sensibilisation de proximité.

La présence des maires de la capitale et des différents arrondissements autour de la même table constitue, à cet égard, un signal important. Elle répond directement à l’interpellation du ministre sur le lien entre l’insalubrité et la persistance des risques épidémiques.

Car combattre la dengue, ce n’est pas seulement soigner les malades. C’est aussi prévenir, assainir, sensibiliser et responsabiliser. Le gouvernement affiche désormais une mobilisation multisectorielle. Reste à transformer cette volonté politique en actions concrètes et durables dans les quartiers de N’Djaména et dans les autres localités touchées.

La lutte contre la dengue est une responsabilité partagée. L’État doit agir, les municipalités doivent assumer leurs missions et les citoyens doivent également participer à la protection de leur environnement.

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