ADDIS-ABEBA JETTE LES BASES D’UNE COMMUNICATION STATÉGIQUE AFRICAINE DES STATISTIQUES OFFICIELLES

Ecrit par MEDD TV INFO

juillet 25, 2026

La capitale éthiopienne a accueilli, du 20 au 22 juillet, un séminaire continental qui marque une étape décisive dans la modernisation de la communication des Instituts nationaux de statistique (INS). Organisée par la Division statistique de l’Union africaine (STATAFRIC), en partenariat technique avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee France), cette rencontre a réuni une trentaine de responsables africains autour d’un objectif commun : bâtir un cadre africain de communication stratégique des statistiques officielles au service de la décision publique.

Pendant trois jours, directeurs généraux des Instituts nationaux de statistique, experts, responsables de la communication et partenaires techniques ont échangé sur les défis auxquels sont confrontées les statistiques officielles dans un environnement profondément transformé par les réseaux sociaux, les plateformes numériques et l’intelligence artificielle.

En ouvrant les travaux, le Chef de la Division des statistiques économiques de STATAFRIC à la Commission de l’Union africaine, Adoum Gagoloum, a souligné que les statistiques ne circulent plus exclusivement à travers les canaux institutionnels traditionnels. Désormais, elles sont relayées, commentées et réutilisées via les moteurs de recherche, les plateformes numériques, les assistants conversationnels et d’autres outils digitaux, imposant ainsi aux Instituts nationaux de statistique de repenser leur stratégie de communication.

Selon lui, la mission des INS ne se limite plus à produire et diffuser des données fiables. Ils doivent également garantir que ces statistiques demeurent identifiables, compréhensibles et correctement interprétées dans ce nouvel écosystème informationnel. La communication devient ainsi un véritable levier stratégique de gouvernance de l’information statistique.

Les travaux ont été structurés autour de plusieurs sessions thématiques. La première journée a été consacrée aux relations entre les producteurs de statistiques et les décideurs publics. Les participants ont exploré les outils permettant de transformer les données en informations directement exploitables pour les politiques publiques, notamment à travers les policy briefs, les tableaux de bord et les mécanismes de concertation entre producteurs et utilisateurs des données. Les expériences de Maurice, de l’Angola et de la Tanzanie ont illustré des approches innovantes en matière de diffusion des statistiques auprès des décideurs.

La deuxième journée s’est focalisée sur la communication institutionnelle, les médias et la gestion des sujets sensibles. Les échanges ont porté sur la communication en période électorale, la lutte contre la désinformation, le fact-checking, les embargos de publication et l’influence des médias numériques. Le Rwanda a partagé son expérience en matière de plaidoyer statistique, tandis que le Tchad a présenté son programme de formation des journalistes dans le cadre du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3). Les contributions de l’Algérie, du Kenya, de la Côte d’Ivoire et du Maroc ont enrichi les discussions sur les relations entre les Instituts de statistique et les médias.

La dernière journée a été consacrée au renforcement de l’image institutionnelle des INS. Les débats ont mis en avant l’importance du branding, des rapports d’activités, de la redevabilité et du dialogue avec les autorités de supervision afin de consolider la confiance du public dans les statistiques officielles. Les expériences du Mali, confronté à un contexte sécuritaire complexe, et de la Tanzanie, qui déploie une stratégie nationale de communication et de diffusion statistique, ont particulièrement retenu l’attention.

En clôturant les travaux, Adoum Gagoloum a rappelé que cette rencontre constitue bien plus qu’un simple séminaire. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre la dynamique engagée à Addis-Abeba afin de permettre à l’Afrique de développer ses propres références en matière de communication stratégique des statistiques.

À travers cette initiative, les acteurs africains de la statistique ont posé les fondations d’une vision commune destinée à renforcer la visibilité, la crédibilité et l’utilisation des statistiques officielles. Un chantier majeur qui ambitionne de faire des données statistiques un outil incontournable d’aide à la décision publique, de transparence démocratique et de développement durable sur l’ensemble du continent.

MEDD TV INFO TCHAD VERT

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