Réuni ce mardi 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, dans le cadre du 4ᵉ Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC), le Tchad a porté haut sa voix sur les enjeux environnementaux et climatiques qui menacent la sous-région. Représentant le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a présenté la vision et les priorités du pays face à l’urgence climatique.

Dans une rencontre marquée par la présence de plusieurs dirigeants africains et partenaires internationaux, les États membres de la Commission Climat du Bassin du Congo et du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération régionale pour préserver l’un des plus importants poumons écologiques de la planète.
Prenant la parole au nom du Tchad, le ministre Hassan Bakhit Djamous a rappelé le rôle stratégique du bassin du Congo, deuxième plus vaste massif forestier tropical au monde après l’Amazonie. Il a souligné l’importance de son réseau hydrographique, notamment le bassin du lac Tchad, qui constitue une source essentielle de vie pour des millions de populations vivant de la pêche, de l’agriculture, de l’élevage et des activités agropastorales.
Face aux défis climatiques croissants, le membre du gouvernement tchadien a lancé un appel fort à l’action collective. « Les dérèglements climatiques que beaucoup d’entre nous ont ignorés sont aujourd’hui une réalité de notre quotidien », a-t-il déclaré, plaidant pour des politiques de développement adaptées aux nouvelles réalités environnementales afin de garantir la préservation des ressources naturelles et la résilience des populations.
Le Tchad, situé à la lisière septentrionale du bassin du Congo, subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. Le ministre a notamment évoqué l’assèchement progressif du lac Tchad, l’avancée du désert, les inondations récurrentes ainsi que la pression écologique engendrée par l’accueil de près de deux millions de réfugiés sur le territoire national.
Pour répondre à ces défis, le gouvernement tchadien a multiplié les initiatives environnementales. Parmi les mesures mises en avant figurent la subvention du gaz domestique afin de réduire l’utilisation du bois de chauffe, l’interdiction de la coupe du bois vert, ainsi que l’organisation annuelle de la Semaine nationale de l’arbre pour lutter contre la désertification.
Le ministre a également rappelé les efforts entrepris dans le cadre du Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNA), de la Stratégie nationale contre les changements climatiques et du Plan national de protection de l’environnement. Il a salué l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment Union européenne, France, Allemagne, États-Unis, Programme des Nations unies pour le développement, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, UNICEF et OCHA.
En perspective de la Table ronde des bailleurs de fonds prévue le 26 mai 2026 à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le Tchad entend défendre avec détermination deux projets prioritaires parmi les 54 initiatives retenues par les pays membres de la CCBC. Une démarche qui traduit la volonté des autorités tchadiennes de mobiliser davantage de financements pour renforcer la résilience climatique et promouvoir un développement durable dans un contexte régional de plus en plus vulnérable.
MEDD TV INFO TCHAD VERT








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