N’Djaména, 1er octobre 2026 — L’accès à l’eau potable, l’assainissement et la prévention des inondations s’imposent comme des enjeux majeurs pour le développement du Tchad. Dans un communiqué publié ce 1er octobre, l’Ambassade de France au Tchad présente les principaux projets soutenus par la coopération française dans ces secteurs, de N’Djaména aux villes de province.
Cette annonce intervient quelques jours après le Forum économique France–Tchad du 25 septembre, placé sous le signe de l’investissement, de l’emploi et de la confiance. Pour la représentation diplomatique française, la coopération doit désormais se traduire par des réalisations concrètes répondant aux besoins des populations.
Plus de 68 millions d’euros mobilisés
Selon l’Ambassade de France, cinq projets structurants liés à l’eau, à l’assainissement et à la prévention des risques climatiques représentent plus de 68 millions d’euros de subventions mobilisés par l’Agence française de développement (AFD) et ses partenaires.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte marqué par la multiplication des épisodes climatiques extrêmes. Les crues de 2022 avaient notamment durement touché N’Djaména, tandis que les inondations de 2024 ont provoqué d’importants dégâts humains et matériels à travers le pays.
Face à ces défis, la coopération française dit privilégier trois axes : construire des infrastructures, renforcer les institutions chargées de leur gestion et préparer les populations à faire face aux risques.
N’Djaména : renforcer l’accès à l’eau potable
Parmi les projets annoncés figure celui consacré à l’alimentation en eau potable de N’Djaména, doté de 30 millions d’euros de financement AFD-Union européenne.
Le projet prévoit notamment l’augmentation des capacités de production d’eau potable, la réhabilitation et l’extension du réseau de distribution ainsi que la réalisation de branchements particuliers.
Lancé en 2024 et mis en œuvre par le ministère de l’Eau et de l’Énergie, le programme bénéficie également de financements des Pays-Bas et d’une contribution tchadienne. L’objectif affiché est d’améliorer durablement le service d’eau potable et, par conséquent, les conditions de vie des habitants de la capitale.
Le Canal des Jardiniers au cœur de la lutte contre les inondations
Autre chantier important : le Projet d’aménagement du Canal des Jardiniers (PACAJ), doté de 15 millions d’euros.
Traversant sur environ deux kilomètres plusieurs quartiers centraux de N’Djaména, le canal concerne un espace où vivent près de 140 000 personnes. Le projet prévoit la réhabilitation du canal et des caniveaux qui l’alimentent, ainsi que la gestion des déchets solides.
Les espaces libérés doivent également être requalifiés avec des équipements de proximité, notamment des espaces marchands, sportifs et récréatifs.
Au-delà de la gestion des eaux pluviales, le projet entend ainsi contribuer à l’amélioration du cadre de vie, à la santé publique et à la création d’emplois locaux.
À Moundou, renforcer les protections contre les crues
À Moundou, le Projet de lutte contre les inondations de Moundou, phase 2 (PLIM 2) bénéficie d’un financement de 12 millions d’euros.
Le programme prévoit notamment la réalisation de canaux de drainage des eaux pluviales et de digues destinées à protéger les quartiers riverains du Lac Wey, en connexion avec le Logone.
Le projet doit bénéficier directement à quelque 20 000 habitants, tout en ayant une portée plus large pour une ville qui compte près de 100 000 habitants.
Mais pour les partenaires français, construire des ouvrages ne suffit pas. Leur efficacité dépend également de leur exploitation et de leur entretien. C’est pourquoi des actions d’accompagnement et de formation sont prévues au profit des acteurs locaux.
À N’Djaména, la Société tchadienne des eaux bénéficie ainsi d’une assistance technique et d’un fonds d’équipement. À Moundou, l’ONG Initiative Développement accompagne la mairie dans la gestion des déchets et l’entretien des réseaux d’assainissement.
Passer de la réaction à la prévention
La prévention constitue également un volet important de cette coopération.
Le Projet d’appui crise inondation N’Djaména (PACIN), doté de 1,5 million d’euros et déployé depuis 2024, vise à transformer l’expérience acquise lors de la crise de 2022 en un dispositif permanent de prévention et de gestion des inondations.
Sous la maîtrise d’ouvrage de la Croix-Rouge du Tchad, le projet prévoit notamment la création d’un service de gestion du risque d’inondation au sein de la protection civile de la mairie de N’Djaména.
Des travaux d’urgence sont également prévus sur trois exutoires stratégiques du réseau de drainage. Le programme comprend par ailleurs un plan de contingence, des équipements destinés au 9e arrondissement, ainsi que la formation et l’équipement d’associations et d’équipes d’intervention communautaires.
L’objectif est de renforcer la capacité de réponse de la capitale tout en développant une véritable culture de prévention au sein des communautés.
Les provinces également concernées
L’action française ne se limite pas à N’Djaména et Moundou.
À travers le Projet d’appui à la gouvernance par l’approche territoriale intégrée (GATI), doté de 10 millions d’euros, la coopération française intervient également dans les communes de Bol, Baga Sola, Massaguet, Massakory, Bongor et Guelengdeng.
Mis en œuvre par Expertise France avec le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le projet combine accompagnement stratégique et appui opérationnel aux collectivités et aux administrations centrales, notamment dans la gestion des risques de catastrophe.
Il associe également plusieurs partenaires intervenant dans le domaine de l’eau, de la recherche et du développement local.
Une coopération orientée vers la résilience
À travers l’ensemble de ces programmes, l’Ambassade de France affirme vouloir inscrire son partenariat avec le Tchad dans une logique de long terme : investir dans les infrastructures, renforcer les capacités des institutions et associer davantage les collectivités et les populations.
La question de l’eau apparaît ainsi au croisement de plusieurs enjeux : santé publique, urbanisation, emploi, développement local et adaptation au changement climatique.
En faisant le lien avec le Forum économique France–Tchad du 25 septembre, la France entend également présenter ces investissements comme une illustration concrète d’un partenariat davantage tourné vers les résultats et les besoins quotidiens des populations.
Pour les villes tchadiennes régulièrement confrontées aux difficultés d’accès à l’eau, aux problèmes d’assainissement et aux risques d’inondation, l’enjeu sera désormais de transformer ces financements et ces infrastructures en services durables, accessibles et effectivement utiles aux citoyens.
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