Séoul, 7 août 2026 – La question de la liberté de religion et de la liberté d’expression en Corée du Sud s’est invitée au cœur d’un débat international ce vendredi à Séoul. À l’initiative de Human Rights Without Frontiers (HRWF), plusieurs organisations internationales de défense des droits humains et des chercheurs spécialisés ont organisé une conférence de presse au Seoul Foreign Correspondents’ Club afin d’exprimer leurs préoccupations concernant le traitement réservé à certaines minorités religieuses dans le pays.

Réunissant notamment CAP Liberté de Conscience (CAP-LC), FOREF Germany, CESNUR et le média spécialisé Bitter Winter, cette rencontre a porté principalement sur la détention provisoire de Lee Man-hee, âgé de 95 ans et président de l’Église Shincheonji, ainsi que sur d’autres dossiers liés à la liberté de religion ou de conviction en Corée du Sud.
Un appel à respecter les droits fondamentaux
Les organisations participantes ont déclaré ne pas remettre en cause le fonctionnement de la justice sud-coréenne, mais ont appelé les autorités à veiller au strict respect des principes internationaux en matière de droits humains, notamment la présomption d’innocence, la proportionnalité des mesures judiciaires et la protection des personnes âgées.

Selon les intervenants, le maintien en détention provisoire de Lee Man-hee, poursuivi dans une affaire liée à la participation politique de membres de sa communauté religieuse, soulève des interrogations juridiques et humanitaires. Ils estiment que, compte tenu de son âge avancé, de son état de santé et du caractère non violent des accusations rapportées, des mesures alternatives telles que l’assignation à résidence pourraient être envisagées, conformément à certaines pratiques observées dans d’autres États démocratiques.
Les participants ont également appelé les autorités sud-coréennes à garantir une stricte neutralité de l’État envers toutes les confessions religieuses et à éviter toute discrimination fondée sur les croyances.
Des préoccupations plus larges sur la liberté religieuse
Au-delà du cas de Lee Man-hee, les organisations ont évoqué plusieurs autres situations qu’elles considèrent comme préoccupantes.

Parmi celles-ci figurent les difficultés rencontrées par l’Église Segero à Busan, les débats autour de l’objection de conscience au service militaire, les controverses relatives à la construction d’une mosquée à Daegu ainsi que les questions d’accommodement religieux dans les établissements scolaires.
Les responsables de HRWF ont également rappelé que, pendant plusieurs décennies, des centaines de membres des Témoins de Jéhovah avaient été emprisonnés en Corée du Sud pour objection de conscience. Bien qu’un service civil alternatif ait ensuite été instauré, certaines organisations continuent d’estimer que sa durée – fixée à 36 mois – demeure particulièrement contraignante par rapport au service militaire classique.
Les experts appellent au respect du droit international
En ouvrant les travaux, Hans Noot, directeur associé de HRWF, a estimé que la liberté de religion et la liberté d’expression constituent des piliers essentiels de toute société démocratique. Selon lui, lorsque certaines communautés religieuses sont stigmatisées ou que leurs rassemblements pacifiques sont limités, les conséquences dépassent largement le cadre d’un seul mouvement religieux.
Pour sa part, Thierry Valle, président de CAP Liberté de Conscience, a rappelé que la Corée du Sud est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à la Convention contre la torture. Il a estimé que la présomption d’innocence devait demeurer un principe fondamental tout au long de la procédure judiciaire.
L’expert juridique allemand Michael Langhans, directeur exécutif de FOREF Germany, a également présenté une analyse portant sur la nécessité de la détention provisoire dans cette affaire et sur les garanties d’impartialité des procédures.
De son côté, le sociologue italien Massimo Introvigne, directeur du CESNUR et rédacteur en chef de Bitter Winter, a considéré que les standards internationaux, notamment les Règles Mandela des Nations Unies relatives au traitement des personnes détenues, invitent à privilégier des mesures moins privatives de liberté pour les personnes très âgées poursuivies pour des faits non violents.
Enfin, Dr Márk Nemes, directeur adjoint du CESNUR, a souligné que Shincheonji est aujourd’hui implantée dans plusieurs pays et que toute évolution concernant cette affaire est suivie avec attention par de nombreuses communautés religieuses à travers le monde.
Une déclaration adressée au gouvernement sud-coréen

À l’issue de la conférence de presse, plusieurs universitaires et défenseurs des droits humains européens ont signé une déclaration officielle adressée au Gouvernement de la République de Corée.

Dans ce document, ils demandent la remise en liberté de Lee Man-hee durant la procédure judiciaire, estimant qu’une telle mesure serait plus conforme aux principes humanitaires reconnus par les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Les signataires affirment également respecter les institutions démocratiques sud-coréennes tout en appelant à une justice exercée dans le respect de la dignité humaine, de la présomption d’innocence et de la liberté de religion.
Des voix de la société civile sud-coréenne
La conférence a également donné la parole à plusieurs personnalités sud-coréennes.

Le Vénérable Beopsan, responsable exécutif de l’Ordre Jogye du bouddhisme coréen, a appelé au rejet des préjugés religieux et à une application équitable de la justice, rappelant que la protection des droits des minorités constitue un indicateur essentiel de la vitalité démocratique d’un pays.
De son côté, Ryu Jae-sik, président de la branche de Séoul de l’Association des anciens combattants de la guerre de Corée, a exprimé son inquiétude face au traitement réservé au dirigeant de Shincheonji, qu’il a présenté comme un ancien combattant âgé. Il a plaidé pour qu’il puisse comparaître libre tout en bénéficiant d’un procès équitable.
Une affaire suivie au niveau international

À travers cette conférence, les organisations organisatrices invitent les autorités sud-coréennes, les médias et la communauté internationale à suivre avec attention cette procédure judiciaire et à veiller au respect des normes internationales relatives aux droits humains.

À ce stade, les autorités sud-coréennes n’ont pas répondu publiquement aux demandes formulées lors de cette conférence de presse. L’affaire suit son cours devant les juridictions compétentes, dans le respect des procédures prévues par le droit sud-coréen.
Conformément aux principes journalistiques d’équilibre et de prudence, les éléments présentés dans cet article reflètent les déclarations et positions exprimées par les organisateurs de la conférence de presse. Ils ne préjugent pas de l’issue de la procédure judiciaire en cours ni de la position officielle des autorités sud-coréennes.
MEDD TV INFO TCHAD VERT











































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