Hadjer Lamis : plus d’un an après leur fuite du lac Tchad, des milliers de déplacés toujours livrés à la précarité

Ecrit par MEDD TV INFO

décembre 18, 2025

Dans la province du Hadjer Lamis, des milliers de familles déplacées internes, contraintes de fuir l’insécurité autour du lac Tchad, continuent de faire face à des conditions de vie extrêmement difficiles. Privées d’un accès suffisant à la nourriture, à l’eau potable et aux services sociaux de base, elles lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires humanitaires.

Installée depuis plus d’un an dans le village de Doumboulki, Halimé Hisseini, mère de cinq enfants, incarne le quotidien éprouvant de nombreuses femmes chefs de ménage déplacées.
« Les personnes déplacées souffrent énormément, en particulier les femmes et les enfants », témoigne-t-elle, la voix empreinte de lassitude.

Dans le site de N’Djilam-Abkhider, la situation n’est guère différente. Ahmat Djidda, père de huit enfants et responsable du site, décrit une urgence humanitaire persistante :
« Les abris temporaires que nous avons construits sont déjà en ruine. Nous avons besoin de nourriture, d’eau potable, d’accès aux soins de santé et à l’éducation. Nous sommes obligés de boire l’eau du marigot. »

Des moyens de subsistance brisés

Au-delà de l’assistance immédiate, les familles déplacées peinent à reconstruire leurs moyens de subsistance. Ancienne cultivatrice, Halimé explique que le déplacement a profondément affecté sa santé et ses capacités de travail.
« Depuis que nous avons été déplacés, ma santé s’est détériorée. Je ne peux plus travailler comme avant. Et ici, je n’ai même pas accès à des terres agricoles », confie-t-elle.

Cette perte d’autonomie économique accentue la dépendance à l’aide humanitaire, alors même que celle-ci demeure insuffisante.

Une aide ponctuelle face à des besoins croissants

À leur arrivée, certaines familles ont bénéficié d’un appui initial. Le sous-préfet de Karal a procédé à une distribution de vivres, tandis que l’ONG APSELPA a fourni des articles de première nécessité, notamment du savon, des nattes, des vêtements et des seaux. Cependant, aucune assistance significative n’a suivi depuis ces premières interventions.

Or, la pression démographique ne cesse d’augmenter. Depuis octobre 2024, plus de 22 000 personnes déplacées, suivies de 11 000 autres en février 2025, ont afflué dans une province qui comptait environ 200 000 habitants, soit une augmentation de 16,5 % de la population.

L’insécurité alimentaire s’aggrave

Selon une étude sur la vulnérabilité alimentaire réalisée en mars 2025, plus de 216 000 personnes dans la province du Hadjer Lamis souffrent d’une insécurité alimentaire sévère. Le département de Dagana, qui accueille une grande partie des nouveaux déplacés, concentre à lui seul 185 140 personnes touchées.

Face à cette situation alarmante, les déplacés internes appellent à des solutions durables, alliant assistance humanitaire continue, accès à l’eau potable, aux soins, à l’éducation et à des moyens de subsistance dignes. Sans un renforcement rapide de la réponse, préviennent-ils, la crise humanitaire dans le Hadjer Lamis risque de s’enraciner davantage.

Le rapport complet sur la vulnérabilité alimentaire est disponible en téléchargement : cliquez ici

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