Journée mondiale de lutte contre les MGF 2026 : l’UNFPA appelle à un sursaut historique pour protéger l’avenir de millions de filles en Afrique de l’Ouest et du Centre

Ecrit par MEDD TV INFO

février 7, 2026

Message

À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), célébrée le 6 février 2026, le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton, a livré une déclaration forte et sans détour : « Le prix de l’inaction est trop élevé. Nous devons investir maintenant pour mettre fin aux MGF ».

Dans une région qui concentre 17 des 27 pays africains les plus touchés par cette pratique, cette date ne relève pas d’un simple symbole. Elle constitue, selon l’UNFPA, un moment de vérité pour les droits humains, la santé publique et l’avenir de millions de filles.

Une violation grave des droits humains

Le Dr Sennen Hounton rappelle que les mutilations génitales féminines ne sont ni un rite culturel, ni une affaire privée, encore moins un acte médical justifiable. Elles constituent une violation grave des droits humains, portant atteinte au droit à la vie, à la santé, à l’intégrité physique, à la dignité et à l’égalité de genre.

Aujourd’hui, plus de 230 millions de femmes et de filles vivent avec les séquelles physiques et psychologiques des MGF à travers le monde. Chaque année, 4 millions de filles supplémentaires sont exposées au risque, dont près de la moitié ont moins de cinq ans. À ce rythme, 23 millions de nouvelles victimes pourraient être enregistrées d’ici 2030, si les actions ne sont pas accélérées.

Un tournant décisif pour atteindre l’objectif zéro MGF

Malgré des progrès notables — dont la moitié des avancées des 30 dernières années réalisées au cours de la dernière décennie —, l’UNFPA estime que la dynamique reste largement insuffisante. Pour atteindre la cible 5.3 des Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030, le rythme de recul de la pratique devrait être 27 fois plus rapide.

Concrètement, cela implique de protéger chaque année 4 millions de filles qui, selon les projections actuelles, risquent de subir les MGF.

Cette urgence est d’autant plus critique qu’elle s’inscrit dans un contexte mondial marqué par un recul de l’égalité de genre, une fragilisation des droits des femmes et une baisse inquiétante des financements internationaux.

Le coût de l’inaction et la force de l’investissement

Sur le plan économique, le message est clair :
L’inaction coûte cher. Le traitement des complications liées aux MGF représente 1,4 milliard de dollars par an pour les systèmes de santé, un chiffre appelé à augmenter si la pratique persiste.

À l’inverse, investir pour éliminer les MGF est hautement rentable.
Selon l’UNFPA :

  • 1 dollar investi génère 10 dollars de retour (santé, éducation, productivité)
  • Un investissement mondial de 2,8 milliards de dollars permettrait d’éviter les MGF à 20 millions de filles et de femmes
  • Tout en générant près de 28 milliards de dollars de bénéfices économiques

2026 : « Pas de fin aux MGF sans engagement et investissement durables »

Le thème de la Journée internationale 2026,
« Vers 2030 : pas de fin aux MGF sans engagement et investissement durables »,
traduit un appel clair à la pérennité, à la mobilisation des ressources et au passage à l’échelle.

Les leviers sont connus :

  • l’éducation,
  • l’engagement communautaire,
  • la transformation des normes sociales,
  • l’implication des prestataires de santé.

Pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNFPA identifie trois priorités stratégiques :

  • Briser les silos : intégrer la prévention des MGF dans les politiques de santé, d’éducation et de développement économique ;
  • Diversifier les financements : renforcer les ressources nationales, mobiliser le secteur privé et explorer des mécanismes innovants ;
  • Investir dans l’innovation : utiliser les technologies pour atteindre les communautés les plus reculées.

Le Programme conjoint UNFPA–UNICEF, pilier de la lutte mondiale

Lancé en 2008, le Programme conjoint UNFPA–UNICEF pour l’élimination des MGF constitue la plus grande initiative mondiale dédiée à l’abandon de cette pratique. Présent dans 18 pays, dont 8 en Afrique de l’Ouest et du Centre, il agit sur les cadres juridiques, les normes sociales et l’accès aux services de protection.

Bilan à ce jour :

  • 1 137 000 filles (0–14 ans) protégées contre les MGF
  • Plus de 50 millions de personnes dans 21 700 communautés ayant déclaré publiquement l’abandon de la pratique
  • Plus de 7 millions de femmes et de filles ayant bénéficié de services de santé, juridiques et sociaux essentiels

Un appel collectif pour un avenir sans MGF

Dans sa déclaration, le Dr Sennen Hounton lance un appel à l’action universel : femmes et hommes, filles et garçons, familles, leaders traditionnels et religieux, gouvernements, secteur privé et partenaires internationaux.

« Chaque déclaration publique, chaque changement de politique et chaque dollar investi nous rapprochent d’un monde où le corps des filles est respecté et où leur avenir est protégé. »

Le message est sans équivoque :
Les outils existent. Les preuves sont là.
Il ne manque désormais qu’une chose : la volonté collective d’investir durablement dans l’avenir que ces filles méritent.

Car l’éradication des mutilations génitales féminines n’est pas seulement un impératif moral.
C’est un devoir humain, sanitaire, social et économique pour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le monde entier.

MEDD TV INFO TCHAD VERT

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