N’Djamena 31 janvier 2026 – La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a organisé, ce samedi, une double cérémonie marquant à la fois la présentation des vœux du Nouvel An à sa présidente, Mme Halimé Assadya Ali, et une importante séance d’échanges consacrée aux défis et perspectives du secteur des médias au Tchad. La rencontre s’est tenue en présence des responsables des organisations professionnelles, ainsi que des représentants des médias publics et privés.
Ouvrant la cérémonie, le Secrétaire général de la HAMA, Félicien Alladoum Radingaye, a transmis les vœux du personnel et des membres du Collège à la présidente. Il a également dressé un bilan des réalisations de l’année 2025, avant de présenter les grandes orientations et priorités de l’institution pour la nouvelle année.
Dans son allocution, Mme Halimé Assadya Ali a souligné que cette rencontre allait bien au-delà du simple rituel des vœux :
« Nous devons marquer un arrêt pour évaluer ce que nous avons accompli en 2025, identifier nos lacunes et trouver les meilleures voies pour avancer ensemble, restaurer l’autorité journalistique et rendre à la presse sa dignité », a-t-elle déclaré, appelant à une réflexion collective et responsable.
La présidente de la HAMA a dressé un diagnostic sans concession du paysage médiatique tchadien, dénonçant un climat de désordre marqué par le non-respect des textes réglementaires, du code d’éthique et de déontologie journalistique. Elle a fustigé l’instrumentalisation de certains médias, ainsi que la prolifération de comptes privés se présentant abusivement comme des organes de presse, notamment sur les réseaux sociaux. Selon ses chiffres, sur près de 197 médias recensés en 2025, moins de la moitié seraient réellement opérationnels et professionnels.
Face à ces dérives, Mme Halimé Assadya Ali a annoncé la mise en œuvre, dès 2026, d’un plan stratégique triennal (2026-2028). Celui-ci sera axé sur l’amélioration de la gouvernance de la HAMA, le renforcement de la formation des professionnels, l’application stricte des textes en vigueur et l’assainissement du paysage médiatique. Les programmes de formation intégreront désormais les nouveaux enjeux technologiques, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, et couvriront l’ensemble de la chaîne de production médiatique.
Elle a, par ailleurs, salué le soutien du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi que celui du Gouvernement, annonçant une augmentation de l’enveloppe de l’aide à la presse et le lancement du projet de construction de la Maison de la Presse du Tchad en 2026, un chantier structurant pour la profession.
En conclusion, la présidente de la HAMA a appelé à la restauration de la crédibilité et de la dignité du journalisme tchadien à travers la professionnalisation du secteur, la vulgarisation des textes réglementaires et la valorisation de la carte professionnelle comme condition d’exercice du métier, après un moratoire à définir avec les acteurs concernés.
« Le journalisme est un métier régi par des règles, une éthique et une responsabilité sociale », a-t-elle rappelé, invitant les professionnels à un engagement collectif pour faire de la presse tchadienne un véritable pilier de la démocratie.
Un message fort, qui inscrit l’année 2026 comme celle d’une refondation profonde du journalisme tchadien, au service d’une presse structurée, professionnelle, respectée et responsable.













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