Africa Forward 2026 : ce que le Tchad peut réellement gagner du nouveau pacte économique entre Paris et l’Afrique

Retour sur les enjeux et les avantages à tirer du Sommet France-Africa Forward

Une chronique spéciale de MEDD TV INFO TCHAD VERT

À l’heure où les relations économiques internationales se redessinent sous l’effet des mutations géopolitiques et des défis climatiques, le Sommet « Africa Forward », organisé à Nairobi au Kenya, apparaît comme un rendez-vous stratégique majeur entre la France et le continent africain. La participation du Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, témoigne de la volonté du Tchad de s’inscrire pleinement dans cette nouvelle dynamique de coopération économique fondée sur l’investissement, l’innovation et le développement durable.

Au-delà des discours diplomatiques, ce forum ouvre de nouvelles perspectives pour les économies africaines, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, du numérique, de l’agriculture et de l’industrialisation. Pour le Tchad, confronté aux défis de diversification économique, de modernisation des infrastructures et d’accès à l’énergie, les annonces faites à Nairobi pourraient représenter des leviers importants de transformation économique et sociale.

À travers cette chronique spéciale, MEDD TV INFO TCHAD VERT revient sur les principaux enjeux du Sommet France-Africa Forward, les nouvelles orientations du partenariat entre Paris et les capitales africaines, ainsi que les avantages économiques, industriels et stratégiques que le Tchad pourrait tirer de cette rencontre internationale.

À Nairobi, au Kenya, le Sommet « Africa Forward » a marqué une nouvelle étape dans la redéfinition des relations économiques entre la France et le continent africain. En prenant part à ce rendez-vous stratégique, le Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a placé le Tchad au cœur des discussions sur les investissements, les infrastructures, l’énergie, le numérique et l’industrialisation.

Derrière les discours diplomatiques, les chiffres annoncés traduisent une ambition économique majeure : 23 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés dans plusieurs secteurs stratégiques africains, avec environ 250 000 emplois directs attendus sur le continent et en France.

Mais au-delà des annonces continentales, une question demeure essentielle : quels bénéfices concrets le Tchad peut-il tirer de ce forum international ?

Pour l’Afrique, elle représente un tournant dans l’ajustement de son industrialisation, mais pour le Tchad se redessine le défi de sortir de l’économie de rente pour construire les moyens d’assurer elle-même son développement, notamment à travers l’industrialisation.

Une nouvelle approche France-Afrique fondée sur l’investissement

Le Sommet Africa Forward se distingue par une évolution notable de la coopération franco-africaine. Le document officiel insiste sur la volonté de passer d’une logique d’aide publique traditionnelle à une dynamique d’investissements durables, orientés vers la souveraineté économique africaine.

Cette orientation représente une opportunité importante pour le Tchad, longtemps confronté aux limites des financements classiques et aux difficultés d’accès aux capitaux privés internationaux.

La réorganisation du partenariat économique entre la France et le Tchad impliquerait de prendre en charge la sécurité intérieure sous la forme d’un transfert d’équivalents à 150 à 200 millions d’euros par an. C’est un enjeu stratégique majeur pour le Tchad car la pérennité du début du partenariat économique passe par la gestion autonome des affaires intérieures (politique, social, éducation, etc.).

L’Afrique, monde de l’industrie, dépendra totalement de ces ressources autres que le pétrole, le gaz ou le minerai. Le Tchad doit être en mesure d’assurer la mise en valeur agricole sur ses 2,5 millions km² de terres arables aujourd’hui non cultivables, dans l’intérêt de ses 18 millions de citoyens, dans un environnement sous-developpé pour son agriculture. Ce défi n’est pas mineur tant les difficultés sont redoutables à l’ère du libre-échange, quant à la désorganisation de l’économie extérieure et de la dépendance avec la France. Le Tchad a l’embarras du choix pour construire sa politique de développement, ajoutant du capital à une main d’œuvre à constituer.

En matière de politique de l’énergie, le Tchad devrait centrer ses préoccupations sur ses atouts : les énergies renouvelables (« vertes ») en abords de son domaine maritime, et l’énergie « grise » au regard de la mise en valeur de sa bonne partie de ses ressources agricoles transformés par son industrie : le coton, le riz, le mil, les céréales et les huiles. L’agriculture, si la compréhension s’en propage, devient l’affaire de tous tant dans le Tchad du président Habré, que dans celui du président Déby Itno, soit l’industrie de l’énergie grise fondée sur les énergies renouvelables « vertes » .

À Nairobi, la France a mis en avant six secteurs prioritaires :

l’agriculture ;

l’économie bleue et les infrastructures ;

la santé ;

le numérique et l’intelligence artificielle ;

l’industrialisation ;

la transition énergétique.

Or, ces secteurs correspondent précisément aux grands défis de développement du Tchad.

Le Tchad décroche déjà des projets stratégiques

Parmi les annonces les plus importantes pour le Tchad figure l’investissement de la société française Matière, qui prévoit l’installation d’un site d’assemblage de ponts modulaires au Tchad pour un montant de 10 millions d’euros.

Ce projet industriel peut avoir plusieurs impacts directs :

création d’emplois locaux ;

transfert de compétences techniques ;

développement d’une industrie locale des infrastructures ;

réduction des coûts de construction d’ouvrages ;

amélioration de la connectivité nationale.

Dans un pays où les difficultés d’accès routier freinent encore le commerce intérieur et l’intégration territoriale, la production locale de ponts modulaires pourrait accélérer le désenclavement de nombreuses provinces.

Autre annonce majeure : le groupe Qair bénéficiera d’un financement de 16,5 millions d’euros de Proparco pour développer deux projets hybrides solaires avec stockage au Tchad.

Cette initiative pourrait constituer un tournant énergétique pour le pays. Le Tchad reste confronté à un faible taux d’accès à l’électricité, particulièrement en zones rurales. Le développement de centrales hybrides solaire-stockage permettrait :

d’améliorer l’accès à l’énergie ;

de réduire la dépendance aux groupes thermiques coûteux ;

de soutenir l’industrialisation ;

d’encourager les investissements privés ;

de stimuler l’économie numérique.

Une opportunité pour accélérer l’industrialisation du pays

Le secteur agricole pourrait se stabiliser dans certaines zones, notamment dans le cadre des sociétés de développement de la région du lac Tchad, mais la croissance économique prédominante dans le secteur des engrais doit être équilibrée et s’étendre à d’autres zones du Tchad pour faire face aux éventuelles répercussions entraînées par le libre-échange avec des pays non partenaires.

L’un des enseignements majeurs du forum de Nairobi réside dans la volonté affichée des partenaires français de soutenir la transformation locale des ressources africaines.

Pour le Tchad, cette vision ouvre des perspectives importantes dans :

l’agro-industrie ;

la transformation du coton ;

les matériaux de construction ;

l’énergie ;

les industries alimentaires.

Le pays dispose d’importantes ressources naturelles, mais souffre encore d’un déficit industriel structurel. Les investissements annoncés dans l’industrialisation africaine montrent que les partenaires internationaux cherchent désormais à développer des chaînes de valeur locales plutôt qu’à exporter uniquement des matières premières brutes.

Cette orientation pourrait permettre au Tchad :

d’augmenter sa valeur ajoutée nationale ;

de créer davantage d’emplois qualifiés ;

de renforcer ses exportations ;

de réduire sa dépendance économique extérieure

Le numérique et l’intelligence artificielle : un virage à ne pas manquer

Le sommet a également mis en avant plus de 3,7 milliards d’euros d’investissements dans le numérique et l’intelligence artificielle en Afrique.

Des projets liés à la connectivité, à la fibre optique, aux centres numériques et à la formation technologique ont été annoncés. Plusieurs initiatives d’Orange, Eutelsat et Digital Africa visent notamment à renforcer l’accès aux technologies et aux compétences numériques sur le continent.

Pour le Tchad, cette dynamique représente une occasion stratégique :

modernisation des télécommunications ;

développement des start-up ;

amélioration des services numériques publics ;

montée en compétence de la jeunesse ;

émergence d’une économie digitale nationale.

Dans un contexte mondial dominé par l’innovation technologique, le retard numérique pourrait devenir un frein majeur au développement. Le forum de Nairobi rappelle ainsi l’urgence pour le Tchad d’investir dans la formation, les infrastructures numériques et l’entrepreneuriat technologique.

Une diplomatie économique plus offensive pour le Tchad

La participation du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno à ce sommet dépasse le cadre protocolaire. Elle traduit une volonté d’inscrire le Tchad dans les nouveaux circuits économiques internationaux.

Dans un environnement africain marqué par une concurrence croissante entre puissances économiques mondiales, la présence tchadienne à Nairobi permet :

de renforcer l’attractivité du pays ;

d’attirer des investisseurs internationaux ;

de diversifier les partenariats économiques ;

d’améliorer l’image du Tchad auprès des bailleurs et des entreprises.

Le défi sera désormais de transformer les annonces en réalisations concrètes sur le terrain.

Entre promesses et responsabilités

Le Forum Africa Forward ouvre des perspectives importantes pour le continent africain et pour le Tchad en particulier. Toutefois, les bénéfices réels dépendront de plusieurs facteurs :

stabilité institutionnelle ;

amélioration du climat des affaires ;

transparence dans la gestion des projets ;

sécurité juridique des investisseurs ;

capacité de l’administration à accompagner les partenariats.

Le Tchad dispose aujourd’hui d’une fenêtre d’opportunité pour accélérer sa transformation économique. Les investissements annoncés dans l’énergie, les infrastructures et l’industrialisation peuvent devenir des leviers puissants de croissance et d’emploi.

Le cadre politique du Tchad, à l’initiative des pays de la voie du développement, doit aboutir à l’établissement d’une direction unique visant à traduire ses intérêts dans l’économie départementale. Les défaillances en termes d’opérations sont lourdes par leur impact sur l’aménagement et l’industrialisation des ressources. La politique de sécurité intérieure réussie ainsi que celle économique, son territoire pourrait en supporter le coût, dans l’intérêt de ses habitants.

Cet exercice d’accompagnement du développement, du travail de la ressource montre que l’interaction vitale entre les différentes formes de développement devrait aboutir également à transposer la main d’œuvre et le secteur de l’agriculture, à assurer une alternative dans la mise en valeur de ressources comestibles, en tous cas conformes au développement de l’économie française. Quoiqu’il arrive, c’est le budget réduit qui doit représenter le cadre d’une insertion dans l’économie française.

Ce repositionnement économique du Tchad permettra peu à peu d’affirmer de logique développement, plus que dans les pays partenaires d’un partenariat France-Afrique.

À Nairobi, le message est clair : l’Afrique n’est plus uniquement considérée comme un espace d’aide, mais comme un partenaire économique stratégique. Pour le Tchad, l’enjeu est désormais de convertir cette nouvelle dynamique diplomatique en progrès visibles pour la population.

👉 Cliquez sur le lien pour télécharger les livrables économiques ici :

MEDD TV INFO TCHAD VERT

LIRE LE COMMUNIQUÉ ICI 📍


Vous pouvez aussi aimer …

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *