Province du Lac : 7 millions de dollars mobilisés face aux déplacements de populations et au choléra

Ecrit par MEDD TV INFO

août 25, 2026

N’Djamena, 20 août 2026 — Face à la double urgence humanitaire qui frappe actuellement la province du Lac, les Nations Unies renforcent leur soutien au Tchad. Une enveloppe de 7 millions de dollars américains vient d’être mobilisée pour répondre à la fois aux nouveaux déplacements de populations et à l’épidémie de choléra qui sévit dans plusieurs districts sanitaires.

Cette réponse financière repose sur deux mécanismes complémentaires : 4 millions de dollars du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), auxquels s’ajoutent 3 millions de dollars du Fonds humanitaire régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (FHRAOC). L’objectif est d’apporter rapidement une assistance aux populations affectées, notamment celles déplacées depuis le mois de juin et les personnes exposées à l’épidémie de choléra.

Plus de 75 000 personnes contraintes de fuir

La situation humanitaire s’est fortement dégradée dans la province du Lac. Selon le communiqué du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 75 210 personnes ont été contraintes de quitter leurs localités d’origine en raison des violences attribuées aux groupes armés non étatiques.

Ces populations ont rejoint 16 sites situés notamment dans les sous-préfectures de Baga-Sola, Daboua, Kaiga-Kindjiria, Liwa et Ngouboua. Arrivées souvent sans ressources suffisantes, elles doivent faire face à des services sociaux déjà sous pression, alors que les communautés hôtes, les personnes retournées et les anciens déplacés restent elles-mêmes vulnérables.

Le choléra vient aggraver une situation déjà fragile

À cette crise des déplacements s’ajoute désormais une urgence sanitaire. Confirmée à Kangalom le 6 août, l’épidémie de choléra avait enregistré, au 16 août, 219 cas et 8 décès, selon le rapport de situation n°35 du ministère de la Santé publique cité par OCHA.

Les cas sont répartis entre les districts sanitaires de Bol, Kangalom, Bagassola et Liwa. La forte concentration des populations dans certains sites, les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’assainissement ainsi que la mobilité autour du lac constituent autant de facteurs favorisant la propagation de la maladie.

Des financements orientés vers les besoins les plus urgents

Sur les 4 millions de dollars du CERF, 3 millions sont destinés à répondre aux besoins liés aux nouveaux déplacements. Ils financeront notamment des interventions dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la protection.

Ces actions, mises en œuvre par l’OMS, l’UNICEF et l’UNFPA, doivent permettre de renforcer les soins d’urgence, la prise en charge de la malnutrition aiguë, l’accompagnement des survivantes de violences basées sur le genre ainsi que la protection des enfants séparés ou non accompagnés.

Le million de dollars restant sera consacré à la riposte contre le choléra, à parts égales entre l’OMS et l’UNICEF. Il permettra notamment de renforcer la prise en charge des malades, la surveillance épidémiologique communautaire, la désinfection, la chloration des points d’eau et la communication sur les risques sanitaires.

Les 3 millions de dollars du FHRAOC viendront compléter cette réponse dans les domaines des abris, des articles ménagers essentiels, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement ainsi que de l’assistance alimentaire.

Une réponse qui mise aussi sur les organisations tchadiennes

Au-delà du financement, l’approche retenue accorde une place importante aux acteurs nationaux. Une partie significative des ressources du FHRAOC sera directement attribuée à des ONG tchadiennes disposant d’une bonne connaissance du terrain et d’un accès aux zones parfois difficiles à atteindre, notamment les espaces insulaires du Lac.

Pour le Coordonnateur humanitaire pour le Tchad, Dr François Batalingaya, ces financements arrivent à un moment où deux crises se superposent : les déplacements de populations et l’épidémie de choléra. Il souligne toutefois que ces ressources, bien qu’importantes, ne couvrent pas l’ensemble des besoins.

Des besoins encore largement supérieurs aux financements disponibles

Malgré cette mobilisation de 7 millions de dollars, les besoins restent considérables. Le plan intersectoriel de réponse aux nouveaux déplacements dans la province du Lac nécessite 15,12 millions de dollars pour la période de juillet à décembre 2026. La riposte contre le choléra est, quant à elle, estimée à 2,34 millions de dollars pour la période de juillet à septembre.

OCHA indique que les financements mobilisés couvrent une part importante des besoins, mais que des ressources supplémentaires restent indispensables. Cette situation intervient alors que le Plan de réponse humanitaire 2026 du Tchad n’est financé qu’à hauteur de 35 %, sur les 986,1 millions de dollars nécessaires.

Dans la province du Lac, l’urgence est donc double : protéger des populations déplacées par les violences et contenir une épidémie qui menace des communautés déjà fragilisées. Les 7 millions de dollars constituent une réponse immédiate et importante, mais la poursuite de l’aide humanitaire dépendra encore de la mobilisation de financements supplémentaires.

MEDD TV INFO TCHAD VERT

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