Bassin du Congo : la science et la loi mobilisées pour mieux protéger les forêts d’Afrique centrale

Ecrit par MEDD TV INFO

septembre 25, 2026

YAOUNDÉ — Comment mieux protéger les forêts du bassin du Congo tout en mobilisant les financements nécessaires à leur préservation ? C’est l’un des enjeux au cœur de la Conférence parlementaire sur la science, la gouvernance environnementale et la finance climatique en Afrique centrale, ouverte ce vendredi à l’Assemblée nationale du Cameroun, à Yaoundé.

Organisée par le Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPAR), avec l’appui de l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), de la COMIFAC et de Landscape Alliance (CIFOR-ICRAF), la rencontre bénéficie également du soutien financier de l’Union européenne à travers le projet OFAC-CE.

Pendant trois jours, parlementaires de la sous-région, membres des gouvernements, scientifiques, représentants des banques de développement et partenaires techniques et financiers échangent sur l’avenir des forêts d’Afrique centrale.

Un poumon écologique confronté à un déficit de financement

Le bassin du Congo représente l’un des plus vastes massifs forestiers tropicaux de la planète. Selon les données présentées lors de la conférence, ses forêts séquestrent environ 40 gigatonnes de carbone, soit près de 10 % du carbone forestier mondial.

Mais derrière cette importance écologique se cache un paradoxe : malgré leur contribution à la régulation du climat mondial, les pays du bassin du Congo peinent encore à accéder à une part suffisante des financements climatiques internationaux.

Les participants évoquent notamment des contraintes institutionnelles et législatives, un déficit d’ingénierie financière environnementale, la non-opérationnalisation de la taxe environnementale de la CEEAC ainsi que la faible part des budgets nationaux consacrée à l’environnement.

Faire dialoguer davantage la science et la décision politique

L’un des objectifs majeurs de la conférence est précisément de réduire cette distance entre la connaissance scientifique et la décision publique.

Les données produites par l’OFAC et les travaux des chercheurs doivent pouvoir servir directement à l’élaboration des lois, à la programmation budgétaire et au contrôle de l’action publique.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le représentant de la COMIFAC a appelé à renforcer ce lien entre science et politique, afin que les données disponibles puissent déboucher sur « des décisions, des lois, des budgets et des actions concrètes ».

Il a également rappelé le rôle des parlementaires, appelés à utiliser leurs prérogatives en matière de vote des lois et des budgets, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire pour accompagner la mise en œuvre des engagements régionaux.

Vers des réformes et des mécanismes financiers plus efficaces

Représentant le président de l’Assemblée nationale du Cameroun, le vice-président Hilarion Etong a, de son côté, insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des États à préparer des projets environnementaux crédibles et susceptibles d’attirer les financements.

La qualité des données, la préparation des projets, la coopération institutionnelle et la mobilisation de financements adaptés apparaissent ainsi comme des conditions essentielles pour transformer les engagements climatiques en actions concrètes.

Au-delà des discours, les trois jours de travaux doivent déboucher sur plusieurs livrables, notamment une Feuille de route parlementaire régionale destinée à mieux intégrer les preuves scientifiques dans les processus législatifs et budgétaires.

Une déclaration finale du REPAR sur le suivi des engagements financiers internationaux, notamment ceux liés à l’Appel de Belém pour les forêts du bassin du Congo, est également attendue, ainsi que des orientations en faveur de directives sous-régionales sur le marché du carbone et les politiques climatiques.

Pour les pays d’Afrique centrale, l’enjeu dépasse donc la seule protection des arbres. Il s’agit de faire des forêts du bassin du Congo un levier de développement durable, de résilience climatique et de coopération régionale, tout en veillant à ce que les décisions politiques reposent davantage sur des données scientifiques solides.

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