Organisée par le Bureau d’études d’impact, environnement, social et communication (BEIES-C), avec l’appui de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), la session de renforcement des capacités des journalistes s’est achevée le 31 octobre 2026 à Bongor. Au terme de trois jours d’apprentissage et d’échanges, vingt journalistes ont formulé des recommandations et mis en place une plateforme dédiée à la lutte contre la corruption au Tchad.

BONGOR – Le rideau est tombé, le 31 octobre 2026, sur la session de renforcement des capacités des journalistes placée sous le thème : « Journalisme et lutte contre la corruption au Tchad : renforcer les capacités d’investigation, l’éthique et la responsabilité des médias ».
Initiée et organisée par le BEIES-C, avec l’appui financier et technique de l’AILC, cette formation, tenue du 29 au 31 octobre dans la salle de réunion du Conseil provincial du Mayo-Kebbi Est, a réuni vingt journalistes issus des médias publics et privés et représentant huit provinces du Tchad.
Pendant trois jours, les participants ont bénéficié de communications, de débats et d’exercices pratiques autour des enjeux de la corruption, des responsabilités des médias et des exigences du journalisme d’investigation.
Le BEIES-C au cœur de l’organisation d’une formation axée sur la responsabilité des médias

À travers cette initiative, le BEIES-C a offert aux professionnels des médias un cadre d’apprentissage et de réflexion sur leur contribution à la prévention et à la lutte contre la corruption.
La première journée a été marquée par les interventions d’Ousman Mamadou Affono, directeur général des investigations et du contentieux de l’AILC, et de Djekodjimgoto Mbainadjiel Constant, conseiller technique de l’institution.
Leurs communications ont permis aux participants de mieux appréhender les mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption, les missions des institutions compétentes ainsi que les possibilités de collaboration avec les médias.
Les deux journées suivantes ont été consacrées aux responsabilités professionnelles des journalistes, notamment à travers les interventions de Djim Amdingam Bertin, coordonnateur de la HAMA pour les deux Logones, de Laoro Ngondjé, premier rapporteur à la HAMA, et de Bétel Mianrom, chef du département du développement des médias à la HAMA.
Les thèmes abordés ont notamment porté sur le journalisme d’investigation, l’éthique et la déontologie, la sécurité des journalistes, la protection des sources, l’accès à l’information et l’utilisation des outils numériques dans les enquêtes.
Les participants ont également travaillé sur des exercices pratiques à partir de dossiers d’enquête liés à la corruption. Ces travaux leur ont permis de mieux comprendre l’importance de la vérification des faits, du recoupement des informations, de la recherche de preuves et du respect de la présomption d’innocence.
Les échanges ont aussi abordé des préoccupations sensibles pour la profession : les pressions exercées sur les journalistes, les intimidations, les difficultés d’accès aux informations, la précarité des médias et les risques liés à l’acceptation de faveurs susceptibles de compromettre l’indépendance éditoriale.
Une plateforme de journalistes mise en place à la clôture
L’un des faits marquants de cette session est la mise en place, le 31 octobre 2026, d’une plateforme regroupant les vingt journalistes participants, avec pour ambition de renforcer leur collaboration et leur engagement dans la lutte contre la corruption au Tchad.
Cette initiative vise à favoriser la concertation, le partage d’expériences, la solidarité professionnelle et la promotion du journalisme d’investigation.
Elle traduit également la volonté des participants de prolonger les acquis de la formation au-delà des trois journées de travaux et de faire de l’information un véritable instrument de transparence et de bonne gouvernance.
Des recommandations pour renforcer la collaboration et protéger les journalistes
Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées.
À l’endroit de l’AILC, les participants sollicitent un accompagnement technique, institutionnel, matériel et financier pour la création et le fonctionnement du réseau des journalistes engagés dans la lutte contre la corruption. Ils recommandent également de faciliter l’accès aux informations et aux personnes ressources, d’organiser régulièrement des séances de sensibilisation et de développer un partenariat durable avec les médias.
Au BEIES-C, ils recommandent la poursuite des formations sur les questions de gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation pour apprécier l’application des connaissances acquises.
Aux autorités locales, les participants demandent de faciliter la collecte des informations sur le terrain, de garantir la sécurité des journalistes et de mettre fin aux intimidations, menaces et arrestations liées à l’exercice de leur profession.
Enfin, les journalistes se sont engagés à mettre en pratique les connaissances acquises, à respecter les principes d’éthique et de déontologie, à renforcer leur indépendance et à faire vivre la nouvelle plateforme.
Des remerciements aux organisateurs et aux partenaires
Dans leur mot de remerciement, les participants ont exprimé leur profonde gratitude au BEIES-C pour l’initiative et l’organisation de cette session de formation, qui leur a permis de renforcer leurs compétences professionnelles.
Ils ont également adressé leurs sincères remerciements à l’AILC pour son appui financier et technique ayant rendu possible la tenue de cette activité.
Leur reconnaissance est également allée aux formateurs pour le partage de leurs connaissances et expériences, aux autorités de la province du Mayo-Kebbi Est pour leur accueil et leur disponibilité, ainsi qu’au Conseil provincial pour la mise à disposition de ses locaux.
Une formation qui ouvre la voie à de nouveaux engagements
La clôture de cette session organisée par le BEIES-C marque une étape importante dans le renforcement des capacités des journalistes face aux défis de la corruption.
Les participants repartent avec de nouvelles connaissances, des recommandations et une plateforme dont la mission sera désormais de traduire cet engagement collectif en actions concrètes.
Car informer sur la corruption exige du courage, mais surtout de la méthode, des preuves, de l’indépendance et un profond respect de la responsabilité journalistique.
À Bongor, le BEIES-C, avec l’appui de l’AILC, a ainsi contribué à créer un cadre de renforcement des compétences et de mobilisation des professionnels des médias autour d’un enjeu majeur pour la gouvernance au Tchad.
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