CILSS : Mahamat Idriss Déby appelle à renforcer le contrôle des pesticides pour protéger les populations et l’environnement

Ecrit par MEDD TV INFO

septembre 12, 2026

À l’occasion de la 41ᵉ Journée du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), célébrée ce 12 septembre 2026, le président en exercice de l’organisation, le Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Déby Itno, a appelé les États membres à renforcer le contrôle des intrants agricoles et à durcir les mécanismes d’homologation et de surveillance des pesticides. Une exigence présentée comme indispensable pour concilier productivité agricole, sécurité alimentaire, santé publique et préservation des ressources naturelles.

Le message du président en exercice du CILSS a été délivré en son nom par Kida Bala, ministre de la Production agricole et de l’Industrie manufacturière et coordinateur du comité, à l’occasion de cette 41ᵉ Journée du CILSS, placée cette année sous le thème : « Contribution du CILSS à la mise en œuvre des réglementations régionales sur les intrants agricoles et la santé des plantes au Sahel et en Afrique de l’Ouest ».

Au cœur du message présidentiel, une préoccupation se dégage : produire davantage, mais sans compromettre la santé des populations ni l’équilibre des écosystèmes.

Dans un contexte marqué par les changements climatiques, la dégradation des terres et la pression démographique, le recours aux intrants agricoles devient de plus en plus important pour accroître les rendements. Mais cette nécessité ne doit pas, selon le président du CILSS, conduire à une utilisation incontrôlée des produits phytosanitaires.

« L’accroissement de la productivité ne saurait se faire au détriment de la qualité de nos productions, de la préservation de nos ressources naturelles et de la santé de nos populations », souligne le discours.

La circulation des produits non conformes inquiète

Le président en exercice du CILSS a notamment mis en garde contre la persistance de la fraude et la circulation de produits agricoles et phytosanitaires non conformes. Ces pratiques représentent, selon lui, des risques croissants pour la santé humaine et animale, mais également pour l’environnement.

Face à cette situation, les États sont invités à renforcer leurs dispositifs nationaux de contrôle, à améliorer la traçabilité des produits et à accroître les capacités des services chargés de leur surveillance.

L’enjeu dépasse toutefois les frontières nationales. Pour le CILSS, l’harmonisation des réglementations et la coopération entre les différentes institutions régionales sont essentielles pour éviter que les failles d’un pays ne deviennent celles de toute la région.

Le discours rappelle à ce titre les avancées réalisées depuis l’adoption, en 1992, de deux réglementations régionales relatives aux intrants agricoles et à la santé des plantes, complétées en 2006 par d’autres textes portant notamment sur les semences et la biosécurité.

Le Comité sahélien des pesticides mis en avant

Mahamat Idriss Déby Itno a également salué le travail du Comité sahélien des pesticides (CSP), opérationnel depuis 1994. Celui-ci joue un rôle important dans l’évaluation et la réglementation des pesticides dans l’espace régional.

Le président du CILSS a présenté cette expérience comme un exemple de coopération régionale visant à limiter l’utilisation et la circulation des pesticides dangereux.

Le modèle a d’ailleurs dépassé le cadre du CILSS. Le discours fait état de l’intérêt porté à cette expérience par la CEDEAO, l’UEMOA et le Comité inter-États des pesticides de l’Afrique centrale de la CEMAC, avec notamment la mise en place du Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (COAHP), dont le pilotage est assuré par l’Institut du Sahel.

Vers une agriculture plus sûre et plus résiliente

Pour le président en exercice du CILSS, l’objectif n’est pas de remettre en cause l’utilisation des intrants agricoles, mais de garantir leur usage responsable, contrôlé et conforme aux normes régionales.

Il appelle ainsi les États concernés à poursuivre les processus d’harmonisation réglementaire engagés à travers différents accords de coopération, notamment ceux conclus depuis 2018 entre la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS.

La finalité affichée est claire : protéger les populations, préserver les ressources naturelles et construire une agriculture capable de résister aux chocs climatiques tout en contribuant à la souveraineté alimentaire de la région.

L’Institut du Sahel célèbre 50 ans de recherche

Cette 41ᵉ Journée du CILSS revêt une dimension particulière puisqu’elle coïncide avec le cinquantenaire de l’Institut du Sahel (INSAH), créé le 11 septembre 1976 et basé à Bamako, au Mali.

Dans son discours, Mahamat Idriss Déby Itno a rendu hommage aux chercheurs, techniciens et cadres ayant contribué, durant cinq décennies, au développement de la connaissance scientifique et à l’appui aux politiques publiques dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du développement durable.

L’INSAH est présenté comme un instrument majeur de coopération scientifique et technique régionale, chargé notamment de coordonner, d’harmoniser et de promouvoir les études et recherches agricoles en lien avec les priorités des États membres du CILSS.

Un nouvel appel à la coopération régionale

Au-delà de la célébration, le message présidentiel se veut également un appel à l’action. Face à des défis qui se complexifient, le CILSS estime nécessaire de renforcer la coordination entre les organisations régionales et de veiller surtout à l’application effective des réglementations sur le terrain.

La science, l’innovation, la coopération et la solidarité régionale sont ainsi placées au cœur de la stratégie proposée pour renforcer la résilience du Sahel.

En célébrant simultanément les 41 ans de la Journée du CILSS et les 50 ans de l’Institut du Sahel, les États membres entendent donc regarder au-delà du bilan historique. L’ambition affichée est de construire une agriculture plus durable, productive, sûre et saine, capable de contribuer à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et aux perspectives offertes à la jeunesse sahélienne.

Pour le CILSS, la bataille contre la sécheresse et le changement climatique ne peut donc plus être dissociée de celle pour une agriculture mieux réglementée, des aliments plus sûrs et un environnement durablement protégé.

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