En Guinée, la FEMI veut reconquérir la confiance du public dans les médias

Ecrit par MEDD TV INFO

août 14, 2026

Éducation aux médias et à l’information : le journaliste Thierno Amadou Camara lance une fondation pour mieux combattre la désinformation

Face à la montée de la désinformation et à la multiplication des fausses informations sur les réseaux sociaux, une nouvelle initiative entend remettre l’éducation aux médias et à l’information au cœur du débat public en Guinée. Il s’agit de la Fondation pour l’Éducation aux Médias et à l’Information (FEMI), portée par le journaliste et entrepreneur de presse Thierno Amadou Camara.

Fort de plusieurs années d’expérience dans le secteur des médias et dans la gouvernance des organisations professionnelles de presse, Thierno Amadou Camara entend mettre son parcours au service d’un objectif : contribuer à restaurer la confiance entre les médias, les journalistes et le public.

Ancien président du Réseau des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI) et vice-président de la Maison de la Presse, il est également le fondateur de Guinee114.Com et de Ouest FM (104.3). Son parcours l’a conduit à prendre part à de nombreuses rencontres et initiatives internationales consacrées aux médias et à l’avenir du journalisme, notamment en France, au Gabon, au Sénégal et en Ukraine.

Faire la différence entre information, opinion et rumeur

À travers la FEMI, son initiateur veut s’attaquer à l’un des défis majeurs auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines : la circulation rapide de contenus faux ou trompeurs, notamment sur les plateformes numériques.

La fondation ambitionne ainsi de promouvoir une meilleure compréhension du rôle des journalistes, mais aussi d’accompagner les médias et les organisations professionnelles afin d’améliorer la qualité de l’offre médiatique.

Pour Thierno Amadou Camara, l’enjeu dépasse la seule question du fonctionnement des rédactions. Il s’agit également d’aider les citoyens à développer les réflexes nécessaires pour identifier une information fiable et éviter les pièges de la désinformation.

« Le temps est venu pour que nous soyons mobilisés pour expliquer davantage le rôle de la presse à ce public de moins en moins tolérant et de plus en plus pris en otage dans une bulle de désinformation », explique-t-il.

Un journalisme indépendant pour préserver la confiance

Le journaliste estime que la profession doit également faire face à une autre difficulté : la défiance croissante d’une partie du public, qui tend parfois à considérer les médias comme des instruments au service d’intérêts politiques.

Selon lui, il est essentiel de rappeler que la presse n’a pas vocation à être le relais d’un parti politique ou d’un camp contre un autre. Cette clarification, estime-t-il, passe par davantage de professionnalisme, de rigueur et de respect des principes fondamentaux du journalisme.

La FEMI entend donc créer des espaces de réflexion, de formation et de dialogue autour des pratiques journalistiques et des enjeux liés à l’information. L’objectif est notamment de permettre au public de mieux reconnaître le travail journalistique professionnel et de distinguer une information vérifiée d’une simple rumeur.

Une fondation face à un défi de taille

La mission s’annonce toutefois complexe dans un environnement où les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante dans la consommation de l’information. Une partie du public s’éloigne progressivement des médias traditionnels, tandis que les contenus non vérifiés circulent à une vitesse considérable.

C’est précisément dans cet espace que la FEMI veut intervenir : éduquer, sensibiliser, professionnaliser et contribuer à reconstruire la confiance.

Membre de la commission chargée de la rédaction du code de bonne conduite des journalistes et de celle consacrée à la délivrance de la carte de presse, Thierno Amadou Camara veut s’appuyer sur son expérience et son réseau pour faire de cette fondation un cadre de réflexion sur l’avenir du journalisme en Guinée.

Au-delà d’une nouvelle structure, la FEMI se présente ainsi comme un pari sur l’avenir : celui d’une société mieux informée, d’un public plus critique face aux contenus qui lui sont proposés et d’une presse davantage attachée à sa responsabilité sociale.

Dans un paysage médiatique profondément transformé par le numérique, la bataille contre la désinformation ne se gagnera pas uniquement dans les rédactions, mais aussi dans la capacité du public à comprendre, vérifier et questionner l’information qu’il reçoit. C’est sur ce terrain que la FEMI entend désormais porter le combat.

MEDD TV INFO TCHAD VERT

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