De N’Djamena aux provinces, le ministère de la Santé renforce la surveillance, la vaccination, la prise en charge et la sensibilisation pour contenir l’épidémie
N’Djamena, août 2026 — Face à la présence du choléra au Tchad, la riposte sanitaire s’organise sur plusieurs fronts. Depuis les premières alertes signalées dans la zone de Karal, dans un contexte régional marqué également par la circulation de la maladie, le ministère de la Santé publique et de la Prévention a engagé une série d’actions visant à limiter la propagation de l’épidémie et à protéger les populations.

Réunions de coordination, formations des agents de santé, vaccination, surveillance épidémiologique, sensibilisation communautaire, contrôle sanitaire, désinfection, mobilisation des autorités locales et implication de la société civile : sur le terrain, les interventions se multiplient.
À travers cet agenda, MEDD TV INFO TCHAD VERT revient sur plusieurs activités menées ces derniers jours et rappelle que la lutte contre le choléra ne repose pas uniquement sur les professionnels de santé. Elle exige également l’engagement des communautés.
Une riposte placée sous haute surveillance
Dès la confirmation de la présence du choléra dans certaines zones, le ministère de la Santé publique et de la Prévention a renforcé son dispositif de riposte.

Sous la coordination du ministre Dr Abdelmadjid Abderahim, plusieurs réunions techniques ont permis d’évaluer régulièrement l’évolution de la situation, de suivre les activités réalisées et d’adapter les interventions aux réalités du terrain.
Lors de ces rencontres, l’Incident Manager, Nguetora Guiradoumadji, a présenté les différents points de situation épidémiologique ainsi que l’état d’avancement des activités.
La stratégie repose principalement sur plusieurs piliers : vaccination, surveillance épidémiologique, prise en charge des cas, hygiène et assainissement, communication et engagement communautaire.
Le ministre a régulièrement appelé les équipes à maintenir la dynamique et à renforcer la coordination entre les services de l’État, les collectivités, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les communautés.
La vaccination au cœur de la stratégie

La vaccination constitue l’un des principaux moyens mobilisés dans la riposte.
Selon les données présentées lors d’une réunion de coordination, 160 922 personnes étaient ciblées dans une opération donnée, tandis que plus de 700 000 personnes avaient déjà reçu une dose dans le cadre des activités vaccinales rapportées par les autorités sanitaires.
Dans le district sanitaire Nord de N’Djamena, plus de 30 000 personnes avaient déjà reçu leur dose au dimanche 2 août.
Une nouvelle campagne de vaccination était par ailleurs annoncée pour la période du 12 au 18 août 2026, nécessitant une forte mobilisation communautaire.
Sur le terrain, des équipes de supervision accompagnent les opérations afin de vérifier le respect des directives techniques, la disponibilité des intrants, la qualité de la vaccination et le fonctionnement des équipes.
Cette supervision permet également d’identifier rapidement les difficultés rencontrées et d’apporter les corrections nécessaires.
Former ceux qui sont en première ligne

La riposte ne peut être efficace sans des agents correctement préparés.
Dans le district sanitaire de N’Djamena-Est, des professionnels du Centre hospitalier universitaire de l’Amitié Tchad-Chine, de l’hôpital du district de Gozator et de plusieurs centres de santé ont bénéficié de formations sur l’hygiène et l’assainissement.
Ces formations en cascade visent à renforcer les compétences des acteurs de terrain et à améliorer la préparation face aux éventuels cas.
Des formations spécialisées ont également été organisées à l’intention des techniciens supérieurs de laboratoire. Elles portent notamment sur les techniques de prélèvement, le diagnostic, la gestion des échantillons, la préparation des solutions chlorées, la désinfection et l’utilisation des tests de diagnostic rapide.
Ces activités impliquent des experts des laboratoires nationaux et des structures spécialisées.
Derrière chaque formation, il y a donc un objectif simple : permettre aux agents de santé d’être mieux préparés lorsqu’un cas suspect se présente.
Le choléra se combat aussi dans les foyers et les quartiers

La réponse sanitaire ne s’arrête pas aux hôpitaux et aux centres de santé.
Dans plusieurs communes de N’Djamena, les autorités sanitaires organisent des réunions avec les chefs de quartiers, chefs de carrés, responsables communautaires, leaders religieux et traditionnels, associations et organisations de la société civile.
Dans les 5ᵉ, 6ᵉ, 7ᵉ, 8ᵉ et 10ᵉ arrondissements notamment, différentes activités de mobilisation et de sensibilisation ont été menées pour informer les populations sur les risques liés à la maladie.
Dans le 6ᵉ arrondissement, une opération de pulvérisation intradomiciliaire a également été réalisée dans le cadre du renforcement des mesures de prévention.
Dans le 7ᵉ arrondissement, l’Association pour la Promotion Économique, Environnementale et Sanitaire (APEES), en collaboration avec les autorités sanitaires et administratives, a lancé une campagne de sensibilisation communautaire dans plusieurs quartiers.
Ces initiatives rappellent une réalité essentielle : la prévention du choléra commence aussi dans les maisons, les marchés, les lieux publics et les quartiers.
Les marchés et les transporteurs également ciblés

La police sanitaire du ministère de la Santé a engagé des séances de sensibilisation dans les marchés de N’Djamena.
Commerçants et usagers sont sensibilisés aux risques de contamination et aux moyens de prévention.
Le ministère a également rencontré les syndicats des transporteurs urbains et interurbains.
L’objectif est de faire des acteurs du transport des partenaires de la riposte, notamment en matière d’hygiène, de désinfection des moyens de transport et d’orientation rapide des personnes présentant des symptômes suspects vers les structures sanitaires.
Des kits de lavage des mains, de désinfection et des supports de communication ont été remis aux syndicats.
Pour le ministre Dr Abdelmadjid Abderahim, la lutte contre le choléra est une responsabilité collective. Le déplacement des populations pouvant favoriser la propagation de la maladie, les transporteurs occupent une place importante dans le dispositif de prévention.
Les tradipraticiens et les communautés mobilisés

Autre volet de cette riposte : l’implication des tradipraticiens.
Le délégué provincial à la Santé publique et à la Prévention de N’Djamena, Dr Ramat Abdoulaye Abderaman, a présidé le 1er août une journée d’information et de sensibilisation destinée aux tradipraticiens.
L’objectif était notamment de renforcer leurs connaissances sur les mesures de prévention, la détection précoce et l’orientation des cas suspects.
Le message adressé aux tradipraticiens est clair : relayer des informations fiables, encourager les bonnes pratiques d’hygiène et orienter sans délai les personnes présentant des signes suspects vers les structures sanitaires.
La surveillance dépasse les frontières de N’Djamena

Le choléra ne s’arrête pas aux limites administratives.
Conscient des risques liés à la circulation des personnes et à la proximité avec des zones confrontées elles aussi à l’épidémie, le ministre de la Santé a instruit les délégations sanitaires des provinces frontalières de renforcer la surveillance épidémiologique transfrontalière.
Dans la Tandjilé, notamment, une séance de travail a réuni les responsables des services déconcentrés de l’État à Laï autour des mesures de prévention.
Le message transmis aux participants est celui d’une vigilance accrue : eau potable, lavage des mains, consommation d’aliments bien cuits, assainissement et signalement rapide de tout cas suspect.
De N’Djamena aux provinces : une riposte qui se veut nationale

La mobilisation ne concerne pas uniquement la capitale.
Dans plusieurs provinces, les services sanitaires organisent des réunions d’information, des séances de sensibilisation et des actions de préparation afin d’éviter une extension de l’épidémie.
La stratégie consiste notamment à préparer les communautés avant même l’apparition éventuelle de cas, à renforcer les capacités des agents et à améliorer la surveillance.
Cette approche est particulièrement importante dans les zones où les mouvements de population, les difficultés d’accès à l’eau potable ou les conditions d’assainissement peuvent accroître les risques.
Une coordination permanente

Les réunions techniques dirigées régulièrement par le ministre constituent un autre maillon important de la riposte.
Le 31 juillet, le 3 août et encore le 7 août, des réunions de coordination, de suivi, d’évaluation et d’orientation ont permis de faire le point sur la situation et de donner de nouvelles orientations aux équipes.
Lors de la réunion du 7 août, le ministre a salué le travail accompli tout en rappelant que la lutte contre le choléra exige « une dynamique et un mouvement d’ensemble ».
Les délégués sanitaires ont présenté la situation dans leurs différentes zones et les mesures prises pour anticiper les éventuelles évolutions.
Le ministère insiste également sur la nécessité d’une coordination étroite entre les services sanitaires, les collectivités territoriales, les partenaires, les organisations communautaires et les populations.
L’agenda santé en quelques mots

Surveillance : suivre l’évolution de l’épidémie et détecter rapidement les cas suspects.
Vaccination : protéger les populations ciblées et réduire le risque de propagation.
Prise en charge : renforcer les structures et les équipes capables d’accueillir rapidement les malades.
Laboratoires : améliorer le prélèvement, le diagnostic et la gestion des échantillons.
Hygiène et assainissement : réduire les facteurs favorisant la transmission.
Sensibilisation : informer les populations avec des messages fiables et compréhensibles.
Mobilisation communautaire : associer chefs de quartiers, autorités locales, leaders religieux et traditionnels, associations, société civile et autres acteurs.
Surveillance transfrontalière : renforcer la vigilance dans les provinces exposées aux mouvements de populations.
Notre appel : la riposte est l’affaire de tous

À travers ce récapitulatif, MEDD TV INFO TCHAD VERT souhaite mettre en lumière le travail réalisé quotidiennement par les équipes engagées dans la lutte contre le choléra.
Derrière les réunions, les formations, les campagnes de vaccination et les opérations de sensibilisation, ce sont des femmes et des hommes qui travaillent sur le terrain pour protéger leurs communautés.
Notre rédaction appelle donc la population à ne pas céder à la panique, mais à rester vigilante et à respecter scrupuleusement les consignes sanitaires communiquées par les autorités compétentes.
Le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon, la consommation d’eau potable, la bonne cuisson des aliments, la propreté de l’environnement, l’utilisation correcte des installations sanitaires et le recours rapide aux structures de santé en cas de symptômes suspects constituent des gestes essentiels.
La lutte contre le choléra ne peut pas être uniquement celle du ministère de la Santé.
Elle appartient à toute la société.
Aux autorités administratives et municipales, aux agents de santé, aux partenaires techniques et financiers, aux associations, aux leaders communautaires, aux transporteurs, aux commerçants, aux familles et à chaque citoyen.
Accompagner les agents de santé, c’est aussi protéger nos propres familles.
Alors que la situation demeure évolutive, la vigilance doit rester de mise. La meilleure riposte reste celle qui associe prévention, responsabilité, solidarité et action collective.
MEDD TV INFO TCHAD VERT — Informer, Former, Innover pour mieux Prévenir.
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