À N’Djaména, la clôture des activités d’Octobre Rose 2026 a été marquée par un appel fort à la prévention, au dépistage précoce et à la mobilisation nationale contre les cancers féminins. Présidée ce jeudi 5 novembre 2026 par le vice-Premier ministre, chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, la cérémonie a permis de présenter les avancées enregistrées et les nouvelles orientations du Tchad dans la lutte contre le cancer du sein et celui du col de l’utérus.

« Toute la nation se mobilise. Ensemble, sauvons des vies ! » C’est autour de ce thème mobilisateur que s’est déroulée cette édition d’Octobre Rose, organisée par le Programme national de lutte contre le cancer. Au-delà de la symbolique du mois consacré à la sensibilisation aux cancers féminins, cette cérémonie a surtout mis en lumière une réalité préoccupante : le diagnostic tardif demeure l’un des principaux obstacles à une prise en charge efficace des femmes atteintes de cancer.

Prenant la parole, la coordinatrice du Programme national de lutte contre le cancer, Dr Fatimé Ahmat Abderaman Haggar, a salué la présence du vice-Premier ministre, qu’elle considère comme une preuve de l’engagement du Gouvernement à intensifier la lutte contre cette maladie. Elle a dressé le bilan des activités menées durant le mois d’octobre, tout en adressant ses félicitations au personnel du programme, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’à l’ensemble des acteurs mobilisés. Elle a également exprimé sa reconnaissance au ministre de la Santé publique et de la Prévention pour son accompagnement constant.

De son côté, la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Anya Blanche, a souligné que la participation du vice-Premier ministre traduit l’importance accordée par les plus hautes autorités à la santé des populations. Elle a salué les avancées enregistrées par le Tchad dans la lutte contre les cancers, ainsi que la mobilisation des forces vives du pays. Elle a par ailleurs félicité le ministre de la Santé publique et de la Prévention pour son leadership et son attention accordée au Programme national de lutte contre le cancer.
Le diagnostic tardif, un obstacle majeur à la guérison

Dans son intervention, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a rappelé que le véritable défi des cancers féminins ne réside pas uniquement dans l’absence de solutions médicales, mais surtout dans le retard du diagnostic.
« Le problème des cancers féminins n’est pas l’absence de solution : c’est le retard du diagnostic », a-t-il expliqué.
Selon le ministre, de nombreuses femmes consultent encore lorsque la maladie a atteint un stade avancé, alors que le cancer du sein détecté précocement peut être guéri dans la grande majorité des cas.
Concernant le cancer du col de l’utérus, il a insisté sur les possibilités de prévention, rappelant que cette maladie évolue généralement sur une période de dix à vingt ans, à partir de lésions précancéreuses qui peuvent être détectées et traitées avant leur évolution.
Face à cette situation, le ministère de la Santé publique et de la Prévention, à travers le Programme national de lutte contre le cancer, entend renforcer les investissements dans la prévention et le dépistage précoce.
À cet effet, depuis octobre 2023, une unité de dépistage propose gratuitement, tout au long de l’année, des services de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, suivant l’approche recommandée par l’OMS. Les lésions précancéreuses peuvent également y être prises en charge au cours d’une même visite, a précisé le ministre.
Quatre grands chantiers pour renforcer la lutte contre les cancers

Présidant la cérémonie de clôture, le vice-Premier ministre Limane Mahamat a rappelé que les cancers du sein et du col de l’utérus constituent un enjeu majeur de santé publique au Tchad.
« Derrière chaque diagnostic, il y a une femme, une famille, un avenir bouleversé », a-t-il souligné, estimant que la réponse nationale doit être à la hauteur de cette réalité humaine et sanitaire.
Il a également rappelé que, sous l’impulsion du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le Gouvernement poursuit le renforcement du système de santé, avec pour objectif d’améliorer la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients.
Le vice-Premier ministre a évoqué plusieurs avancées enregistrées ces dernières années, notamment la mise en place du registre des cancers de N’Djaména, qui permet de mieux connaître l’évolution de la maladie et d’orienter les interventions sanitaires. À cela s’ajoutent la formation des professionnels de santé et des agents communautaires, ainsi que le développement des services de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses.
Pour consolider ces acquis, le Gouvernement entend mettre en œuvre une feuille de route alignée sur les engagements internationaux auxquels le Tchad a souscrit, notamment auprès de l’OMS. Cette stratégie repose sur quatre chantiers prioritaires :
- La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) : prévue dès 2027 pour les filles âgées de 9 à 14 ans, elle constitue un investissement majeur dans la prévention du cancer du col de l’utérus.
- L’introduction progressive du test ADN-HPV : cette méthode, plus performante, doit renforcer les capacités de dépistage et améliorer la détection des infections à risque.
- L’extension du dépistage à 13 provinces : l’objectif est de dépasser les campagnes ponctuelles pour installer progressivement une offre permanente de dépistage accessible aux femmes.
- La construction du Centre national d’Excellence en Cancérologie : inscrit au programme du Chef de l’État et financé par le Fonds koweïtien, ce projet devrait entrer prochainement dans sa phase de réalisation.
Au-delà d’Octobre Rose, faire de la prévention un engagement permanent

En rassurant les femmes confrontées à la maladie, Limane Mahamat a affirmé que la nation reste à leurs côtés. Un message qui rappelle que la lutte contre le cancer ne doit pas se limiter à un mois de sensibilisation, à des cérémonies officielles ou à des campagnes de communication.
Elle exige une mobilisation continue des pouvoirs publics, des professionnels de santé, des partenaires, des organisations de la société civile, des médias et des communautés.
La clôture d’Octobre Rose 2026 ouvre ainsi une nouvelle étape : transformer les engagements annoncés en actions concrètes, rapprocher les services de dépistage des populations et encourager les femmes à consulter sans attendre l’apparition de symptômes inquiétants.
Car, face aux cancers féminins, le temps compte. Informer, prévenir et dépister à temps peuvent faire toute la différence entre un diagnostic tardif et une véritable chance de guérison.
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