N’Djamena, 28 août 2026 — Le Centre National de Recherche pour le Développement (CNRD) et l’Institut Africain de la Réflexion Stratégique (IARS) franchissent une nouvelle étape dans leur volonté de rapprocher recherche scientifique, réflexion stratégique et production de connaissances au service du développement. Une convention de partenariat a été signée ce vendredi 28 août 2026 au siège du CNRD, à N’Djamena.

L’accord a été signé au nom du CNRD par le Pr. Mahamoud Youssouf Khayal, Directeur Général du Centre National de Recherche pour le Développement, et, pour l’IARS, par Issa Abakar Mahamat, représentant de l’IARS au Tchad, au nom de Loukman Konaté, Président de l’Institut.
La cérémonie s’est déroulée en présence de membres, responsables et collaborateurs des deux institutions, témoignant de leur volonté commune de donner un contenu concret à cette nouvelle coopération.
Une alliance entre recherche et réflexion stratégique

Dans son intervention, le Directeur Général du CNRD a souligné l’importance de cette collaboration pour renforcer la portée de la recherche scientifique tchadienne et son ouverture sur les grands débats stratégiques du continent.
Selon le Pr. Mahamoud Youssouf Khayal, le CNRD, placé sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, œuvre notamment à mettre la recherche scientifique et l’innovation au service du développement du Tchad.
Il a notamment évoqué les enjeux liés à la souveraineté numérique, aux infrastructures connectées et à la formation des chercheurs, tout en insistant sur la nécessité pour les institutions scientifiques de travailler en réseau.
Pour lui, le partenariat avec l’IARS constitue précisément une opportunité d’élargir cette dynamique, en permettant au CNRD de participer davantage aux espaces de réflexion stratégique à l’échelle africaine.
« Ce partenariat n’est donc pas une simple formalité administrative », a souligné le Directeur Général du CNRD, qui y voit l’expression d’une conviction partagée : la recherche scientifique et la réflexion stratégique doivent se nourrir mutuellement.
L’IARS entend faire de la convention un outil de coopération concrète

Prenant la parole au nom de l’IARS et de son Président, Issa Abakar Mahamat s’est, pour sa part, réjoui de la signature de cette convention, qu’il considère comme bien plus qu’un simple document institutionnel.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer les passerelles entre chercheurs, experts, institutions scientifiques et acteurs de la décision, face aux défis auxquels sont confrontés les États africains.
« La signature n’est pas une finalité : elle marque le début d’une collaboration concrète, utile et durable », a-t-il déclaré en substance.
L’IARS entend ainsi accompagner la mise en œuvre de l’accord à travers la production d’analyses, l’organisation de conférences et de séminaires, le partage d’expertise, le développement de l’intelligence économique et la mise en réseau des compétences.
Des domaines de coopération clairement définis

Le Mémorandum d’Entente (MoU) conclu entre les deux institutions prévoit plusieurs axes de collaboration.
Il porte notamment sur la production de livrables communs, la participation conjointe à des consultations et études, ainsi que la réalisation de travaux d’analyse et de veille stratégique.
La convention prévoit également un appui mutuel dans la production et la diffusion d’articles consacrés aux enjeux stratégiques du Tchad, de l’Afrique et du monde. Les contenus produits par l’une des parties pourront être relayés par les canaux de communication de l’autre, lorsqu’ils correspondent à leurs domaines d’intervention.
Les deux institutions pourront également organiser conjointement des conférences, séminaires, ateliers et colloques, tout en favorisant la diffusion du concept d’intelligence économique et l’identification d’experts et de contributeurs spécialisés.
Le texte prévoit enfin le développement du networking entre les membres, personnels et partenaires des deux institutions, afin de favoriser la circulation des compétences et la création de nouvelles opportunités de coopération.
Une convention de quatre ans renouvelable

Le partenariat est prévu pour une durée de quatre ans, avec possibilité de renouvellement. Il ne crée pas d’obligation financière automatique entre les deux parties, chacune prenant en charge les dépenses liées à son personnel mobilisé dans les activités communes, sauf accord spécifique.
Les projets conjoints pourront toutefois faire l’objet de cofinancements ou d’une mobilisation de partenaires extérieurs, selon des modalités convenues entre les deux institutions.
Une attention particulière est également accordée à la confidentialité des informations stratégiques ou sensibles échangées dans le cadre de la coopération.
Le Tchad au cœur des débats stratégiques africains

À travers cette convention, le CNRD et l’IARS ambitionnent de créer un cadre permettant de mieux valoriser la recherche, l’expertise et les compétences nationales dans les débats portant sur l’avenir du continent.
Pour le CNRD, l’enjeu est notamment de renforcer la contribution de la recherche scientifique aux politiques publiques et aux choix stratégiques du pays. Pour l’IARS, cette coopération offre une nouvelle possibilité de rapprocher son réseau panafricain d’experts des réalités et compétences scientifiques tchadiennes.
L’Institut Africain de la Réflexion Stratégique se présente comme un think & do tank indépendant consacré à l’analyse, à la recherche et à la production de connaissances stratégiques. Ses domaines d’intervention couvrent notamment l’intelligence économique, la géopolitique, la géostratégie et la veille stratégique.
L’institut organise notamment le Débat Africain de l’Intelligence Économique (DAIE), qui réunit décideurs, chercheurs, experts et acteurs économiques autour des grands enjeux stratégiques du continent.
Transformer la signature en résultats

Au-delà de la cérémonie, les deux parties devront désormais donner vie aux engagements contenus dans le MoU. Production d’analyses, rencontres scientifiques, échanges d’expertise, formation et mise en réseau constituent autant de pistes susceptibles de traduire cette volonté politique et institutionnelle en résultats concrets.
Pour le CNRD comme pour l’IARS, l’ambition est claire : faire de la connaissance, de la recherche et de la réflexion stratégique des leviers de développement, de souveraineté et d’anticipation pour le Tchad et pour l’Afrique.
La convention signée à N’Djamena ouvre ainsi une nouvelle page de coopération entre une institution scientifique nationale et un acteur panafricain de la réflexion stratégique. Reste désormais à transformer cette entente en actions, en compétences partagées et en productions utiles à la décision.
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