N’Djamena, 2 septembre 2026 — Le Gouvernement tchadien et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont engagé, ce mercredi 2 septembre à N’Djamena, une revue à mi-parcours de leur Plan de travail conjoint 2026. Organisé au Radisson Blu sous l’égide du ministère de la Santé publique et de la Prévention, cet atelier constitue une étape importante pour évaluer les progrès réalisés au cours du premier semestre et identifier les ajustements nécessaires pour accélérer la mise en œuvre des priorités sanitaires nationales.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Dr Toralta Joséphine, Secrétaire générale du ministère de la Santé publique et de la Prévention, représentant le ministre empêché. Elle a réuni la représentante de l’OMS au Tchad, Dr Blanche Anya, des responsables du ministère, des représentants des autres départements ministériels, des programmes nationaux de santé, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Un exercice de redevabilité et d’ajustement

Dans son discours d’ouverture, Dr Toralta Joséphine a présenté cette revue comme un moment stratégique de réflexion collective, de redevabilité et d’ajustement.
L’objectif est notamment d’examiner les résultats obtenus au cours des six premiers mois de 2026, d’identifier les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des interventions prioritaires et de dégager des solutions concrètes pour atteindre les objectifs fixés d’ici à la fin de l’année.
Pour la Secrétaire générale, le système de santé tchadien reste confronté à plusieurs défis, notamment la résilience face aux urgences sanitaires, la coordination multisectorielle, la mobilisation et l’utilisation efficiente des ressources, ainsi que l’intégration des interventions à différents niveaux de la pyramide sanitaire.
Elle a ainsi appelé les participants à privilégier des échanges « francs, constructifs et orientés vers des résultats concrets », afin que les conclusions de l’atelier débouchent sur un plan d’action ajusté, réaliste et réalisable pour le second semestre 2026.
Des avancées enregistrées au premier semestre

Prenant la parole à son tour, la représentante de l’OMS au Tchad, Dr Blanche Anya, a salué les progrès enregistrés grâce au leadership du Gouvernement, à l’engagement des professionnels de santé, à la mobilisation des acteurs nationaux et à l’appui des partenaires techniques et financiers.
Selon elle, ces avancées s’inscrivent dans les trois grands objectifs stratégiques du Quatorzième Programme général de travail de l’OMS (PGT14) : promouvoir la santé, garantir la santé et protéger les populations face aux urgences sanitaires.
Dans le domaine de la promotion de la santé, l’OMS indique avoir accompagné plusieurs organisations et sociétés savantes dans les campagnes de sensibilisation, de dépistage et d’orientation consacrées notamment au cancer, à l’hypertension artérielle, au diabète et à la drépanocytose.
La communication numérique a également occupé une place importante. Plus de 800 volontaires en ligne auraient été mobilisés, permettant de toucher près de 1,6 million de personnes à travers différentes campagnes consacrées notamment à la Journée mondiale de la santé, à la lutte contre le tabagisme et au don de sang.
Vaccination : près de sept millions d’enfants ciblés contre la polio

La vaccination figure parmi les autres résultats mis en avant lors de cette revue.
La représentante de l’OMS a notamment souligné les performances enregistrées dans le cadre du Programme élargi de vaccination, avec une couverture du vaccin pentavalent 3 annoncée à plus de 100 %.
Par ailleurs, près de sept millions d’enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés contre la poliomyélite lors de deux passages de campagne organisés en mai et juin 2026. Ces opérations ont été associées à des interventions de supplémentation en vitamine A et de déparasitage.
L’opérationnalisation du Centre d’Intelligence des Données a également été présentée comme une avancée destinée à renforcer la prise de décision fondée sur des données et des éléments probants.
Protection sociale et accès aux soins : des efforts en faveur des populations vulnérables

La coopération entre le Tchad et l’OMS porte également sur l’amélioration de l’accès aux soins et la progression vers la couverture sanitaire universelle.
Dans ce cadre, l’extension progressive de la protection sociale en santé s’est traduite, selon l’OMS, par l’enrôlement de 1 000 bénéficiaires supplémentaires dans trois districts pilotes du régime d’assurance maladie destiné aux personnes économiquement démunies.
Une attention particulière continue également d’être accordée aux populations vulnérables vivant dans l’est du pays et dans les zones difficiles d’accès, avec le maintien des services essentiels grâce aux efforts conjoints du Gouvernement, de l’OMS, des agences des Nations unies et des autres partenaires.
Urgences sanitaires : renforcer la préparation et la réponse
Le troisième axe de la coopération concerne la protection des populations face aux urgences sanitaires.
L’OMS et ses partenaires ont notamment contribué au renforcement de la préparation à une éventuelle épidémie d’Ebola et à la riposte contre le choléra, avec la mise à disposition de médicaments, de kits d’urgence, de réactifs, d’équipements et de moyens logistiques.
Le renforcement de la surveillance sanitaire figure également parmi les priorités, avec la mise en place d’un modèle intégré visant à mieux coordonner les différentes composantes du système de surveillance.
Dans l’approche « One Health » — Une seule santé, l’OMS et plusieurs partenaires ont accompagné la révision du Plan d’action national de sécurité sanitaire ainsi que l’élaboration de la stratégie nationale One Health. Une démarche qui vise à renforcer la collaboration entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale face aux risques sanitaires.
Des défis qui restent importants
Malgré les résultats présentés, les responsables reconnaissent que les défis demeurent nombreux.
L’afflux continu de réfugiés et de retournés, la récurrence des épidémies, les effets du changement climatique, les contraintes de financement, les fragilités persistantes du système de santé et les difficultés d’accès à certaines zones continuent de peser sur l’offre de soins.
Pour Dr Blanche Anya, ces contraintes imposent de mieux hiérarchiser les interventions à fort impact, d’optimiser les ressources disponibles et de renforcer la redevabilité autour des résultats.
La revue à mi-parcours doit donc aller au-delà d’un simple exercice administratif. Elle doit permettre de transformer les constats en décisions et les recommandations en actions concrètes.
Accélérer les résultats pour le second semestre
Durant les travaux, les participants sont appelés à examiner les engagements pris, à identifier les goulots d’étranglement et à proposer des mesures correctives adaptées.
L’innovation, l’adaptation aux réalités du terrain, la coordination entre les différents acteurs et la mutualisation des ressources figurent également parmi les leviers à renforcer.
Au-delà des indicateurs et des plans de travail, le message porté par l’OMS et le ministère de la Santé publique et de la Prévention reste centré sur un objectif essentiel : améliorer concrètement l’accès des femmes, des hommes et des enfants vivant au Tchad à des services de santé de qualité.
Cette revue constitue ainsi un rendez-vous important pour mesurer le chemin parcouru, corriger les insuffisances et préparer la seconde moitié de l’année 2026. Elle doit également contribuer à nourrir les futurs cycles de coopération entre le Tchad et l’OMS, dans le cadre du document de coopération pays 2024-2027.
La rencontre s’inscrit enfin dans une dynamique de responsabilité partagée entre l’État, l’OMS, les partenaires techniques et financiers, les professionnels de santé et les autres acteurs intervenant dans le secteur.
Objectif affiché : transformer les acquis du premier semestre en résultats plus visibles et plus durables pour les populations.
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