SÉCURITÉ SANITAIRE : LE TCHAD PASSE AU CRIBLE SON SYSTÈME NATIONAL DE LABORATOIRES POUR MIEUX ANTICIPER LES ÉPIDÉMIES

Ecrit par MEDD TV INFO

août 31, 2026

N’Djamena, 31 août 2026 — Détecter plus tôt, diagnostiquer plus vite et mieux coordonner la riposte : c’est l’enjeu majeur de l’atelier national d’évaluation des systèmes de laboratoires de santé humaine et animale, ouvert ce lundi à N’Djamena. Pendant cinq jours, jusqu’au 4 septembre, les experts et responsables tchadiens vont examiner les forces, les insuffisances et les besoins prioritaires du dispositif national de laboratoire.

Organisée dans le cadre du Projet de Sécurité Sanitaire en Afrique centrale (HeSP-CEMAC), avec l’appui financier de la Banque mondiale et l’accompagnement technique de l’organisation Integrated Quality Laboratory Services (IQLS), cette rencontre réunit les principaux acteurs des secteurs de la santé humaine et animale.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Dr Hamid Mahamat Ahmat, Secrétaire général adjoint du ministère de la Santé publique et de la Prévention, en présence notamment du Dr Hota Mathieu, Directeur des Laboratoires, du Dr Abdoulaye Nikiema, représentant de l’IQLS, de M. Thierry Madjitoloum Toina, Coordonnateur de l’Unité de Coordination des Projets Santé, ainsi que de M. Augustin Habimana, représentant du Coordonnateur régional du projet HeSP-CEMAC.

Un diagnostic sans complaisance pour renforcer la riposte

Dans son intervention, le Dr Hota Mathieu a rappelé que l’objectif principal de l’exercice est de dresser un état des lieux objectif et partagé des capacités des laboratoires tchadiens, aussi bien dans le domaine de la santé humaine que dans celui de la santé animale.

Pour les organisateurs, cette évaluation constitue un préalable indispensable. « On ne peut pas renforcer efficacement ce que l’on n’a pas préalablement évalué », a en substance souligné M. Augustin Habimana dans son discours au nom de la coordination régionale.

Les menaces sanitaires auxquelles sont confrontés les pays de la CEMAC — choléra, Mpox, fièvre jaune, maladies à virus Ebola et Marburg, ainsi que diverses zoonoses émergentes — rappellent en effet l’importance de disposer de laboratoires capables de produire rapidement des résultats fiables.

La pandémie de COVID-19 a également mis en évidence une réalité préoccupante : la dépendance à l’égard de capacités d’analyse situées hors de la sous-région peut entraîner des délais supplémentaires et fragiliser la capacité de réaction face aux crises.

Santé humaine, santé animale et environnement : une seule bataille

Au cœur de l’atelier se trouve l’approche « Une seule santé », qui considère que la santé des populations, la santé animale et la protection de l’environnement sont étroitement liées.

Cette approche entend notamment rompre avec le cloisonnement traditionnel entre les différents secteurs. Les évaluations externes conjointes réalisées dans l’espace sous-régional ont déjà mis en évidence plusieurs défis : des capacités de détection encore limitées, une gestion des biorisques à consolider et une collaboration intersectorielle à renforcer.

Pour le représentant du Coordonnateur régional, la réponse passe donc par une meilleure coopération entre les secteurs et par la construction progressive d’un véritable réseau régional de laboratoires.

Cinq jours pour examiner le système de fond en comble

Selon le chronogramme des travaux, l’évaluation se déroule du 31 août au 4 septembre 2026 à N’Djamena. Les participants vont notamment passer en revue la gouvernance et l’organisation du système de laboratoires, le management de la qualité, les ressources humaines, les équipements, les approvisionnements, la gestion des échantillons, les systèmes d’information et de communication, ainsi que la biosécurité et la biosûreté.

Deux volets seront conduits en parallèle : la santé humaine et la santé animale.

Les experts procéderont également à une évaluation sur site des laboratoires centraux humain et vétérinaire. L’objectif est d’identifier concrètement les principaux goulots d’étranglement et de dégager des priorités d’investissement.

Vers une feuille de route nationale « Une seule santé »

Dans son discours d’ouverture, le Dr Hamid Mahamat Ahmat a insisté sur la nécessité de tirer des conclusions opérationnelles de cet exercice. Les travaux doivent notamment aboutir à une feuille de route concertée et à un plan d’action intersectoriel « Une seule santé », adaptés aux réalités du Tchad.

Le responsable du ministère de la Santé a appelé les participants à travailler avec rigueur, objectivité et sans complaisance, rappelant que les conclusions de l’évaluation pourront servir de base aux futures orientations et aux investissements stratégiques dans les domaines de la biologie médicale humaine et vétérinaire.

Cette démarche s’inscrit, selon les autorités, dans les orientations nationales en matière de santé publique, notamment le Chantier 10 des « 12 Chantiers et 100 Actions », consacré à la santé publique, à la protection sociale et au renforcement de l’offre de soins.

Un enjeu qui dépasse les laboratoires

Derrière les équipements, les normes et les procédures, l’enjeu est avant tout humain. Lorsqu’une épidémie survient, chaque heure compte. La capacité à prélever correctement un échantillon, à le transporter dans de bonnes conditions, à réaliser rapidement une analyse fiable et à transmettre l’information aux décideurs peut faire la différence entre une alerte maîtrisée et une crise sanitaire majeure.

Pour le Tchad, cette évaluation représente donc une occasion de regarder lucidement les capacités existantes, de corriger les insuffisances et de préparer l’avenir.

À travers l’appui de la Banque mondiale, du projet HeSP-CEMAC et l’expertise de l’IQLS, les autorités tchadiennes veulent ainsi poser les bases d’un système de laboratoires plus performant, mieux connecté et capable de contribuer efficacement à la sécurité sanitaire nationale et régionale.

Les résultats de ces cinq jours seront particulièrement attendus : ils devront permettre de transformer le diagnostic en actions concrètes, au service d’une meilleure prévention et d’une réponse plus rapide aux futures menaces sanitaires.

MEDD TV INFO TCHAD VERT

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