N’Djamena, 15 octobre 2026 – Le Tchad renforce ses capacités de prévention et de riposte aux urgences sanitaires. Une dotation d’équipements de biosécurité et de biosûreté, accompagnée de 60 motos, d’une valeur globale annoncée de près de 157 millions de francs CFA, a été officiellement remise ce jeudi au ministère de la Santé publique et de la Prévention. Financée par le Pandemic Fund, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette initiative vise à améliorer la sécurité des laboratoires, la surveillance épidémiologique et la rapidité des interventions sur le terrain.

Des laboratoires mieux équipés pour protéger les populations
Face aux risques d’épidémies et aux menaces sanitaires émergentes, la capacité à détecter rapidement les agents pathogènes et à manipuler les échantillons biologiques dans des conditions sûres constitue un enjeu majeur de santé publique.
Les équipements remis sont destinés à quatre structures : le Laboratoire de biosûreté et des épidémies (LaBiEp), le laboratoire du Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Abéché, l’Institut de recherche en élevage pour le développement (IRED) et le Centre de contrôle de la qualité des denrées alimentaires (CECOQDA).
La dotation comprend notamment des hottes à flux laminaire, des armoires de sécurité biologique, des systèmes de ventilation, des autoclaves pour le traitement des déchets, des centrifugeuses à rotor étanche ainsi que des réfrigérateurs et congélateurs destinés à la conservation des échantillons.
Des équipements de protection individuelle, notamment des blouses, des lunettes de sécurité et des écrans faciaux, complètent ce dispositif. Des conteneurs spécialisés, des produits de désinfection et des dispositifs de décontamination doivent également contribuer à limiter les risques de contamination et d’exposition aux agents biologiques.
Au-delà du matériel, l’objectif est de garantir des conditions de travail plus sûres aux professionnels, de renforcer la fiabilité des analyses et d’améliorer la qualité du diagnostic.
60 motos pour rapprocher la surveillance sanitaire du terrain

L’autre volet important de cette dotation concerne la mobilité des équipes chargées de la surveillance épidémiologique.
Au total, 60 motos sont mises à la disposition des services de santé humaine et animale, dont 35 destinées aux points focaux de la surveillance épidémiologique du secteur de la santé animale et 25 au ministère de la Santé publique et de la Prévention.
Sur ces 25 motos, 20 sont affectées aux points d’entrée, deux à la prévention et au contrôle des infections, et trois au Centre multisectoriel de réception des échantillons et/ou au LaBiEp.
Ces moyens roulants doivent faciliter les déplacements des agents, l’investigation des alertes sanitaires, la collecte des prélèvements et leur acheminement vers les structures compétentes.
L’association des équipements de laboratoire et des moyens de mobilité vise ainsi à renforcer toute la chaîne de surveillance sanitaire : de la détection d’un événement suspect sur le terrain jusqu’à l’analyse des échantillons et à la mise en œuvre de la riposte.
L’OMS insiste sur l’approche « Une seule santé »

Prenant la parole au cours de la cérémonie, la représentante de l’OMS au Tchad, Dre Blanche Anya, a souligné l’importance de disposer à la fois de laboratoires performants et de capacités opérationnelles permettant d’intervenir rapidement face aux alertes sanitaires.
Elle a rappelé que la sécurité sanitaire repose sur la complémentarité entre la détection des menaces biologiques, la surveillance sur le terrain et la capacité de réaction des services concernés.
La remise simultanée d’équipements aux structures de santé humaine et animale illustre également l’approche « Une seule santé », qui reconnaît les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement.
Pour l’OMS, la prévention et la maîtrise des risques sanitaires nécessitent une collaboration étroite entre les services de santé, les services vétérinaires, les laboratoires et les équipes de surveillance.
La représentante a par ailleurs invité les structures bénéficiaires à veiller à la bonne utilisation, à l’entretien et à la pérennisation des équipements afin que cet investissement produise des résultats durables au bénéfice des populations.
Le ministère appelle à une gestion rigoureuse des équipements

Au nom du ministre de la Santé publique et de la Prévention, la secrétaire générale du ministère, Dr Toralta Joséphine Nodjitoloum, a procédé à la réception officielle de la dotation.
Dans son allocution, elle a rappelé que la sécurité sanitaire d’un pays dépend autant de sa capacité à répondre aux épidémies que de son aptitude à les prévenir, à les détecter précocement et à protéger les professionnels qui interviennent.
Elle a également souligné la complémentarité entre la biosécurité, qui vise à prévenir les expositions accidentelles et les contaminations, et la biosûreté, qui contribue à prévenir les accès non autorisés, les pertes et les usages inappropriés d’agents biologiques.
Pour la secrétaire générale, ces équipements et moyens roulants ne doivent pas être considérés comme de simples acquisitions, mais comme des outils devant contribuer concrètement au renforcement de la sécurité sanitaire nationale.
Elle a ainsi appelé les responsables des structures bénéficiaires à assurer une réception technique rigoureuse, un inventaire précis, une affectation traçable des matériels, la formation des utilisateurs et la mise en place d’un dispositif de maintenance préventive.
L’enjeu est de garantir que chaque équipement demeure opérationnel et contribue effectivement à la prévention des risques, à la fiabilité des analyses et à la rapidité des interventions.
Un investissement à traduire en résultats concrets

Cette initiative s’inscrit dans les efforts engagés par les autorités tchadiennes et leurs partenaires pour renforcer les capacités nationales de préparation et de réponse aux urgences sanitaires.
La secrétaire générale du ministère a exprimé la reconnaissance du Gouvernement à l’OMS et à l’ensemble des partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet Pandemic Fund. Elle a réaffirmé l’engagement du ministère à accompagner les structures concernées afin que cet appui se traduise par une amélioration durable des pratiques professionnelles et de la protection des populations.
Le défi est désormais de transformer cette dotation en résultats mesurables : des laboratoires plus sûrs, des alertes détectées plus rapidement, des échantillons transportés dans de meilleures conditions et des équipes capables d’intervenir sans délai.
Car en matière de santé publique, la préparation ne commence pas au moment où survient une épidémie. Elle se construit en amont, grâce à des équipements adaptés, des professionnels formés, une surveillance efficace et une coopération renforcée entre les secteurs de la santé humaine et animale.
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