N’Djamena accueille un atelier régional consacré à la préparation du Programme intégré de résilience des systèmes alimentaires et de l’emploi des jeunes au Sahel (PIRSA/EJ-Sahel). L’initiative ambitionne de restaurer un million d’hectares de terres dégradées, de soutenir les femmes et les jeunes et de renforcer la résilience des communautés sahéliennes face aux défis environnementaux et alimentaires.

Le Tchad renforce son engagement en faveur de la restauration des terres, de la sécurité alimentaire et de l’emploi des jeunes. Ce mardi 20 octobre 2026, à N’Djamena, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a procédé à l’ouverture des travaux de l’atelier régional consacré à la préparation du PIRSA/EJ-Sahel.
Cette rencontre réunit des représentants du Tchad, du Mali et de la Mauritanie autour d’un objectif commun : élaborer un programme capable d’apporter des réponses durables aux défis qui fragilisent les populations sahéliennes, notamment la dégradation des terres, l’insécurité alimentaire, le chômage des jeunes et les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles.
Restaurer les terres et offrir des perspectives aux jeunes

Conçu par l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, avec l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD), le PIRSA/EJ-Sahel porte des ambitions importantes pour le développement durable de la région.
Le programme prévoit de toucher environ deux millions de bénéficiaires directs, avec une attention particulière accordée aux femmes, qui devraient représenter au moins 50 % des bénéficiaires, et aux jeunes, qui en constitueraient 40 %.
Au-delà de cet objectif social, le programme entend contribuer à la restauration d’un million d’hectares de terres dégradées. Il prévoit également la création de 100 000 emplois et le renforcement de 5 000 entreprises dirigées par des jeunes et des femmes.
La sécurisation des couloirs de transhumance transfrontaliers figure aussi parmi les priorités. Cette approche vise notamment à réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs, en favorisant une gestion plus concertée des ressources naturelles.
Ces objectifs placent la restauration des écosystèmes au cœur d’une stratégie qui associe protection de l’environnement, développement économique et cohésion sociale.
Le Tchad réaffirme son engagement régional

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, du secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, Almoustapha Garba, du responsable pays de la BAD, Francis Dogo, ainsi que du représentant résident du Programme alimentaire mondial (PAM), Jean-Noël Gentile.
En ouvrant les travaux, le ministre Hassan Bakhit Djamous a souligné l’engagement du Tchad dans cette dynamique régionale, notamment à travers l’Agence nationale de la Grande Muraille verte.
Il a assuré de la détermination du pays à contribuer pleinement à la mise en œuvre de cette initiative, qui s’inscrit dans les efforts visant à préserver les ressources naturelles et à améliorer les conditions de vie des populations.
Pour les pays sahéliens, confrontés à la dégradation des sols et aux pressions exercées sur les ressources naturelles, la réussite d’un tel programme repose notamment sur la coordination entre les États, l’implication des communautés locales et la création d’activités économiques durables.
Une étape décisive avant la mobilisation des financements
L’atelier de N’Djamena constitue une étape importante dans le processus de finalisation du PIRSA/EJ-Sahel. Les travaux doivent permettre de consolider le programme avant sa soumission à l’appel à projets du Fonds africain de développement (FAD-17), prévu en novembre prochain.
Les échanges devraient ainsi contribuer à préciser les orientations du programme et à renforcer sa cohérence avec les priorités de développement des pays concernés.
Les travaux prendront fin le 21 octobre 2026.
Au-delà des engagements annoncés, l’enjeu sera de traduire ces ambitions en résultats concrets pour les populations : des terres restaurées, des emplois durables pour les jeunes, davantage d’opportunités pour les femmes et une meilleure coexistence entre les communautés rurales. Pour le Sahel, la résilience environnementale et alimentaire constitue un levier essentiel pour construire un avenir plus stable et durable.
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