La Commune de N’Djaména a officiellement réceptionné le bâtiment réhabilité et les équipements du Corps des Bénévoles, dans le cadre du Projet d’Appui Crise et Inondations à la mairie de N’Djaména (PACIN). Financé à hauteur de 1,5 million d’euros par l’Agence française de développement (AFD), ce projet vise à renforcer les capacités locales de prévention et de réponse aux inondations. Pour l’ambassadeur de France au Tchad, Éric Gérard, cette réalisation illustre l’importance d’une coopération qui associe infrastructures, renforcement des capacités et engagement citoyen.

N’Djaména, 21 octobre 2026. Face aux inondations qui menacent régulièrement les habitations, les infrastructures et les moyens de subsistance des populations, le renforcement des capacités locales de prévention et d’intervention constitue un enjeu majeur pour la capitale tchadienne. La réception officielle de la Maison des Bénévoles marque une nouvelle étape dans l’organisation de la réponse communautaire aux situations d’urgence.
La cérémonie s’est déroulée en présence du maire de la ville de N’Djaména, Senoussi Hassana Abdoulaye, de l’ambassadeur de France au Tchad, Éric Gérard, ainsi que des représentants de l’Agence française de développement, de la Croix-Rouge française, de la Croix-Rouge du Tchad et des autres parties prenantes du projet.
Au-delà de la remise d’un bâtiment réhabilité et équipé, cette réalisation vise à offrir au Corps des Bénévoles un cadre de travail adapté à ses missions de coordination, de préparation et de mobilisation au service des populations.
Une Maison pour mieux organiser les bénévoles

Avec plus de 5 000 membres mobilisés à travers les dix communes d’arrondissement de la capitale, le Corps des Bénévoles de N’Djaména représente une force citoyenne importante.
Les bénévoles participent à différentes actions communautaires, notamment la sensibilisation, la prévention des risques et les initiatives de solidarité. Leur connaissance du terrain et leur proximité avec les habitants constituent des atouts pour identifier les besoins et contribuer à une réponse adaptée.
La réhabilitation du siège du Corps des Bénévoles et sa dotation en équipements visent à améliorer les conditions de travail et la coordination de ces équipes.
Le bâtiment comprend notamment des bureaux aménagés, une salle de réunion, des installations sanitaires et un système d’alimentation en eau potable. Du mobilier et des équipements informatiques ont également été mis à disposition.

« Le développement durable repose sur la capacité des institutions et des citoyens à agir ensemble »
Dans son allocution, l’ambassadeur de France au Tchad, Éric Gérard, a souligné la portée de cette réalisation, qui s’inscrit dans une conception du développement fondée sur la coopération entre les institutions et les communautés.
« Le développement durable repose autant sur la qualité des équipements que sur la capacité des institutions et des citoyens à agir ensemble pour répondre aux besoins des populations », a-t-il déclaré.
Cette approche place les collectivités territoriales et les acteurs communautaires au cœur des politiques de prévention des risques. Proches des habitants, ils sont en première ligne pour identifier les vulnérabilités, sensibiliser les familles et faciliter l’organisation des interventions lorsque surviennent les catastrophes.
Pour le diplomate français, la construction de la résilience ne peut donc pas se limiter à la réalisation d’infrastructures. Elle suppose également de renforcer les capacités humaines, d’améliorer la coordination des équipes et de donner aux acteurs de terrain les moyens d’accomplir efficacement leurs missions.
Cette vision trouve une application concrète dans la Maison des Bénévoles, appelée à devenir un espace de préparation et de coordination des interventions.
Les inondations, un défi majeur pour la capitale tchadienne

Dans son discours, Éric Gérard a rappelé que N’Djaména demeure particulièrement exposée aux inondations provoquées aussi bien par les pluies que par les crues fluviales.
Ces phénomènes peuvent entraîner des pertes matérielles, fragiliser les infrastructures, perturber les activités économiques et aggraver les difficultés des ménages les plus vulnérables.
Face à ces risques, l’ambassadeur a insisté sur la nécessité de renforcer la prévention, la préparation et l’anticipation, tout en améliorant les capacités d’intervention des acteurs locaux.
« Face à ces risques, s’il faut bien sûr renforcer la prévention, améliorer la préparation et l’anticipation, il est indispensable de donner aux acteurs de terrain les moyens d’intervenir efficacement », a-t-il affirmé.
Cette déclaration souligne un enjeu essentiel pour la gestion des catastrophes : la rapidité et l’efficacité de la réponse dépendent aussi de la préparation en amont, de la disponibilité des équipements et de la bonne organisation des équipes.
Dans une ville régulièrement confrontée aux conséquences des inondations, la mobilisation des bénévoles peut ainsi contribuer à renforcer les mécanismes de solidarité et à mieux protéger les populations exposées.
S’adressant aux bénévoles, l’ambassadeur de France a salué leur engagement citoyen et leur contribution à la protection des populations.
Il a notamment rappelé leur rôle auprès des familles touchées par les inondations, mais aussi leur participation à d’autres initiatives communautaires, comme les opérations de nettoyage des cours d’écoles et de lycées en préparation de la rentrée scolaire.
« Vous connaissez les réalités des quartiers et les besoins des populations. Votre proximité avec elles constitue un atout majeur pour identifier les vulnérabilités et organiser une réponse adaptée », a-t-il souligné.
Pour le diplomate, la Maison des Bénévoles doit permettre de renforcer cette capacité d’action grâce à une organisation plus efficace et à une meilleure coordination avec les autorités compétentes et les services de secours.
PACIN : 1,5 million d’euros pour renforcer la résilience locale

La réalisation de cette infrastructure s’inscrit dans le Projet d’Appui Crise et Inondations à la mairie de N’Djaména (PACIN), financé par l’Agence française de développement à hauteur de 1,5 million d’euros.
Le projet est mis en œuvre par la Croix-Rouge française, en partenariat avec la Croix-Rouge du Tchad et en lien avec les autorités municipales.
Il vise principalement à renforcer les capacités de prévention, de préparation et de réponse aux inondations, notamment au niveau de la mairie de N’Djaména et du 9ᵉ arrondissement, à travers des actions de renforcement des capacités et des interventions ciblées de réduction des risques.
Selon les informations communiquées sur le projet, les activités menées ont contribué à la formation et à l’équipement d’environ 1 000 bénévoles et acteurs communautaires, à l’identification des vulnérabilités des populations exposées ainsi qu’à la réalisation d’actions ciblées de mitigation.
La réhabilitation du bâtiment mis à disposition par la mairie constitue l’une des réalisations concrètes du PACIN. Elle comprend des travaux d’aménagement ainsi que la mise à disposition de mobilier et d’équipements informatiques destinés à l’équipe de coordination du Corps des Bénévoles.
Cette infrastructure doit contribuer à consolider les dispositifs locaux de gestion de crise et à améliorer la capacité des équipes à préparer et coordonner leurs interventions.
La coopération française mise sur les collectivités locales

Au-delà du PACIN, l’ambassadeur de France a rappelé que l’accompagnement des collectivités territoriales constitue un axe important de la coopération française au Tchad.
À travers l’Agence française de développement, la France intervient notamment dans les domaines de l’accès à l’eau potable, de l’assainissement, de l’aménagement urbain, de la protection de l’environnement et du renforcement de la résilience face aux effets du changement climatique.
À N’Djaména, cet accompagnement comprend également le soutien au Projet d’appui aux communes et aux acteurs locaux pour la gestion des risques d’inondation (PACAJ), financé à hauteur de 15 millions d’euros, ainsi qu’un projet d’alimentation en eau potable bénéficiant d’un financement de 30 millions d’euros, dont 15 millions d’euros de fonds délégués par l’Union européenne.
Ces initiatives répondent à des besoins essentiels tout en participant à une ambition plus large : accompagner le développement urbain de la capitale et renforcer sa capacité à faire face aux défis environnementaux et climatiques.
Pour Éric Gérard, ces investissements doivent s’inscrire dans la durée et contribuer à la mise en place de solutions adaptées aux réalités locales.
La remise de la Maison des Bénévoles traduit également, selon lui, la confiance accordée à la Commune de N’Djaména pour assurer la pérennité de cet investissement et veiller à son utilisation au bénéfice de la population.
L’enjeu ne réside donc pas uniquement dans la disponibilité d’une infrastructure, mais aussi dans sa gestion, son entretien et sa capacité à répondre durablement aux besoins des bénévoles et des communautés.
Un investissement dont l’impact dépendra de son utilisation

En réceptionnant officiellement ce bâtiment, la Commune de N’Djaména dispose d’un nouvel outil pour organiser les activités du Corps des Bénévoles et renforcer les mécanismes locaux de prévention des catastrophes.
Toutefois, la portée de cette réalisation se mesurera également à sa capacité à produire des résultats concrets : une meilleure préparation des équipes, une coordination renforcée, des interventions plus efficaces et une protection accrue des personnes les plus exposées.
La formation continue des bénévoles, la disponibilité des équipements, la coordination avec les services de secours et l’entretien des installations seront déterminants pour atteindre ces objectifs.
L’ambassadeur de France a exprimé le souhait que le bâtiment devienne « un véritable centre de coordination, de préparation et de mobilisation », contribuant à réduire les vulnérabilités, à protéger les personnes exposées et, lorsque surviennent les catastrophes, à sauver des vies.
Il a également réaffirmé la volonté de la France de poursuivre, aux côtés du Tchad, une coopération axée sur le développement, le renforcement des capacités locales et l’amélioration durable des conditions de vie des populations.
La solidarité citoyenne, un pilier de la résilience urbaine

Pour le maire de la ville, Senoussi Hassana Abdoulaye, cette réalisation est aussi l’occasion de saluer les partenaires qui ont accompagné l’initiative et de réaffirmer l’importance d’une coopération fondée sur la confiance et l’engagement collectif.
Il a inscrit cette démarche dans la vision de développement du pays, notamment à travers le programme Tchad Connexion 2030, en soulignant la place de la solidarité citoyenne et de la résilience dans le développement local.
La Maison des Bénévoles ouvre ainsi une nouvelle étape dans la structuration de l’engagement communautaire à N’Djaména.
Aujourd’hui, le Corps des Bénévoles dispose d’un siège réhabilité et équipé. Le défi est désormais de faire de cette infrastructure un véritable outil de prévention, de coordination et de solidarité au service de toutes les populations de la capitale.
Car, face aux inondations et aux autres situations d’urgence, la résilience d’une ville dépend aussi de sa capacité à mobiliser ses citoyens, à anticiper les risques et à protéger les plus vulnérables.
A lire sur les réseaux sociaux ici📍👉
MEDD TV INFO TCHAD VERT
























0 commentaires