Ver de Guinée au Tchad : de Bongor à Moundou, le ministre de la Santé intensifie la mobilisation

Ecrit par MEDD TV INFO

octobre 16, 2026

Après Bongor, Balampouta et Abaté, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a poursuivi sa mission de mobilisation dans le sud du Tchad avec une arrivée à Moundou, dans le Logone occidental. Cette tournée vise à renforcer l’engagement des autorités et des communautés pour interrompre la transmission du ver de Guinée, une maladie dont l’éradication demeure un objectif majeur de santé publique.

Bongor : une mobilisation générale face au ver de Guinée

Le jeudi 15 octobre 2026, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a entamé une mission de mobilisation sociale et de plaidoyer dans la province du Mayo-Kebbi Est, avec une première étape à Bongor.

Accompagné des cadres de son département, des responsables de la Coordination nationale pour l’éradication du ver de Guinée et du représentant du Centre Carter au Tchad, Abdallah Miftu, le ministre a été accueilli par le délégué général du gouvernement auprès de la province, Gougoumi Sidimi.

Cette visite avait pour objectif de faire le point sur la situation épidémiologique, de renforcer la surveillance et de mobiliser les acteurs locaux autour de l’éradication de la dracunculose, communément appelée maladie du ver de Guinée.

Au cours d’une réunion avec les autorités administratives, civiles et militaires, les responsables sanitaires, les organisations de la société civile ainsi que les leaders traditionnels et religieux, le ministre a appelé à une implication accrue de toutes les composantes de la société.

Des résultats encourageants, mais la vigilance reste indispensable

Présentant la situation épidémiologique de la province, le délégué sanitaire, Dr Kamkam, a fait état de progrès dans la lutte contre la maladie, tout en soulignant la nécessité de maintenir les efforts.

Selon les données provinciales présentées pour 2026, 39 infections animales ont été enregistrées dans sept districts sanitaires, soit une baisse de 53,1 % par rapport à l’année précédente.

Cette évolution est encourageante, mais elle ne signifie pas que le risque est écarté. La surveillance épidémiologique, la détection précoce des infections suspectes et l’application des mesures de prévention demeurent essentielles pour éviter toute reprise de la transmission.

Le coordonnateur national du Programme d’éradication du ver de Guinée au Tchad, Dr Tchindibe Ouakou, a insisté sur la nécessité de signaler rapidement toute infection suspecte, de protéger les sources d’eau et de renforcer la sensibilisation des populations.

Le représentant du Centre Carter, Abdallah Miftu, a réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner le Tchad dans ses efforts d’éradication.

De son côté, le délégué général du gouvernement, Gougoumi Sidimi, a plaidé pour des actions concrètes, notamment l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les villages endémiques, l’isolement des animaux infectés et le traitement des sources d’eau éligibles.

Le ministre a rappelé que l’éradication du ver de Guinée constitue un engagement national et a appelé les autorités sanitaires, administratives et communautaires à renforcer leur collaboration.

Balampouta : sensibiliser au plus près des communautés

Après les échanges à Bongor, la délégation ministérielle s’est rendue à Balampouta, dans la sous-préfecture de Samga, une localité figurant parmi les zones endémiques de la province du Mayo-Kebbi Est.

Sur place, le ministre a échangé avec les habitants sur les risques liés au ver de Guinée et sur les comportements à adopter pour prévenir la maladie.

Le sous-préfet de Samga, Balam Bagaou Gaston, a exhorté la population à respecter les mesures préventives et à accorder une attention particulière aux messages de sensibilisation.

Le représentant du Centre Carter a, pour sa part, estimé que la province progressait vers l’objectif d’éradication, tout en rappelant que les efforts de surveillance et de prévention devaient se poursuivre.

S’adressant aux habitants, Dr Abdelmadjid Abderahim a souligné que la lutte contre cette maladie repose également sur la responsabilité de chaque citoyen, notamment en matière de protection des sources d’eau et de signalement des infections suspectes.

À l’issue de cette étape, le ministre et sa délégation ont assisté au traitement d’une source d’eau à Abaté, illustrant l’importance des interventions sur les points d’eau dans la prévention de la transmission.

Moundou : la mobilisation s’étend au Logone occidental

La mission ministérielle s’est ensuite poursuivie dans le Logone occidental. Arrivée à Moundou dans la soirée du jeudi 15 octobre, la délégation conduite par Dr Abdelmadjid Abderahim a été accueillie à une dizaine de kilomètres de l’entrée de la ville par le délégué général du gouvernement auprès de la province, Adago Yacoub, entouré des autorités locales.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité des actions engagées dans le sud du pays pour renforcer la mobilisation sociale et le plaidoyer contre les maladies tropicales négligées, en particulier la dracunculose.

Souhaitant la bienvenue au ministre et à sa délégation, Adago Yacoub a marqué l’importance de cette visite pour les autorités et les populations du Logone occidental.

Prenant la parole, le ministre de la Santé publique et de la Prévention a expliqué que cette mission vise à renforcer l’implication des autorités administratives, traditionnelles et communautaires dans les efforts d’élimination de la maladie.

Il a rappelé que le ver de Guinée est une maladie invalidante, dont l’élimination exige une vigilance permanente et une mobilisation collective. Les actions de prévention ne peuvent produire des résultats durables sans l’adhésion des communautés et la collaboration de l’ensemble des acteurs concernés.

Bébédjia et Bénoye : des zones nécessitant une attention soutenue

Au cours de son intervention à Moundou, le ministre a évoqué la présence de zones endémiques dans les districts sanitaires de Bébédjia et de Bénoye.

Cette situation renforce la nécessité de poursuivre les efforts de surveillance, de sensibilisation et de prévention dans les localités concernées. L’objectif est d’interrompre la chaîne de transmission et de progresser vers l’élimination de la maladie.

Dr Abdelmadjid Abderahim a salué l’accompagnement du Centre Carter dans les actions menées aux côtés du gouvernement tchadien. Ce partenariat contribue notamment au renforcement des activités de terrain, à la surveillance épidémiologique et à la sensibilisation des communautés.

Le ministre a également exhorté les autorités locales, les leaders traditionnels et religieux ainsi que les acteurs communautaires à s’impliquer davantage afin de favoriser l’adhésion des populations aux mesures de prévention.

Un objectif national qui exige l’engagement de tous

De Bongor à Moundou, en passant par Balampouta et Abaté, cette mission ministérielle met en évidence une priorité : rapprocher les interventions sanitaires des populations et renforcer la responsabilité collective face au ver de Guinée.

Les progrès enregistrés dans le Mayo-Kebbi Est constituent un encouragement, mais la persistance de zones endémiques rappelle que la vigilance doit rester de mise.

La protection des sources d’eau, le signalement rapide des infections suspectes, la surveillance des animaux infectés et la sensibilisation communautaire figurent parmi les actions indispensables pour interrompre la transmission.

Le gouvernement tchadien, avec l’appui de ses partenaires, entend poursuivre cette mobilisation pour atteindre son objectif d’élimination de la maladie d’ici à la fin de l’année 2026, conformément à l’échéance évoquée par le ministre.

Au-delà des réunions et des déplacements officiels, l’enjeu est désormais de transformer la mobilisation des autorités en actions durables sur le terrain, afin de protéger les communautés et de rapprocher le Tchad de l’éradication du ver de Guinée.

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