FORUM D’AFFAIRES FRANCE–TCHAD À PARIS : DES ACCORDS, DES PROJETS ET UNE NOUVELLE DYNAMIQUE POUR « TCHAD CONNEXION 2030 »

De l’énergie aux infrastructures, de l’élevage à la santé, de la formation au numérique : le Forum d’affaires France–Tchad du 25 septembre 2026 a placé l’investissement privé au cœur des ambitions économiques du Tchad. Une forte délégation tchadienne, composée de membres du Gouvernement, d’acteurs économiques et de représentants institutionnels, a rencontré à Paris le secteur privé français. L’Ambassadeur de France au Tchad, Éric Gérard, figurait également parmi les acteurs de cette dynamique de coopération.

Paris, 25 septembre 2026. Les salons Hoche, à Paris, ont accueilli une rencontre économique de haut niveau consacrée à l’avenir des relations d’affaires entre la France et le Tchad. Coorganisé par MEDEF International et la République du Tchad, le Forum d’affaires France–Tchad avait pour ambition de rapprocher les entreprises, les investisseurs et les autorités publiques autour des priorités du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».

Le rendez-vous intervient dans le prolongement de la nouvelle séquence de coopération économique engagée entre les deux pays en 2026. Selon MEDEF International, le Plan « Tchad Connexion 2030 », lancé en novembre 2025 à Abu Dhabi, repose sur 268 projets représentant un volume annoncé de 30 milliards de dollars d’investissements. Le document présenté par l’organisation patronale française fixe notamment l’objectif d’une progression de 60 % du PIB à l’horizon 2030 et la sortie de 2,5 millions de personnes de la pauvreté.

Une forte mobilisation du monde économique

La rencontre parisienne a réuni des représentants des pouvoirs publics tchadiens et français, des chefs d’entreprise, investisseurs, bailleurs de fonds et partenaires au développement.

MEDEF International avait annoncé un rendez-vous destiné à permettre aux entreprises françaises d’échanger directement avec les autorités tchadiennes sur les priorités du PND, les conditions d’accès aux projets, les opportunités d’investissement et les futurs appels d’offres.

Cette mobilisation donne au Forum une dimension particulière : il ne s’agit plus seulement de présenter les ambitions du Tchad, mais de rechercher les conditions concrètes permettant de transformer les projets en investissements, infrastructures, emplois et services.

La France compte déjà une vingtaine d’entreprises présentes au Tchad, notamment dans l’agroalimentaire, le BTP, la logistique, la distribution et la banque, selon MEDEF International.

« Tchad Connexion 2030 » au centre des discussions

Les différents panels ont permis de passer en revue plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour la transformation économique du pays.

Le climat des affaires : attirer et sécuriser l’investissement

Une première séquence a porté sur l’amélioration du climat des affaires.

Les échanges ont notamment permis de présenter les réformes engagées par les autorités tchadiennes pour faciliter l’investissement, renforcer la sécurité juridique des opérateurs économiques et créer de meilleures conditions d’implantation des entreprises.

Pour les investisseurs, l’enjeu est également de mieux comprendre les mécanismes permettant d’accéder aux projets du PND et les conditions dans lesquelles les partenariats public-privé ou privés peuvent être développés.

Agriculture, agro-industrie et élevage : transformer davantage au Tchad

Les territoires productifs ont occupé une place importante dans les discussions.

Agriculture, agro-industrie, élevage et industries extractives constituent des secteurs présentant des possibilités de création de valeur, avec une préoccupation centrale : transformer davantage les productions sur place.

Cette orientation rejoint les ambitions de développement des chaînes de valeur nationales, de création d’emplois et de diversification de l’économie.

La filière animale a d’ailleurs fait l’objet d’une annonce particulière avec le partenariat entre Ceva Santé Animale et le Groupe Kibervet, présenté autour du développement de la santé animale, des produits vétérinaires, d’un projet d’abattoir moderne et du développement de l’industrie animale. Cette annonce figure également parmi les partenariats rapportés à l’issue du Forum.

Le port sec de Toukra : la logistique au cœur du désenclavement

L’un des projets annoncés concerne le secteur des infrastructures et de la logistique.

Un protocole d’accord a été annoncé avec Africa Global Logistics (AGL) autour du projet de port sec de Toukra.

L’objectif s’inscrit dans une problématique stratégique pour le Tchad : améliorer les infrastructures logistiques, fluidifier les échanges commerciaux et renforcer la connexion du pays aux marchés régionaux.

Le développement des corridors stratégiques a ainsi constitué un autre axe majeur des discussions.

Pour une économie enclavée, la question du transport et de la logistique reste intimement liée à celle de la compétitivité des entreprises et des filières productives.

Matière SAS : les infrastructures comme levier de désenclavement

Les infrastructures routières et les ouvrages d’art constituent également une composante importante de cette dynamique.

Le partenariat avec Matière SAS, déjà annoncé en mai 2026, porte notamment sur la construction de ponts stratégiques et l’implantation d’une usine de fabrication de ponts à panneaux au Tchad.

Ces engagements avaient été présentés dans le cadre du Sommet Africa Forward à Nairobi et s’inscrivent dans les orientations de « Tchad Connexion 2030 ».

L’enjeu dépasse la construction d’ouvrages : il concerne le désenclavement des territoires, l’accès aux marchés et la circulation des personnes et des marchandises.

Énergie : une annonce majeure autour du solaire et du stockage

Parmi les nouvelles les plus significatives intervenues autour du Forum figure le financement des projets solaires développés par Qair.

Selon Proparco, deux centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 30 MWp doivent être développées à Gassi et Lamadji, aux portes de N’Djamena, avec des systèmes de stockage par batteries. Proparco et la Banque africaine de développement ont annoncé chacune des financements de 15 millions d’euros.

Qair précise de son côté qu’un financement global de 37,9 millions d’euros a fait l’objet d’un premier décaissement pour la construction de ces centrales hybrides solaires avec stockage, représentant 30 MWp et 8 MWh. Le projet est associé à un contrat d’achat d’électricité de 20 ans avec Tchadelec.

Cette opération intervient dans un contexte où l’accès à l’électricité demeure un défi majeur au Tchad. Proparco indique que seulement 11,7 % de la population avait accès à l’électricité selon les données utilisées dans sa présentation du projet.

L’énergie apparaît ainsi comme l’un des secteurs où la coopération économique peut se traduire directement par des infrastructures nouvelles et une amélioration de l’offre électrique.

Santé : vers de nouvelles infrastructures et davantage de formation

Le secteur sanitaire a également été placé au cœur des discussions.

Un protocole d’accord avec Ellipse Group a été annoncé autour de la construction de centres de santé, avec un volet consacré à la formation et aux écoles d’infirmiers.

Le projet s’inscrit dans une approche qui associe infrastructures sanitaires et développement des compétences.

Cette orientation avait déjà été préparée en mai 2026 avec des accords annoncés entre le Gouvernement tchadien et Ellipse Projects SAS portant notamment sur des centres de santé, des écoles d’infirmières et une clinique moderne.

Formation professionnelle : préparer les compétences de demain

Le capital humain constitue un autre pilier du Forum.

Les participants ont souligné l’importance de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de l’acquisition de compétences adaptées aux besoins de l’économie.

Dans ce cadre, un projet porté avec MK Formation prévoit le développement d’une école de l’entrepreneuriat et d’un dispositif de formation aux métiers manuels.

L’objectif affiché est de rapprocher davantage la formation des besoins du marché du travail et de favoriser l’entrepreneuriat.

Recherche et enseignement supérieur : l’autre chantier de la transformation

Le Forum a également ouvert des perspectives dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Un mémorandum d’entente a été annoncé entre MOBIS et le ministère compétent pour la création d’un centre de recherche et d’enseignement supérieur au Tchad.

Cette dimension est stratégique pour accompagner la transformation économique : les investissements dans les infrastructures et les équipements nécessitent parallèlement des compétences nationales capables de concevoir, gérer, maintenir et développer ces nouveaux projets.

Les nouveaux moteurs de croissance et le financement

Au-delà de la présentation des projets, une question traverse l’ensemble des échanges : comment financer durablement la transformation économique du Tchad ?

Le panel consacré au financement des nouveaux moteurs de croissance a notamment abordé les possibilités de mobilisation des capitaux privés et le développement de partenariats dans des secteurs tels que l’eau et l’électricité.

La présence de partenaires financiers et techniques donne à ces discussions une dimension particulièrement importante. Elle permet de mettre en relation les ambitions publiques, les capacités du secteur privé et les instruments de financement disponibles.

Le projet Qair illustre concrètement cette logique de mobilisation de capitaux, avec l’intervention conjointe de Proparco et de la BAD.

Tahir Hamid Nguilin à Bercy : une séquence économique au plus haut niveau

En marge du Forum, le ministre d’État Tahir Hamid Nguilin a tenu une séance de travail avec le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, au ministère français de l’Économie et des Finances à Bercy.

Cette rencontre s’inscrit dans la même dynamique : renforcer les échanges économiques et financiers et examiner l’accompagnement des projets prioritaires de « Tchad Connexion 2030 ».

Elle illustre la volonté de donner au dialogue économique franco-tchadien une dimension institutionnelle parallèle aux rencontres entre entreprises.

Une relation économique qui cherche un nouvel équilibre

La France demeure un partenaire économique important du Tchad.

Selon les données publiées par France Diplomatie, les exportations françaises vers le Tchad ont atteint 117 millions d’euros en 2024, en progression de 47 % par rapport à 2023. Le stock d’investissements directs français au Tchad s’établissait à 50 millions d’euros, tandis qu’une vingtaine d’entreprises françaises étaient présentes dans le pays.

Ces données permettent de mesurer l’enjeu du Forum : les relations économiques existent déjà, mais les autorités des deux pays cherchent à leur donner une nouvelle profondeur, notamment à travers les investissements productifs, les infrastructures et les partenariats privés.

De Paris à N’Djamena : le véritable enjeu commence maintenant

Au terme de cette rencontre, la question essentielle reste celle de la mise en œuvre.

Les accords et protocoles constituent des étapes importantes, mais leur impact dépendra de leur traduction effective en projets financés, chantiers réalisés, entreprises créées ou renforcées, emplois générés et services accessibles aux populations.

Le Forum de Paris aura donc permis de présenter les opportunités du Tchad, de rapprocher les entreprises et de poser de nouveaux jalons dans la coopération économique franco-tchadienne.

Pour le Tchad, l’enjeu est désormais de transformer les intentions en réalisations concrètes.

Pour les entreprises françaises, il s’agit d’identifier les projets correspondant à leurs capacités, de mesurer les conditions d’investissement et de construire des partenariats durables avec les acteurs tchadiens.

Et pour les populations, l’attente demeure très concrète : davantage d’électricité, de routes et de ponts, des infrastructures sanitaires, des formations adaptées, des emplois, une agriculture mieux valorisée et une économie capable de créer davantage de valeur localement.

LES PRINCIPALES ANNONCES ET PROJETS À RETENIR

  • AGL : protocole autour du projet de port sec de Toukra et des infrastructures logistiques.
  • Ceva Santé Animale – Groupe Kibervet : développement de la santé animale, produits vétérinaires, abattoir moderne et industrie animale.
  • Ellipse Group / Ellipse Projects : infrastructures sanitaires, centres de santé, formation et écoles d’infirmiers.
  • MOBIS : projet de centre de recherche et d’enseignement supérieur.
  • MK Formation : école de l’entrepreneuriat et formation aux métiers manuels.
  • Qair – Proparco – BAD : financement de projets solaires hybrides avec stockage, pour une capacité totale annoncée de 30 MWp et 8 MWh.
  • Matière SAS : construction de ponts stratégiques et développement d’une capacité industrielle liée aux ponts à panneaux.

UNE PAGE NOUVELLE POUR LE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE FRANCE–TCHAD ?

Le Forum d’affaires France–Tchad de Paris aura surtout été celui du passage d’un discours général sur les opportunités à une présentation plus précise de projets et de mécanismes de partenariat.

Dans le cadre de « Tchad Connexion 2030 », l’ambition affichée est considérable. Mais la réussite de cette transformation dépendra de plusieurs facteurs : qualité du climat des affaires, mobilisation des financements, capacité d’exécution, formation des compétences, transparence des procédures et suivi des engagements.

Paris aura ainsi servi de plateforme de rencontre.

La prochaine étape se jouera dans les territoires tchadiens, là où les projets devront désormais produire leurs premiers résultats.

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Dossier de presse – MEDD TV INFO TCHAD VERT
Paris / N’Djamena – Septembre 2026

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