ASSURANCE MALADIE UNIVERSELLE : LE TCHAD PARTAGE SON EXPÉRIENCE AVEC LA CENTRAFRIQUE POUR RENFORCER L’ACCÈS AUX SOINS

Ecrit par MEDD TV INFO

octobre 20, 2026

N’Djaména, 20 octobre 2026 — Le Tchad partage son expérience en matière d’assurance maladie universelle avec une délégation centrafricaine venue s’inspirer des avancées, des difficultés et des bonnes pratiques développées dans le pays. Le directeur général de la Caisse nationale d’assurance santé (CNAS), Sing-yabé Barnabas, a officiellement lancé, ce mardi 20 octobre, les travaux d’un atelier de capitalisation consacré à la mise en œuvre progressive de ce dispositif au Tchad.

Organisée au siège de la CNAS, à Diguel, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une mission multisectorielle d’échange d’expériences, d’études comparatives et de capitalisation des bonnes pratiques. L’objectif est d’accompagner la République centrafricaine dans la préparation et la mise en œuvre de sa propre politique d’assurance maladie universelle.

Le Tchad, un modèle d’apprentissage pour la Centrafrique

Comment garantir à chaque citoyen l’accès à des soins de qualité sans que les dépenses de santé ne deviennent une charge financière insupportable pour les ménages ? C’est l’une des préoccupations majeures au cœur de cette mission d’étude.

Pour la République centrafricaine, l’expérience tchadienne constitue une source d’apprentissage importante. La délégation entend examiner les mécanismes institutionnels, financiers et techniques mis en place, tout en identifiant les difficultés rencontrées et les solutions apportées au fil du processus.

Selon le chef de la délégation centrafricaine, Rufin Kongaï Moïdokana, cette mission vise notamment à comprendre les différentes étapes du processus, depuis la conception du dispositif jusqu’à sa mise en œuvre effective.

Au-delà des échanges théoriques, les participants souhaitent tirer des enseignements concrets susceptibles d’éviter certains obstacles et de faciliter l’adaptation du modèle aux réalités de la République centrafricaine.

La CNAS met en avant les acquis et les défis du Tchad

Dans son allocution d’ouverture, le directeur général de la CNAS, Sing-yabé Barnabas, a salué l’intérêt manifesté par la République centrafricaine pour l’expérience tchadienne. Il a rappelé que l’assurance maladie universelle repose avant tout sur un principe fondamental : permettre aux populations d’accéder aux soins sans subir un risque financier excessif.

Le responsable a souligné que le Tchad a engagé depuis plusieurs années un processus de construction de sa couverture sanitaire universelle. Cette démarche a permis de développer plusieurs mécanismes adaptés au contexte national, notamment une gouvernance participative et transparente, la mobilisation des ressources, l’intégration progressive des populations vulnérables et des travailleurs du secteur informel, ainsi que la digitalisation des systèmes de gestion.

Ces différents leviers visent à améliorer l’efficacité du dispositif, à renforcer son suivi et à lutter contre les abus et les fraudes.

Pour Sing-yabé Barnabas, les acquis enregistrés ne doivent cependant pas occulter les défis institutionnels, financiers et techniques qui accompagnent la mise en place d’un système d’assurance maladie universelle.

Vers une extension progressive de la couverture sanitaire

Le directeur général de la CNAS a également indiqué que le Tchad est entré dans une phase d’opérationnalisation du dispositif, avec la mise en œuvre du régime 3 et son extension progressive sur l’ensemble du territoire national.

Le pays se prépare par ailleurs au lancement des régimes 1, destiné aux salariés, et 2, destiné aux travailleurs indépendants, selon les précisions apportées lors de la cérémonie.

Ces perspectives marquent une étape importante dans la consolidation du système national d’assurance maladie. Elles soulèvent également des enjeux majeurs : assurer un financement durable, élargir la couverture aux différentes catégories de la population et garantir le bon fonctionnement des établissements de santé.

Le responsable de la CNAS a attribué les avancées du processus à la volonté des plus hautes autorités du pays, avec au premier rang le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, en matière de protection sociale.

Financement, gouvernance et lutte contre la fraude au cœur des échanges

Au cours de cette mission, les participants doivent examiner plusieurs dimensions essentielles de l’assurance maladie universelle : l’organisation institutionnelle, le cadre juridique, les sources de financement, les mécanismes d’enrôlement des bénéficiaires, le panier de soins, les relations avec les prestataires et la digitalisation.

Une attention particulière sera accordée à la prise en charge des populations vulnérables, des travailleurs du secteur informel et des populations rurales, souvent confrontés à des difficultés d’accès aux services de santé.

La délégation centrafricaine entend également étudier les mécanismes de contrôle des prestations, de prévention de la fraude et de règlement des factures des établissements de santé. L’enjeu est de préserver l’équilibre financier du système tout en améliorant la qualité des soins.

La mission multisectorielle, prévue du 19 au 25 octobre 2026, concerne quatre pays : le Ghana, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Tchad. Les expériences recueillies doivent alimenter un rapport général assorti de recommandations pour guider la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle en République centrafricaine.

La coopération Sud-Sud au service de la santé des populations

En déclarant ouverts les travaux, Sing-yabé Barnabas a réaffirmé la disponibilité de la CNAS à partager ses acquis, à répondre aux préoccupations de la délégation et à apprendre également des expériences de ses partenaires.

Cette démarche de coopération Sud-Sud illustre l’intérêt des échanges entre pays africains confrontés à des défis comparables en matière de financement de la santé et de protection sociale.

Au-delà des institutions, la réussite de l’assurance maladie universelle se mesurera surtout à ses effets sur la vie quotidienne des citoyens : faciliter l’accès aux soins, réduire les obstacles financiers et renforcer la solidarité nationale.

Pour le Tchad comme pour la République centrafricaine, le défi consiste désormais à transformer les engagements et les mécanismes institutionnels en une protection sanitaire réellement accessible, durable et inclusive.

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