N’Djamena, 14 août 2026 — Face à la progression du choléra au Tchad et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNICEF renforce son soutien aux autorités tchadiennes. L’organisation annonce la facilitation de l’acquisition de 1 936 946 doses de vaccins anticholériques, destinées à renforcer la protection des populations vivant dans les zones les plus exposées.
Le choléra ne s’arrête pas aux frontières. Dans son communiqué publié ce 14 août, l’UNICEF alerte sur une propagation de la maladie dans plusieurs pays, notamment la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine.
Au cœur de cette propagation se trouvent notamment le bassin du lac Tchad et celui du fleuve Congo. Les mouvements de populations, les routes commerciales, mais aussi les inondations saisonnières, qui peuvent contaminer les sources d’eau et endommager les infrastructures d’assainissement, constituent autant de facteurs aggravants.
Plus de 320 cas et 15 décès signalés au Tchad
Au Tchad, la situation demeure préoccupante. Selon les données du ministère de la Santé publique et de la Prévention citées par l’UNICEF, plus de 320 cas et 15 décès avaient été enregistrés au 8 août 2026, depuis la notification des deux premiers cas suspects le 13 juin à Karal, dans la province du Hadjer-Lamis.
À N’Djamena, trois cas suspects avaient également été signalés le 19 juillet, avant que l’épidémie ne soit officiellement déclarée le 24 juillet 2026. L’âge médian des personnes affectées est estimé à 10 ans, ce qui souligne particulièrement la vulnérabilité des enfants face à cette maladie évitable.
Pour répondre à cette situation, un premier lot de 188 450 doses de vaccins anticholériques a été livré au début du mois d’août. Un deuxième lot de 1 748 496 doses est attendu dans les prochains jours. Au total, 1 936 946 doses doivent ainsi être mises à la disposition de la riposte nationale.
Vacciner, mais aussi agir sur les causes
Pour l’UNICEF, la vaccination constitue une réponse importante, mais elle ne peut être dissociée des mesures de prévention.
« Face au choléra, chaque jour compte », rappelle l’organisation, qui insiste sur la nécessité de renforcer simultanément l’accès à l’eau potable, l’hygiène, l’assainissement, la surveillance et l’engagement des communautés.
Au-delà des vaccins, l’UNICEF indique avoir contribué à la riposte nationale à travers la fourniture de kits de prise en charge pour 9 400 personnes, de tentes d’intervention en eau, hygiène et assainissement, ainsi que des actions de communication sur les risques.
Ces interventions cherchent notamment à encourager des gestes simples mais essentiels : se laver régulièrement les mains au savon, traiter et conserver correctement l’eau à domicile, utiliser les latrines, consulter rapidement les structures de santé en cas de symptômes et accepter la vaccination.
Les communautés au cœur de la réponse
La lutte contre le choléra ne repose pas uniquement sur les structures sanitaires. L’UNICEF mobilise également les réseaux communautaires, les leaders traditionnels et religieux, les associations de femmes et de jeunes, ainsi que les U-Reporters et les Super Banat.
À Bokoro, dans le Hadjer-Lamis, le jeune U-Reporter Moustapha Ahamat s’engage ainsi dans la sensibilisation de la population.
« Sauver une vie commence par un simple geste : informer, prévenir et agir », témoigne-t-il dans le communiqué.
Cette mobilisation communautaire vise à rapprocher l’information des familles, notamment dans les zones où l’accès aux services essentiels demeure difficile.
Un appel à la solidarité régionale
Face à l’ampleur de la menace, l’UNICEF, en coordination avec le Gouvernement tchadien, l’OMS, Africa CDC et d’autres partenaires, entend intensifier les actions de prévention et de réponse, particulièrement dans les zones frontalières.
L’organisation appelle également à la mobilisation de 15 millions de dollars supplémentaires afin de renforcer les interventions vitales contre le choléra en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec une attention particulière portée au Tchad.
Pour Gilles Faginou, Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la situation impose une réponse qui dépasse les frontières nationales. La maladie circule avec les mouvements de population et le long des cours d’eau partagés.
Derrière les chiffres, ce sont surtout des enfants et des familles qui restent exposés à une maladie qui peut être prévenue et prise en charge. Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, l’urgence est donc double : protéger immédiatement les populations grâce à la vaccination et empêcher la transmission par l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la sensibilisation.
Au Tchad, l’arrivée de près de deux millions de doses constitue ainsi un renforcement majeur de la riposte. Mais sur le terrain, chaque geste de prévention, chaque information fiable et chaque intervention rapide peuvent encore faire la différence.
À le communiqué de l’UNICEF 📍
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