N’Djamena, 21 octobre 2026 – Face aux défis du changement climatique, de l’insécurité alimentaire et du chômage des jeunes, les pays du Sahel veulent renforcer leur coopération pour bâtir des systèmes alimentaires plus résilients et créer de nouvelles opportunités économiques. Au terme de trois jours de travaux organisés dans la capitale tchadienne, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a appelé à une mobilisation accrue des États, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé pour concrétiser le Programme intégré de renforcement de la résilience des systèmes alimentaires et de l’emploi des jeunes au Sahel (PIRSA/EJ-Sahel).
Le Sahel face à des défis environnementaux et socioéconomiques majeurs

Du 19 au 21 octobre 2026, N’Djamena a accueilli un atelier régional consacré à la préparation du PIRSA/EJ-Sahel. Les délégations du Mali, de la Mauritanie et du Tchad y ont pris part aux côtés de la Banque africaine de développement (BAD), du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte et d’autres partenaires techniques et institutionnels.
À l’issue de cette rencontre, le ministre Hassan Bakhit Djamous a rappelé les difficultés auxquelles les populations sahéliennes sont confrontées : changements climatiques, dégradation des terres, insécurité alimentaire, pauvreté et chômage des jeunes.
Pourtant, la région dispose d’importantes ressources et de secteurs porteurs de développement. L’agriculture, l’élevage, l’apiculture, la pêche et l’agro-entrepreneuriat représentent autant de leviers pour stimuler l’économie locale, améliorer les revenus des ménages et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes.
L’enjeu est désormais de transformer ce potentiel en possibilités concrètes de création de richesses et d’emplois durables.
Un programme pour renforcer la résilience et créer des emplois

Le PIRSA/EJ-Sahel ambitionne de renforcer la résilience des systèmes alimentaires, d’accroître la productivité agro-sylvo-pastorale et halieutique et de développer des chaînes de valeur agricoles capables de mieux résister aux effets du changement climatique.
Le programme entend également promouvoir l’entrepreneuriat, soutenir la création d’emplois et consolider les échanges économiques entre les pays de la région. La gestion durable des espaces pastoraux transfrontaliers figure aussi parmi les axes stratégiques identifiés.
Les orientations techniques et les recommandations issues de l’atelier doivent servir de base à la poursuite des travaux dans chaque pays. L’objectif est de concevoir des projets adaptés aux réalités nationales, tout en apportant des réponses coordonnées aux difficultés communes du Sahel.
Cette approche régionale vise à mieux articuler les politiques de développement, les initiatives de production et les mécanismes de coopération entre les États concernés.
Les jeunes et les femmes au cœur des priorités

Au-delà des objectifs agricoles et environnementaux, l’emploi des jeunes et l’autonomisation économique des femmes constituent des enjeux majeurs du PIRSA/EJ-Sahel.
Selon les recommandations formulées par les participants, le programme doit contribuer à améliorer l’employabilité des jeunes, à lutter contre la pauvreté en milieu rural et à encourager l’entrepreneuriat féminin.
Le ministre a souligné l’importance de placer ces catégories de la population au centre de la démarche. Les jeunes et les femmes ne doivent pas être considérés comme de simples bénéficiaires des actions envisagées, mais comme de véritables acteurs de la transformation économique et sociale.
Cette orientation suppose de favoriser leur accès aux opportunités économiques, de soutenir leurs initiatives entrepreneuriales et de leur permettre de participer pleinement au développement de leurs communautés.
La ZLECAf, une opportunité pour les producteurs sahéliens
Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer le positionnement des chaînes de valeur des pays bénéficiaires afin de faciliter leur accès aux marchés de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour les producteurs et les entrepreneurs sahéliens, l’accès à ces marchés représente une perspective importante de diversification des débouchés commerciaux, de valorisation des productions locales et d’amélioration des revenus.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition nécessite des chaînes de valeur mieux structurées, des productions compétitives et une coopération régionale capable de faciliter les échanges.
Le PIRSA/EJ-Sahel pourrait ainsi contribuer à rapprocher les producteurs des marchés et à renforcer la place des économies sahéliennes dans les échanges commerciaux africains, sous réserve de la mise en œuvre effective des actions prévues.
Le financement, une condition essentielle à la mise en œuvre
Malgré les ambitions affichées, la mobilisation des ressources financières demeure l’un des principaux défis du programme.
À ce sujet, Hassan Bakhit Djamous a appelé les pays bénéficiaires à poursuivre leur engagement et à prendre les dispositions nécessaires pour soutenir le programme. Il a également invité les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé à contribuer à la mobilisation des ressources indispensables à son financement et à son opérationnalisation.
L’objectif est clair : éviter que les orientations et les recommandations formulées au cours des rencontres régionales restent au stade des intentions.
Le ministre a notamment insisté sur l’urgence de passer de la phase préparatoire à celle de l’action. L’échéance du 15 novembre 2026, annoncée dans le cadre du deuxième appel à projets du Fonds africain de développement au titre du FAD-17, renforce la nécessité de finaliser les documents requis dans les délais impartis et conformément aux procédures applicables.
Cette étape est déterminante pour faire avancer le dossier et permettre aux pays concernés de poursuivre le processus de préparation du programme.
Le Tchad réaffirme ses priorités environnementales et sociales
Pour le Tchad, le PIRSA/EJ-Sahel s’inscrit dans un contexte où la restauration des terres, la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire et l’emploi des jeunes figurent parmi les enjeux majeurs du développement.
Le ministre Hassan Bakhit Djamous a réaffirmé la volonté du gouvernement tchadien de contribuer activement à cette initiative, en cohérence avec la vision du président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
L’engagement du Tchad dans ce processus régional traduit la volonté de rechercher des réponses concertées aux défis environnementaux et socioéconomiques qui affectent les populations sahéliennes.
De la concertation aux résultats concrets
Au terme des trois jours de travaux, un message se dégage : la réussite du PIRSA/EJ-Sahel dépendra de la capacité des États à maintenir leur engagement, des partenaires à mobiliser les financements nécessaires et des acteurs économiques à saisir les possibilités offertes par le programme.
Pour les populations rurales, les jeunes entrepreneurs, les femmes et les producteurs, l’enjeu dépasse la préparation d’un document stratégique. Il s’agit de parvenir à des résultats tangibles en matière de production, d’accès aux marchés, de création d’emplois et de protection des ressources naturelles.
« La solidarité entre nos pays n’est pas une option : c’est une nécessité », a rappelé Hassan Bakhit Djamous dans sa déclaration à la presse.
Un appel qui résume l’ambition du PIRSA/EJ-Sahel : faire de la coopération régionale un levier de résilience, d’opportunités économiques et de prospérité partagée pour les populations du Sahel.
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