Tchad : un plan de 36,54 milliards FCFA pour renforcer la planification familiale à l’horizon 2030

Ecrit par MEDD TV INFO

novembre 5, 2026

Le gouvernement tchadien franchit une nouvelle étape dans sa politique de santé reproductive. Le Plan stratégique national budgétisé de planification familiale 2026-2030 a été adopté lors d’une rencontre présidée par la secrétaire d’État à la Santé publique et à la Prévention, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine. Avec une ambition de porter à 20 % le taux de prévalence contraceptive moderne d’ici 2030, ce document entend améliorer l’accès aux services de planification familiale sur l’ensemble du territoire national.

Le Tchad entend accélérer ses efforts en matière de santé reproductive. La secrétaire d’État à la Santé publique et à la Prévention, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine, a présidé ce jeudi l’adoption politique du Plan stratégique national budgétisé de planification familiale pour la période 2026-2030. Une étape importante qui traduit la volonté des autorités sanitaires de faire de la planification familiale un levier majeur de protection de la santé des femmes, des enfants et de développement humain.

La rencontre a réuni les représentants des partenaires techniques et financiers, les responsables du ministère de la Santé publique, les coordonnateurs des programmes ainsi que les organisations de la société civile. Les échanges ont permis d’examiner les orientations du document et de dégager une vision commune pour renforcer durablement les services de planification familiale au Tchad.

Un objectif de 20 % de prévalence contraceptive moderne d’ici 2030

Présentant les enjeux de cette nouvelle feuille de route, la directrice de la santé de la reproduction, Dr Kadidja Abgrene, a rappelé que la planification familiale dépasse largement la seule question de la contraception. Elle constitue, selon elle, un véritable instrument de développement, contribuant à préserver la vie des femmes et des enfants, à favoriser la scolarisation des filles et à renforcer la stabilité des familles.

L’ambition affichée par le Tchad est de porter le taux de prévalence contraceptive moderne à 20 % à l’horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, le plan prévoit un budget prévisionnel de 36,54 milliards de FCFA.

Ce financement devra soutenir les différentes interventions destinées à améliorer la disponibilité, l’accessibilité et la qualité des prestations de planification familiale, y compris dans les localités les plus éloignées des centres urbains.

L’UNFPA réaffirme son engagement aux côtés du Tchad

Pour la représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Yewanda Osarhienne Odia, l’accès à la santé reproductive et à la planification familiale demeure indispensable dans la lutte contre la mortalité maternelle et la promotion de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles.

Elle a souligné que le document soumis à adoption est le résultat d’un processus participatif, inclusif et rigoureux. Il propose une feuille de route chiffrée, cohérente avec les priorités nationales et les engagements internationaux du Tchad, notamment les Objectifs de développement durable (ODD).

L’UNFPA entend poursuivre son accompagnement du gouvernement à travers l’expertise technique, le plaidoyer pour la mobilisation des ressources et le renforcement des capacités du système de santé. Une attention particulière sera accordée à la sécurisation des produits de santé de la reproduction, un enjeu essentiel pour garantir la continuité des services.

Cinq axes pour transformer les engagements en résultats

Dans son intervention, la secrétaire d’État à la Santé publique et à la Prévention a salué la mobilisation des différents acteurs, estimant qu’elle témoigne d’un engagement collectif en faveur d’une meilleure santé des mères et des enfants.

Dr Mbaïdedji Dekandji Francine a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le chantier 10 du programme politique du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République, ainsi que dans les orientations du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».

Le document repose sur un principe essentiel : permettre à chaque citoyenne et à chaque citoyen d’accéder à une information fiable et à des services de planification familiale volontaires, sûrs et abordables, dans le respect des choix individuels.

Pour concrétiser cette ambition, cinq axes stratégiques ont été retenus :

  • La création de la demande : renforcer l’information, la sensibilisation et la communication auprès des populations.
  • L’accès aux services : rapprocher les prestations de planification familiale des communautés.
  • La sécurisation des produits contraceptifs : garantir leur disponibilité et leur approvisionnement régulier.
  • Le financement : mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre des activités.
  • La coordination : renforcer la collaboration entre les institutions publiques, les partenaires et les organisations de la société civile.

Au-delà de l’adoption, le défi de la mise en œuvre

En exprimant sa reconnaissance à l’UNFPA et à l’ensemble des partenaires techniques et financiers, la secrétaire d’État a également félicité la direction de la santé de la reproduction et son équipe pour le travail accompli dans l’élaboration de ce document stratégique.

Les travaux ont été marqués par la présentation du plan par la directrice adjointe de la santé de la reproduction, suivie d’échanges et de discussions entre les participants, qui ont finalement abouti à son adoption politique.

À la clôture des assises, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine a instruit l’équipe technique de prendre en compte les observations formulées au cours des discussions et de les intégrer dans le rapport final, en vue de la finalisation du document.

Désormais, le véritable enjeu sera de traduire les ambitions annoncées en actions concrètes sur le terrain. Car derrière l’objectif de 20 % et les 36,54 milliards de FCFA prévisionnels, se trouvent des attentes essentielles : mieux informer les populations, protéger la santé maternelle et infantile, réduire les inégalités d’accès aux soins et permettre aux familles de faire des choix éclairés.

Pour le Tchad, la réussite de ce plan à l’horizon 2030 dépendra autant de la mobilisation des ressources que de la capacité des acteurs à garantir des services accessibles, disponibles et de qualité, jusque dans les zones les plus reculées du pays.

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