TCHAD : LA PROTECTION CIVILE MISE SUR LA RÉSILIENCE DES MÉNAGES POUR PRÉVENIR LES CATASTROPHES

Ecrit par MEDD TV INFO

octobre 20, 2026

JIRRC 2026 : Face aux inondations, aux sécheresses et aux autres risques naturels, la Direction générale de la Protection civile (DGPC) entend placer les familles au cœur de la prévention. À l’occasion d’une conférence-débat organisée ce mardi 20 octobre 2026 à N’Djamena, sa directrice générale, Zénabé Mahamat Adoum, a plaidé pour une population mieux informée, préparée et capable de réagir face aux situations d’urgence.

N’Djamena, 20 octobre 2026. La prévention des catastrophes commence au sein des familles. C’est le message central porté par la Direction générale de la Protection civile lors de l’ouverture d’une conférence-débat de haut niveau organisée à l’hôtel La Tchadienne, dans le cadre de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe (JIRRC 2026).

Présidant la cérémonie d’ouverture à 10 heures, la directrice générale de la Protection civile, Zénabé Mahamat Adoum, a insisté sur la nécessité de renforcer la préparation des ménages et de développer une véritable culture de prévention au sein des communautés tchadiennes.

Placée sous le patronage du vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des mécanismes de prévention et de protection des populations.

Le thème international, « La résilience commence à la maison », a été décliné au niveau national sous l’intitulé : « Des ménages informés, préparés et protégés face aux risques de catastrophe au Tchad ».

La prévention, une responsabilité partagée

Dans son discours d’ouverture, Zénabé Mahamat Adoum a rappelé que la résilience ne dépend pas uniquement des politiques publiques, des infrastructures ou des dispositifs institutionnels. Elle se construit également dans les foyers, les quartiers, les établissements scolaires et les communautés.

Au Tchad, où les inondations et les sécheresses exposent régulièrement les populations à des situations difficiles, la prévention constitue un enjeu majeur de sécurité humaine et de développement durable.

Pour la responsable de la Protection civile, l’accès à une information fiable, la préparation des familles et leur participation active sont indispensables pour réduire les conséquences des catastrophes.

« Une population informée comprend mieux les risques. Une population préparée peut agir à temps et une population impliquée devient actrice de sa propre résilience », a-t-elle souligné.

Cette approche met en évidence l’importance de l’anticipation. Au-delà des interventions d’urgence, il s’agit de permettre aux citoyens de reconnaître les dangers, de comprendre les alertes et d’adopter les bons comportements avant, pendant et après une catastrophe.

Cinq axes pour renforcer la résilience des communautés

La conférence-débat s’articule autour de cinq thématiques complémentaires destinées à approfondir la réflexion et à faire émerger des solutions adaptées aux réalités tchadiennes.

Les échanges portent notamment sur la connaissance des risques et les systèmes d’alerte précoce, les liens entre développement durable et changement climatique, ainsi que le rôle des femmes et des enfants dans la préparation des ménages.

La promotion de techniques de construction adaptées et de logements plus sûrs figure également parmi les sujets abordés.

L’enjeu est de rapprocher les connaissances techniques des réalités quotidiennes des populations. Une alerte précoce, par exemple, ne peut être pleinement efficace que si elle est accessible, comprise par les personnes concernées et suivie de mesures appropriées.

La prévention suppose ainsi une meilleure circulation de l’information, une coordination entre les acteurs concernés et une implication accrue des communautés dans la gestion des risques.

Universités et jeunesse : des partenaires incontournables

La rencontre accorde également une place importante aux universités, aux chercheurs et aux étudiants.

En s’adressant aux représentants des établissements d’enseignement supérieur, Zénabé Mahamat Adoum a souligné l’intérêt de la recherche scientifique, de l’innovation et de la formation dans l’amélioration des stratégies de prévention des catastrophes.

La jeunesse est appelée à contribuer à cette dynamique en partageant ses idées et en participant à la recherche de solutions concrètes.

Cette collaboration entre institutions publiques, monde universitaire et communautés peut favoriser la transformation des connaissances scientifiques en actions pratiques, accessibles aux ménages et adaptées aux différents territoires du pays.

La participation des femmes, des jeunes et des enfants représente également un levier essentiel pour installer durablement les réflexes de prévention au sein des familles.

Une mobilisation collective pour mieux protéger les populations

La directrice générale de la Protection civile a salué l’accompagnement du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, ainsi que l’appui de l’Agence française de développement et d’Expertise France, à travers le projet GATI, dans le cadre de l’organisation de cette conférence et des activités de la JIRRC 2026.

Elle a également exprimé sa reconnaissance aux ministères sectoriels, à l’Office national d’aménagement du territoire, à l’École nationale supérieure des travaux publics, à l’Université de N’Djamena, aux partenaires techniques et financiers et aux organisations de la société civile.

Cette mobilisation traduit la nécessité d’une action concertée pour améliorer la prévention, renforcer les mécanismes d’alerte et accroître la capacité des populations à faire face aux situations d’urgence.

La Protection civile rappelle ainsi qu’aucune institution ne peut, à elle seule, répondre à l’ensemble des défis liés aux catastrophes. La complémentarité des compétences et la coordination des interventions demeurent essentielles pour protéger durablement les populations.

De la sensibilisation à l’action

Au-delà des échanges, cette conférence-débat ambitionne de faire émerger des pistes d’action concrètes pour améliorer l’information des ménages, renforcer les dispositifs d’alerte et encourager l’adoption de comportements préventifs.

Le message est clair : la gestion des catastrophes ne doit pas commencer au moment où le danger frappe. Elle doit s’inscrire dans une démarche permanente d’anticipation, de sensibilisation et de préparation.

En plaçant les ménages au cœur de la réduction des risques de catastrophe, la JIRRC 2026 rappelle que la résilience se construit collectivement, grâce à l’engagement des pouvoirs publics, des partenaires, des chercheurs et des citoyens.

Protéger les ménages aujourd’hui, c’est préserver les communautés de demain. C’est autour de cette ambition que Zénabé Mahamat Adoum a officiellement déclaré ouverts les travaux de cette conférence-débat, en formulant ses vœux de plein succès aux échanges.

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